POLITIQUE


La Libre : Réponse aux députés belges qui se sont rendus illégalement au Haut-Karabagh

Bakou, 12 avril, AZERTAC

Un groupe de parlementaires belges, qui s’était rendu illégalement aux territoires de la République d’Azerbaïdjan occupés par l’Arménie, a envoyé une lettre ouverte à l’ambassade d’Azerbaïdjan en Belgique via le journal La Libre.

L’ambassadeur d’Azerbaïdjan au Royaume de Belgique, Fouad Isgandarov a répondu à la lettre ouverte des députés belges.

L’AZERTAC présente la réponse de l’ambassadeur :

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Vos noms figurent effectivement dans la liste des personnalités interdites d’entrée sur le territoire d’Azerbaïdjan car vous vous êtes rendus de manière illégale dans la région azerbaïdjanaise du Haut-Karabakh, actuellement occupée par la République d’Arménie et, ce faisant, vous avez violé nos frontières internationalement reconnues. Tout pays impose des sanctions contre les personnes ayant violé ses frontières d’Etat. L’Azerbaïdjan ne constitue pas une exception et sa législation prévoit dans un premier temps l’interdiction d’entrer sur son territoire. Si de tels cas se répètent régulièrement, il est prévu d’intenter une action pénale et de se servir de tous les moyens juridiques dans le cadre de la coopération internationale, aussi bien bilatérale que multilatérale, pour sa mise en œuvre.

Jusqu’à présent le gouvernement d’Azerbaïdjan a répondu favorablement à plusieurs citoyens étrangers qui avaient demandé des autorisations préalables pour se rendre dans cette région. En outre, des dizaines de citoyens étrangers ayant visité illégalement la région ont été retirés de la liste précitée suite à leurs regrets adressés au gouvernement d’Azerbaïdjan. L’approche de l’Azerbaïdjan envers cette problématique est tout à fait constructive.

Le point de vue du droit international

La position prise par les organisations internationales influentes sur le conflit du Haut-Karabakh est parfaitement claire. Le Conseil de Sécurité de l’Onu a déjà adopté en 1993 les résolutions 822, 853, 874, 884 exigeant le retrait immédiat et sans condition de toutes les forces occupant des territoires de l’Azerbaïdjan. Les résolutions B7-0484/2013et A8-0194/2015 portant sur la Politique européenne de voisinage, adoptées par le Parlement européen ont exigé la mise en œuvre de ces 4 résolutions du Conseil de Sécurité et condamné clairement l’occupation d’un territoire d’un pays du Partenariat oriental par un autre. L’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté la résolution 1416 (2005) qui réitère que l’occupation d’un territoire étranger par un Etat membre constitue une grave violation des obligations qui incombent à cet Etat en sa qualité de membre du Conseil de l’Europe. L’arrêt rendu par la Cour européenne des droits de l’homme le 16 juin 2015 (sur l’affaire Chiragov et autres contre l’Arménie) a établi que l’Arménie exerce un contrôle sur le Haut-Karabakh.

L’aspect moral

Aujourd’hui, l’Arménie occupe non seulement la région du Haut-Karabakh, mais aussi 7 régions adjacentes et tous ces territoires ont été nettoyés ethniquement. La ville de Khodjaly, dans le Haut Karabakh, peuplée d’Azerbaïdjanais, a été occupée par l’Arménie et 613 Azerbaïdjanais ont été massacrés brutalement suite à l’acte génocidaire. La population chassée de la ville de Choucha dans le Haut-Karabakh est obligée de vivre temporairement dans les différentes parties de l’Azerbaïdjan.

Plus de 700 000 Azerbaïdjanais ont été expulsés des 7 régions situées en dehors du Haut-Karabakh et sont devenus des personnes déplacées. L’Arménie a vandalisé le patrimoine culturel et historique azerbaïdjanais et mène des activités illégales dans le Haut-Karabakh et les régions adjacentes.

C’est précisément pour cette raison que nous sommes totalement contre les contacts des représentants des pays étrangers avec les représentants de ce régime fantoche qui ont participé à ces crimes contre l’humanité.

Vos visites n’ont pas réussi à contribuer au règlement du conflit, bien au contraire. Elles ont été instrumentalisées par l’Arménie pour la promotion internationale du régime fantoche et des conséquences de l’occupation.

Je suis disposé à vous rencontrer

Il est vraiment regrettable que ni lors de votre conférence de presse à Khankendi, ni dans votre lettre, je n’ai rencontré quelconque idée sur la nécessité de retour de la communauté azerbaïdjanaise dans la région et du dialogue entre ces deux communautés.

Je vous invite à vous abstenir dans le futur de visites violant la législation azerbaidjanaise et le droit international et, a contrario, à contribuer au processus de paix par votre participation dans l’organisation du dialogue intercommunautaire.

Les représentants de la communauté azerbaïdjanaise du Haut-Karabakh qui ont visité Bruxelles au mois d’octobre dernier ont exprimé clairement leur disponibilité pour ce dialogue, durant leurs rencontres aux Parlements fédéral, flamand et bruxellois, ainsi que par le biais de leurs interviews dans les médias belges.

En signe du profond respect de mon pays envers le Royaume de Belgique, je suis disposé à vous rencontrer pour discuter toutes ces questions plus en détail.

 

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