POLITIQUE


Ali Hassanov : L’Azerbaïdjan veut un respect à sa volonté nationale et politique conforme aux normes du droit international

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Ali Hassanov, chef du département des questions sociales et politiques de l’administration présidentielle, a accordé une interview à l’agence Bloomberg. L’AZERTAC vous présente l’intégralité de cette interview.

- Monsieur Hassanov, comment expliqueriez – vous les récentes tensions dans les relations entre l’Azerbaïdjan et les Etats-Unis ? Qui faut-il blâmer ?

- La politique étrangère azerbaïdjanaise est construite sur les principes de partenariat égal, de confiance mutuelle, de respect du droit international, de non-ingérence aux affaires intérieures. L’Azerbaïdjan tissent des relations de partenariat avec tous les pays, y compris les Etats-Unis, sur ces principes. En jetant un coup d’œil rapide à l’histoire, nous pouvons conclure avec certitude que les positions des deux pays coïncident dans de nombreux cas tels que les approches aux questions globales géopolitiques, géoéconomiques et militaro – géostratégique, l’exploitation des ressources énergétiques alternatives de la Caspienne et l’assurance de la sécurité énergétique de l’Occident, ont joué un rôle crucial au développement des relations azerbaïdjano – américaines. C’est l’Azerbaïdjan qui a ouvert la région caspienne pour l’Occident, et a assuré la participation de grandes entreprises européennes et américaines à l’extraction et l’exportation des ressources en hydrocarbures de la mer Caspienne.

En 1994, l’Azerbaïdjan a rejoint au programme de l’OTAN « Partenariat pour la paix », et a participé activement dans les missions de maintien de la paix de cette organisation dans les points chauds du monde tels que Kosovo, Irak et afghanistan. Heydar Aliyev a été un des premiers présidents du monde qui a réagit avec souplesse pendant les attentats terroristes aux Etats-Unis le 11 septembre 2001 et qui a condamné sans équivoque cet acte, ainsi il a montré la position de son pays. En tant que pays musulman moderne avançant sur la voie de démocratie, l’Azerbaïdjan a coopéré toujours étroitement avec les Institutions occidentales, a intégré au Conseil de l’Europe, a joint au programme de l’Union Européenne « Partenariat oriental », a accordé son appui intégral au développement des instituts de la société civile, du média indépendant, à la garantie des droits et des libertés de l’homme. Tout cela doit permettre de développer désormais sur la base des principes de respect mutuel et de partenariat les relations entre les deux pays en tenant compte les intérêts des deux pays et peuples.

Malheureusement, au cours des dernières années, certains cercles des Etats –Unis, notamment certaines organisations non gouvernementales, les médias et divers « experts », mènent une campagne malsaine de propagande noire contre l’Azerbaïdjan qui est contraire à l’esprit des relations de partenariat. Bien qu’il soit difficile d’expliquer la logique, l’objectif de cette campagne, son impact négatif sur les relations bilatérales est évident. En plus, certains fonctionnaires au Département d’Etat des Etats-Unis donnent parfois de vagues communiqués et sèment la confusion dans la société azerbaïdjanaise et nuit les relations constructives entre les deux pays.

- Etes-vous d’accord que ces relations n’étaient jamais aussi tendues qu’à présent ?

- Je ne pense pas que les tentatives de certains anciens dirigeants des Etats –Unis d’enseigner en tant qu’experts aux Etats indépendants, ou leurs appels illégaux et les réponses adéquates d’autre partie, sont en mesure de tendre les relations de partenariat entre les deux pays. Les relations de partenariat interétatiques entre l’Azerbaïdjan et les Etats- Unis coïncident en termes des intérêts nationaux et sur la scène internationale. Actuellement, les relations entre les deux pays se poursuivent sur les questions clés d’intérêt commun et dans le sens de coopération et de partenariat sur l’échelle transnationale et globale, les contacts mutuels sont intensifs. Je crois que ces facteurs vont déterminer la tendance future des relations bilatérales. Par conséquent, il est faut de caractériser d’une manière pessimiste les relations interétatiques entre les deux pays.

- Quelles sont les attentes du gouvernement azerbaïdjanais des Etats-Unis ? Quelles sont les principales causes de mécontentement ?

- Les Etats-Unis est le pays le plus puissant du monde, ont une influence sur les processus mondiaux, et l’Azerbaïdjan est devenu au cours des 23 dernières années un pays qui se distingue par sa position sur la scène régionale et internationale grâce à sa politique intérieure et étrangère. Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev veut que tous les pays du monde respectent la volonté nationale et la politique conforme aux normes du droit international de son pays. L’Azerbaïdjan attend de telles attitudes des membres permanents du Conseil de sécurité qui forment la politique mondiale, tels que les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l’Angleterre, la France, ainsi que les pays voisins et partenaires tels que l’Iran, la Turquie. Car, notre pays prend une telle approche envers les pays mondiaux, leurs intérêts nationaux et leur volonté indépendante. L’Azerbaïdjan veut être accepter tel qu’il est. Voilà pourquoi, certains cercles doivent comprendre qu’en tant que pays indépendant, l’Azerbaïdjan est guidé toujours dans sa politique étrangère par les intérêts nationaux, n’a pas accepté et n’acceptera jamais les tentatives de pressions et de menaces. Les relations bilatérales peuvent se développer sur les principes des intérêts communs, de la coopération équitable, de la non – ingérence aux affaires intérieures de l’autre, mais pas sur le désir de ceux qui veulent réaliser les prétentions à la domination. Si ceux qui veulent voir l’Azerbaïdjan comme un pays « satellite » ou forpost, abandonnent ces pensées plus vite possible peuvent devenir son ami proche.

- Pensez- vous vraiment que le gouvernement américain veut un remaniement au gouvernement en Azerbaïdjan ou bien essaie de l’atteindre à travers de son « cinquième colonne » ?

- Malheureusement, à nos jours, certains milieux internationaux interviennent aux affaires intérieures des Etats indépendants avec les programmes standards élaborés dans les « laboratoires politiques » sous le prétexte de promouvoir les principes démocratiques, ainsi essayent de prendre sous contrôle ou gérer et orienter la politique et les processus sociaux de ces pays. Ce scénario appliqué tout d’abord en Europe de l’Est, couvre ultérieurement l’espace post-soviétique et le Moyen Orient. Mais, les résultats n’ont pas été partout aussi «gratifiant». Dans de nombreux pays, une telle intervention a conduit à la perturbation de la stabilité sociale et politique, à la guerre civile, au déclin économique et aux cataclysmes sociaux. Certains faits nous permettent d’arriver à une telle conclusion que des projets ont été élaborés pour mettre en œuvre un scénario similaire en Azerbaïdjan. Cependant, je ne voudrais pas lier ces efforts directement avec le président américain et son administration. Car, le président Barak Obama et d’autres hauts responsables américains ont souligné, à différents moments, qu’ils attachent une grande attention au développement de la coopération avec l’Azerbaïdjan et souhaitent travailler avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev et son administration. Nous croyons en la sincérité de ces pensées….

- Le Corps de la Paix des Etats-Unis a quitté cette année l’Azerbaïdjan. La porte du bureau à Bakou de la radio Liberté a été obturée. Le site Forum des médias a été contraint de mettre fin à ses activités. Peut-on considérer tout cela, comme le disent certains, une politique « antiaméricaine » ?

- Malheureusement, dans de nombreux cas, les médias accordent une grande importance aux allégations politisées artificiellement de certains et essayent de définir sur cette base des tendances communes. Les déclarations du parquet informent que l’activité financière du bureau de Bakou de la radio Liberté n’était pas transparente. Donc, la poursuite a eu sur les soupçons de blanchiment et de détournement de grandes sommes d’argent par la radio. A cette fin, le parquet a mené une enquête pertinente et a interrogé les employés.

En ce qui concerne l’activité du site Forum des médias, cela n’a absolument rien à voir avec le gouvernement ou un organisme gouvernemental. Il y a des centaines de tels sites d’informations en Azerbaïdjan.

Et le Corps de la Paix, je tiens à souligner que il opérait depuis 2003 en Azerbaïdjan et nous pensons qu’il a rempli sa mission. Désormais, il n »y a pas de besoin de la poursuite des activités du Corps de la Paix. Le gouvernement azerbaïdjanais estime également qu’il ne faut pas perdre de temps de telles superpuissances comme les Etats-Unis. Quand il y a de nombreux problèmes transnationaux, de conflits internationaux et régionaux dont ce pays s’occupera au niveau global, il ne faut pas limiter ses activités sur une question locale tel que le Corps de la Paix.

- Sera le bureau de Bakou de la radio Liberté en mesure de poursuivre ses activités ?

- Les représentations et les correspondants des mass médias étrangers fonctionnent conformément à leurs chartes, à la législation locale et aux règles d’accréditation. Les autorités compétentes contrôlent le respect des exigences de la loi dans ce domaine, et en cas des faits de violation, prennent des mesures juridiques nécessaires. C’est leur responsabilité directe. La radio Liberté n’avait pas ses fréquences locales en Azerbaïdjan et fonctionnait comme une radio d’internet. Conformément à sa charte, la radio continue actuellement ses activités comme précédemment et probablement continuera désormais. Mais, pour ouvrir le bureau local et être accrédité il faut respecter les règles et la législation locales. Certes, les résultats de l’enquête joueront un rôle pour la suite dans le cadre des lois des activités de la radio Liberté.

- Selon le Département d’Etat des Etats-Unis, John Kerry, secrétaire d’Etat, a téléphoné le 21 décembre au président azerbaïdjanais Ilham Aliyev. Rien n’a été dit aux médias sur les détails de cette conversation téléphonique. Pourquoi John Kerry a téléphone au président Ilham Aliyev ? Il est intéressant que cinq jours après de cette conversation téléphonique le bureau de Bakou de la radio Liberté a été fermé.

- Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a discuté avec John Kerry, secrétaire d’Etat, les relations bilatérales et les questions d’actualité d’intérêt commun. Je dois souligner que les chefs de l’Azerbaïdjan et les Etats-Unis ont toujours eu de tels contacts, et l’appel téléphonique de John Kerry n’est pas exception en ce terme et n’a rien à voir avec l’enquête au bureau de Bakou de la radio Liberté.

- Les relations avec les Etats-Unis se détériorent, et celles avec la Russie se développent. Est-ce à dire que l’Azerbaïdjan a déjà fait son choix stratégique en faveur de la Russie ?

- Comme je viens de le mentionner, l’Azerbaïdjan construit sa politique étrangère sur ses intérêts nationaux, sa volonté, mais pas sur les intérêts de certains. Etre ami avec un pays et ennemi avec l’autre, ce n’est pas inhérent à l’Azerbaïdjan. Contrairement les dirigeants de l’Arménie, pays agresseur, le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a mené et mène une politique indépendante. L’Azerbaïdjan tisse ses relations en fonction de ses intérêts nationaux avec les pays tels que les Etats- Unis, la Russie, l’Iran, et la plupart des pays européens. L’Azerbaïdjan est intéressé de maintenir des relations traditionnelles de coopération et de partenariat avec tous le pays mondiaux et régionaux, y compris les Etats-Unis et la Russie. Et cette politique n’est en aucun cas ciblée contre d’autres pays.

- Ce n’est pas un secret que l’Arménie a occupé les territoires azerbaïdjanais avec le soutien politique et militaire de la Russie Ce rapprochement avec la Russie aidera-t-il l’Azerbaïdjan à revenir à ses terres ?

- Il y a plus de 20 ans, l’Azerbaïdjan déclare à la communauté internationale que 20% de ses territoires sont occupés par l’Arménie, que les Arméniens ont mené la politique de génocide et de nettoyage ethnique contre les Azerbaïdjanais, que tous nos monuments culturels sont détruits, et a appelé les pays puissants, les organisations internationales a contribuer à résoudre le conflit à la base des normes du droits international, des quatre résolutions adoptées par l’ONU. Mais, chaque fois le groupe de Minsk de l’OSCE qui est représenté par les Etats-Unis, la Russie et la France, remet la solution constructive du problème sur les parties et ainsi, prolonge l’occupation. Suite aux sanctions de l’ONU ou à la volonté des puissances mondiales, Irak, Libye et d’autres pays sont immédiatement soumis à des bombardements aériens, comme en Ukraine les sanctions sont imposées contre les régimes séparatistes. Mais, de mesures concrètes n’ont pas été prises contre l’Arménie, pays agresseur, et le régime séparatiste de la région du Haut Karabagh. Au contraire, ce régime est souvent patronné. N’est –il pas le gouvernement américain qui alloue chaque année 10 millions de dollars au régime séparatiste en Haut Karabagh ? Ce n’est pas aux Etats-Unis et dans les pays européens que les conditionnes ont été établies pour les activités des « bureaux » des séparatistes ? Pourquoi aux Etats-Unis, en France, les dirigeants de ce régime ne sont pas empêchés d’effectuer marathons et de collecter de fonds ? Oui, tout cela est une preuve flagrante de deux mesures deux poids, de la discrimination, de l’injustice dans le monde. Certains montrent les soutiens aux séparatistes avec des armes, d’autres fournissent une aide financière, et cela provoque naturellement la paralysie du droit international. Dans ce contexte, je pense que le règlement du conflit arméno – azerbaïdjanais du Haut Karabagh en conformité avec le droit international, est une responsabilité et devoir direct de l’ONU, de son conseil de sécurité, du groupe de Minsk de l’OSCE et de ses coprésidents. Ce conflit peut être résolu par des efforts conjugués des Etats-Unis, de la Russie et de la France. Nous sommes intéressés par le développement des relations avec tous les pays coprésidents.

- En conclusion, comment évaluez –vous les perspectives des relations américano – azerbaïdjanaises ?

- Seulement positive. Il y a un grand potentiel pour le développement de la coopération entre nos pays. Nous croyons que les tentatives de plusieurs cercles aux Etats – Unis et en Europe pour nuire les relations entre les pays ne donneront aucun résultat. Nous croyons que les déclarations anti-azerbaïdjanaises biaisées des anciens employés du département d’Etat, anciens ambassadeurs et « experts » ont perdu le sens du réalisme et ne seront pas prises au sérieux par les milieux officiels et le public des Etats-Unis.

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