CHRONIQUE OFFICIELLE


Interview du président Ilham Aliyev à la radio-télévision de la République islamique d'Iran

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Bakou, 22 février, AZERTAC

Le président de la République d’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, a accordé une interview à la radio-télévision de la République islamique d'Iran. L’AZERTAC présente l’intégralité de l’interview.

-Quel est l’objectif de la visite de Votre Excellence en République islamique d’Iran et quels sont vos projets visant à élargir les liens avec l’Iran?

-Ma visite officielle en République islamique d’Iran se réalisera à l’invitation de Monsieur le Président iranien Hassan Rohani. Je tiens à souligner que nous nous sommes déjà rencontrés quatre fois. Lors de ma visite officielle en République islamique d’Iran en avril 2014 et celle de Monsieur Hassan Rohani en Azerbaïdjan en novembre de la même année des discussions avaient porté sur tous les aspects des relations bilatérales entre les deux pays, un certain nombre de documents visant le développement des liens dans les domaines politique, économique, humanitaire etc. avaient été signés.

Ma prochaine visite devrait se pencher sur les processus régionaux et mondiaux, les discussions des relations bilatérales politiques, économiques, sociales et culturelles, une série de documents devraient être signés. Je suis convaincu que ce déplacement permettra de créer une base solide pour le développement et l’atteinte d'un niveau de qualité satisfaisant des liens existants entre l’Iran et l’Azerbaïdjan, pays amis et voisins.

-L’Iran et l’Azerbaïdjan entretiennent une étroite coopération aussi dans le domaine économique. Malgré une longue frontière terrestre, des relations réciproques ou un bon potentiel économique entre nos deux pays, le chiffre d’affaires n’est pas assez grand. Donc, quels sont vos programmes pour augmenter le chiffre d’affaires ?

-Les relations entre les deux pays se sont développées de façon constante dans tous les domaines, y compris celui commercio-économique depuis le rétablissement de l’indépendance nationale de l’Azerbaïdjan. En outre, le chiffre d’affaires actuel est beaucoup plus bas que notre potentiel existant. Certes, des mesures appropriées seront prises pour éliminer cette situation et développer la coopération bilatérale.

L’Azerbaïdjan a lancé un large éventail de réformes afin de réduire l’influence des tendances négatives de l’économie mondiale et de maintenir la dynamique de croissance stable. À l'heure actuelle, nous travaillons sur un large éventail de programmes d'investissements et de privatisations, le climat d’affaires pour les hommes d’affaires locaux comme étrangers est amélioré. On croit que des opportunités favorables seront créées pour l’activité des hommes d’affaires iraniens en Azerbaïdjan. Dans le même temps, la commission mixte sur la coopération entre l’Azerbaïdjan et l’Iran dans les domaines économique, commercial et humanitaire travaille activement et elle a fait de nouvelles propositions. Les dernières sont actuellement examinées.

Au cours des dernières années, l’Azerbaïdjan et l’Iran sont devenus partenaires incontournables du corridor de transport international Nord-Sud. Nous avons renouvelé notre infrastructure de transports en conformité avec les normes internationales en mettant en œuvre des mesures nécessaires afin d’élargir les possibilités transitaires de nos républiques. On est sûrs que la mise en service du chemin de fer entre Astara de l’Azerbaïdjan et Astara de l’Iran redressera de manière significative l’activité du corridor Nord-Sud. En général, les corridors de transport-communication revêtent une grande importance économique et géopolitique pour tous les pays participants, y compris les nôtres. D’une part, ces projets vont augmenter le prestige de nos pays dans le transport international de fret, d’autre part, ils renforceront notre coopération bilatérale dans le domaine économique.

- Compte tenu des tentatives des groupes religieux extrémistes d’élargir le terrorisme dans la région, comment évalueriez-vous la coopération entre la République islamique d’Iran et la République d’Azerbaïdjan dans la lutte contre ce phénomène inquiétant ?

-A présent, le terrorisme est l’un des défis sérieux menaçant le système des relations civiles internationales, la sécurité régionale et la stabilité de différents pays. L’expansion du terrorisme préoccupe et doit inquiéter sérieusement tous les pays mondiaux, y compris notre région et chaque Etat séparément. Des millions de civils ont été déplacés, des systèmes économiques nationaux ont été détruits, la catastrophe humanitaire est devenue la réalité amère de nos jours à cause des guerres et des conflits armés en Afrique, dans l’espace post-soviétique et le Proche-Orient.

İl convient de noter qu’au début des années 1990, l’Azerbaïdjan, ayant récemment rétabli son indépendance nationale, avait sérieusement souffert de la politique d’agression de l’Arménie voisine et d’une vague de catastrophes humanitaires qui en avait découlé, ainsi que de la terreur arménienne. Des groupes terroristes arméniens avaient commis plus de 300 actes de terrorisme en Azerbaïdjan, des villes et des villages dans le Haut-Karabagh avaient été détruits, en conséquence, des milliers de nos concitoyens avaient été tués, blessés ou portés disparus. L’occupation, la discrimination religieuse et ethnique, le terrorisme ont toujours constitué la politique nationale de l’Arménie et malheureusement, ça continue même aujourd’hui. Par conséquent, nous comprenons très bien les pays et les peuples touchés par le terrorisme.

L’Azerbaïdjan est en faveur des initiatives et des mesures concrètes dans la lutte contre le terrorisme international. Nous attachons une importance particulière à la coopération visant l’assurance de la sécurité tant au sein des organisations internationales que dans le cadre des relations bilatérales. Parce que chaque pays ne peut surmonter les difficultés et se développer qu’en cas de stabilité, de sécurité et de paix. Le modèle d’Azerbaïdjan le montre clairement.

L’Azerbaïdjan et l’Iran, en conjonction avec d'autres Etats sont prêts à poursuivre leur soutien à la disparition du terrorisme international.

- Comment évalueriez-vous l’activité de médiation du Groupe de Minsk dans le règlement du conflit du Haut-Karabagh ? Quelle est votre opinion concernant l’utilisation des possibilités des pays islamiques et de la région pour le règlement du conflit ?

Au début des années 90 du siècle dernier, 20% du territoire internationalement reconnu de l’Azerbaïdjan ont été occupés, notre peuple a subi un nettoyage ethnique, plus d’un million d’Azerbaïdjanais sont devenus réfugiés et personnes déplacées suite à l’agression de l’Arménie contre notre république. Toutes les infrastructures économiques et sociales, les monuments culturels, y compris les mosquées ont été détruits dans les territoires occupés. L’Arménie refuse d’accomplir les décisions et les résolutions des organisations prestigieuses mondiales, y compris l’ONU qui revendiquent la libération des territoires occupés. Malheureusement, la communauté internationale n’a fait aucune pression sur l’Arménie pour parvenir à un règlement de ce conflit dans le cadre des normes et principes du droit international. Aussi, les activités des coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE, mis en place en vue de trouver une solution à ce conflit, n’ont donné aucun résultat jusqu’aujourd’hui. On peut dire avec insistance qu’il y a vraiment deux poids deux mesures qui conduit à la poursuite de cette occupation depuis plus de 20 ans. Des faits prouvent que la communauté internationale a une approche sélective des incidents similaires qui se produiset dans différents coins du monde. Dans certains cas, on condamne fermement le fait d’occupation, met en place un mécanisme de pression pour la résolution du problème et l’applique dès que possible. Malheureusement, quant au conflit arméno-azerbaïdjanais du Haut-Karabagh, on observe une approche passive. La même attitude est montrée pour toutes les parties au conflit – l’agresseur et ce qui a subi une agression. Cette injustice découle également d’une approche différente – de la discrimination religieuse envers l’Azerbaïdjan qui est un pays musulman. Nous ne sommes pas en mesure de comprendre le non respect du droit international si ouvert, la tentative de justifier si clairement une politique d’occupation.

Je tiens également à noter que les pays musulmans, y compris l’Iran ont exprimé leur soutien constant à l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan tant au niveau international qu’à celui bilatéral. Nous vous en sommes reconnaissants et le qualifions de manifestation des relations de fraternité, d’amitié, ainsi que d’attitude de l’Iran pour la primauté du droit international.

L’Organisation de la coopération islamique a condamné la politique d’occupation de l’Arménie et a demandé de mettre un terme à l’occupation dans ses nombreuses décisions et résolutions. Nous soutenons et saluons tous les efforts, ainsi que les propositions et les initiatives des pays du monde islamique et de la région destinés au règlement du conflit arméno-azerbaïdjanais du Haut-Karabagh de façon équitable, dans le cadre des normes et principes du droit international. Nous croyons qu’un soutien actif sera désormais apporté au règlement équitable du conflit.

İl y a des rumeurs qu’en République d’Azerbaïdjan les musulmans, notamment les chiites sont confrontés à des restrictions dans la mise en œuvre de leurs activités religieuses. Que pourriez-vous dire à ce sujet ?

-Comme vous l’avez déjà souligné, ce genre d’information ne peut être qu’une rumeur. Il n’a jamais été discrimination religieuse et ethnique en Azerbaïdjan. Les représentants de différentes nations, confessions et courants religieux y ont toujours cohabité dans une ambiance de paix et de compréhension mutuelle. La Constitution du pays garantit la liberté de conscience et de religion, il n’y a aucun obstacle pour l’activité des religieux dans la vie quotidienne.

A l’époque soviétique il n’y avait que 17 mosquées en Azerbaïdjan. Le nombre des temples relègue et des mosquées s’est accru de façon significative pendant les années d’indépendance. İl existe plus de 2 mille mosquées dans le pays. La mosquée Heydar – la plus grande en Azerbaïdjan a été construite aux frais de l’Etat et mise à la disposition des religieux.

L’Azerbaïdjan attache une attention particulière et octroie des fonds à la promotion de la culture islamique dans le monde entier. On peut citer comme exemple les manifestations, les expositions organisées par notre pays en Europe et dans différentes régions de la planète. Les normes les plus civiles de la coexistence nationale et religieuse existent en Azerbaïdjan. Son climat de tolérance, les relations Etat-religion de notre pays sont acceptés comme exemple dans le monde entier. L’Organisation de la coopération islamique a toujours salué la situation de l’Islam, les relations entre différentes religions et confessions en Azerbaïdjan.

Sur fond d’exacerbation des conflits dans différents pays entre sunnites et chiites, ces derniers ont fait la prière pour l’unité à la mosquée Heydar à Bakou en janvier dernier.

Nous apportons notre contribution au renforcement de la solidarité, de l’unité entre les pays islamiques dans le monde moderne où l’islamophobie gagne du terrain. La création d’un climat de compréhension et de confiance mutuelles, la primauté de l'intérêt général, la lutte conjointe contre l’islamophobie et ce genre de tendance négative doivent être la pierre angulaire de la solidarité islamique. L’Azerbaïdjan a l'intention de poursuivre ses efforts en ce sens dans l'avenir.

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