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Izumi Nakamitsu : Même en période de défis géopolitiques, les États parties peuvent coopérer et des progrès significatifs peuvent être réalisés

Izumi Nakamitsu : Même en période de défis géopolitiques, les États parties peuvent coopérer et des progrès significatifs peuvent être réalisés

Bakou, 29 novembre, AZERTAC

Les 50 ans d’histoire de la Convention démontrent que même en période de défis géopolitiques, les États parties peuvent coopérer et des progrès significatifs peuvent être réalisés, a déclaré Izumi Nakamitsu, Haute Représentante des Nations Unies pour les affaires de désarmement, à l’ouverture à Genève de la neuvième conférence d’examen de la Convention sur les armes biologiques, relevant que malgré les défis actuels, elle continue de croire que cette conférence d’examen offre la meilleure chance de réaliser des progrès substantiels et significatifs, selon le site officiel de l’ONU.

Selon la diplomate onusienne, les tensions croissantes dans le monde provoquent une crise géopolitique qui met le désarmement multilatéral à rude épreuve.

« Les processus multilatéraux ont été bloqués ou réduits », a rappelé Mme Nakamitsu, exhortant la communauté internationale à « rester vigilante ». D’autant que « nous avons vu les normes contre d’autres armes précédemment interdites s’éroder ces dernières années ». « Heureusement, aucun pays ne professe aujourd’hui le désir d’acquérir des armes biologiques, ni le besoin de telles armes pour des raisons de sécurité nationale », a insisté la Haute Représentante de l’ONU. Mais pour faire de ce rendez-vous de Genève un succès, il faudra aller au-delà du statu quo qui prévaut depuis de nombreuses années.

Pour Mme Nakamitsu, toutes les délégations doivent faire « preuve de souplesse à l’égard des positions défendues de longue date, d’un engagement renouvelé et de négociations honnêtes et de bonne foi ». Et il faudra que toutes les parties écoutent, fassent des compromis et gardent en permanence à l’esprit l’objectif principal, à savoir, « empêcher l’exploitation hostile de la biologie ».

La neuvième conférence d’examen de la convention sur les armes biologiques a débuté ce lundi à Genève après avoir été retardée d’un an par la pandémie de Covid-19. Six ans après la dernière conférence, les travaux pourrait porter sur la manière de moderniser le traité. Il s’agit ainsi de suivre l’évolution rapide de la science, qui peut offrir des possibilités intéressantes dans le domaine de la santé et des vaccins, par exemple, mais aussi des risques en ce qui concerne les armes biologiques.

D’autres questions clés comprennent les développements récents dans le domaine de la science et de la technologie qui peuvent avoir un impact sérieux sur la mise en œuvre future de la Convention.

Sous la présidence italienne, la conférence pourrait également se pencher sur l’examen des allégations de la Russie concernant le développement et la production d’armes biologiques en Ukraine. Et pour l’ONU, cette conférence d’examen représente donc une occasion cruciale pour les États de s’unir pour renforcer cette convention vitale.

Pour la Haute Représentante des Nations Unies pour les affaires de désarmement, aucun sujet ne doit être écarté dans la quête de renforcement de la Convention. Les États parties pourraient envisager une série d’options différentes.

Dans ces conditions, les États devraient « opérationnaliser » la Convention en donnant corps à ses dispositions visant à soutenir la coopération scientifique pacifique, à renforcer la transparence de la recherche et à promouvoir les applications bénéfiques des technologies émergentes.

Il s’agit aussi pour les États d’étudier comment vérifier le respect des obligations de la Convention. Cette question a été examinée pour la dernière fois il y a plus de 20 ans, et beaucoup de choses ont changé depuis, tant les menaces auxquelles nous sommes confrontés que les technologies permettant de vérifier le respect des règles.

« Nous devons faire appel à la prochaine génération de professionnels de la biosécurité pour trouver des idées novatrices sur la façon de tirer parti des outils de la science moderne pour élaborer un protocole de vérification politiquement acceptable », a fait valoir Mme Nakamitsu.

 

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