POLITIQUE


Un site français publie un article sur l’occupation des territoires azerbaïdjanais par l’Arménie

Bakou, 4 septembre, AZERTAC

Le site AgoraVox a publié un article consacré à l’occupation des territoires azerbaïdjanais par l’Arménie. L’article est intitulé « 1 million de réfugiés en Azerbaïdjan ».

L’AZERTAC présente le texte de l’article dans toute son intégralité ci-dessous :

« Pour les lecteurs qui ne le connaîtraient pas, l'Azerbaïdjan est un pays du Caucase avec 700 km de côtes sur la mer Caspienne, véritable pont entre l'Europe et l'Asie. Le couloir de Transport-Europe-Caucase -Asie ( Traceca ou nouvelle route de la soie impulsée par les chinois) a son siège à Bakou.

Cette petite république de moins de 90000 km2, issue du démantèlement de l'URSS en 1991, peuplée de moins de 10 millions d'habitants, se situe dans un contexte géopolitique particulier et compliqué au contact de la Russie,l'Iran, la Turquie, la Géorgie, l'Arménie.

Riche en ressources d'hydrocarbures, exportateur de pétrole et de gaz, l'Azerbaïdjan diversifie actuellement son économie : agro-alimentaire, équipement, énergies renouvelables, transports, tourisme, technologies de l'information.

Il fait appel à l'investissement privé et assure 80% du PIB des 3 pays du Caucase qui comprend également la Géorgie, l'Arménie. En 2006 croissance de 34,5%, en 2009 9,3%, en 2013 6% avec la crise économique et financière mondiale. De nombreuses entreprises françaises sont en contrat avec le pays : Total, Systra, Bouygues, Vinci, Arianespace, Engie, Thalès, Danone, Lactalis.

L'occupation d'un cinquième de l'Azerbaïdjan, y compris la région du Haut Karabagh, 7 provinces adjacentes, par les forces armées arméniennes, perturbe l'économie et la société de cette république et représente une véritable douleur palpable dans la population. Et ce, malgré 4 résolutions adoptées à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l'ONU qui exige une libération sans condition des territoires occupés. Et ce, malgré le groupe de Minsk co-présidé par la France, les USA, la Russie qui met en avant le principe d'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan.

Le problème dure depuis un quart de siècle. Le nombre des azerbaïdjanais réfugiés dans leur propre pays, après avoir été obligés de quitter les territoires occupés ou l'Arménie, s'élève à un million de personnes réparties dans différentes localités du pays. Un citoyen sur 9 est donc une personne déplacée.

Les médias ne parlent presque jamais du « conflit glacé » entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie avec des morts fréquents à la frontière. Les azerbaïdjanais ne comprennent pas pourquoi on oublie la mort de leurs concitoyens qui ont droit à la même attention que les malheureux syriens ou palestiniens. La désinformation va aussi bon train. Et le déficit d'images est grand.

Rencontré à Bakou, la capitale, pour une entrevue sur la politique étrangère de son pays, Hikmat Hajiyev porte-parole du service de presse du ministre des Affaires étrangères, affirme que son pays n'a pas choisi ses voisins.

Pour lui le pays a vécu « une tragédie humanitaire » avec son million de réfugiés, les 100000 morts des 2 côtés, azerbaïdjanais et arménien. Il fait un parallèle avec la politique européenne des années 30-40, « la crise des Sudètes, l'occupation de la Tchécoslovaquie par l'Allemagne, et l'occupation de la France par l'Allemagne ».

Il rappelle que l'OSCE (l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) met en avant la sécurité des territoires, l'interdiction de l'utilisation de la force entre pays, l'occupation de territoires interdite. L'ONU assure la protection des petits pays. Et pourtant les 4 résolutions adoptées par l'organisation, sur les territoires de l'Azerbaïdjan occupés par l'Arménie restent lettre morte.

Hikmat Hajiyev réaffirme le multiculturalisme pratiqué par son pays : « à Bakou une immense statue d'une femme se libérant de son voile trône sur une place avec à droite une mosquée, à 200 m une synagogue, une église orthodoxe et le siège d'une banque iranienne. Le sécularisme prôné par la constitution est une manière de vivre. L'appartenance à une religion est une affaire individuelle. Ce qui fait que l'on n'a pas de radicalisme ». Et pour finir il appelle au dialogue indispensable.

Dans sa première interview qu'il nous donne à son nouveau poste, Rovshan Rzayev ministre à la tête du Comité d'état pour les affaires des réfugiés et des personnes déplacées de la république d'Azerbaïdjan, ne demande qu'une seule chose, que « le monde soit renseigné sur l'occupation de territoires de l'Azerbaïdjan ». « L'Arménie continue son occupation ». « La France est aussi concernée car elle fait partie du groupe de Minsk », chargé de trouver les solutions à la crise entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie.

Le Comité qu'il dirige a été « créé en 1992 avec pour but la gestion du problème des réfugiés chassés d'Arménie soit 250000 personnes ». Après la guerre de 1992-1993 le chiffre de 1 million de réfugiés et déplacés dans leur propre pays, est atteint. Dans « toutes les régions du pays, ils sont pris en charge, dans des camps, avec des tentes, des wagons, à Bakou aussi ». En 2003 le président Aliyev fait une promesse : il ne doit plus y avoir de camps. Et en 2007 les camps ont disparu, grâce au budget de l'état. Des bâtiments ont été mis en construction, des résidences d'étudiants, des écoles, des jardins d'enfants.

Pour Rovshan Rzayev les territoires occupés doivent être impérativement rendus, et les réfugiés doivent rentrer chez eux. Les gens déplacés ont reçu des aides financières, les enfants ont continué de suivre leurs études. Mais cela a représenté « une grande somme dans le budget ( 1 milliard chaque année qui n'a pu être utilisé pour le secteur non-pétrolier de l'économie, si l'on ajoute les projets mis en place pour l'emploi des réfugiés). Et la seule demande des réfugiés est de « rentrer ».

« En 2016 des provocations militaires de la part des arméniens » ont entraîné « 4 jours de guerre » qui ont eu pour résultats « la réoccupation du territoire de Djabrayil une partie du Haut Karabagh, repassée sous le contrôle de l'armée azerbaïdjanaise ». « Des maisons, des écoles, ont alors été construites et les hommes sont rentrés avec leurs familles ».

Il faut donc que « la politique passive » des puissances étrangères « devienne une politique active », « pour sauver le million de réfugiés qui font partie des 68 millions de réfugiés dans le monde ». L'Europe qui connaît le problème des réfugiés en Méditerranée est à même de « comprendre le drame que vit 1 petit pays avec son million de réfugiés ». « Il y a des problèmes matériels, mais même si les conditions de vie se sont améliorées, il faut tenir compte des problèmes psychologiques incommensurables de la population ».

Rovshan Rzayev qui vient de Choucha occupée aujourd'hui et dont il ne peut fouler le sol, vit viscéralement le malheur de ses compatriotes qu'il partage dans une émotion profonde et palpable. « Le droit international doit gagner. Les gens pacifiques peuvent le faire gagner ». « Le droit de vivre doit prévaloir ». « L'Azerbaïdjan est ouvert au monde, le Comité d'état des réfugiés et personnes déplacées est ouvert au monde ». « La France est un pays très important. Elle doit montrer l'exemple dans l'application des 4 résolutions des Nations-Unies ». « Pourquoi n'y aurait-il pas de solution ? ».

Depuis 8 ans le parti azerbaïdjanais du Haut Karabagh et le parti arménien sont dans une situation de dialogue impossible. Rovshan Rzayev coordinateur de la plateforme azerbaïdjanaise pour la paix souligne que le nouveau gouvernement d'Arménie nommé depuis peu, peut ouvrir le dialogue. C'est un espoir... »

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