CULTURE


Chéki, l'une des plus anciennes villes azerbaïdjanaises

Bakou, 2 juillet, AZERTAC

Chéki est l'une des plus anciennes villes d'Azerbaïdjan. Selon les historiens, la ville pourrait être l'une des plus anciennes colonies du Caucase. D'après certains, les pièces découvertes datent de plus de 2 500 ans. Il y a des traces de grandes colonies à Chéki datant de plus de 2700 ans. C'était l'une des plus grandes villes des états albanais au Ier siècle. Le temple principal des anciens Albanais y était situé. Chéki était divisé en 11 provinces administratives. Après l'invasion arabe, Chéki fut annexé au troisième émirat.

Chéki a toujours joué un rôle central dans l'art azerbaïdjanais et plus généralement dans l'art et l'architecture de l'Azerbaïdjan

Tapis à 700 mètres d’altitude dans les contreforts du Grand Caucase, Chéki abrite aujourd’hui 200 000 habitants. C’est un lieu de villégiature prisé en Azerbaïdjan, en raison de la beauté de ses paysages, de la qualité de ses pâtisseries orientales, de son artisanat et de son architecture. Les oligarques de cette ex-République d’URSS viennent y séjourner en famille à la belle saison. Un signe ne trompe pas : dans la longue rue Mirza Fatali Akhoundov, les marques de luxe ont investi des boutiques qui abritaient il y a encore quelques décennies des ateliers d’artisans.

Cette charmante bourgade était, jadis, une étape sur la route de la soie. En témoignent encore deux caravansérails. Entre le XVe et le XVIIIe siècle, la ville en comptait pas moins de cinq ! Le « caravansérail supérieur » comportait 300 pièces. Il a été transformé en hôtel. La porte d’entrée était suffisamment grande pour laisser passer les chameaux lourdement chargés. Elle donne sur une vaste coupole. Cette entrée dessert une cour avec un bassin qui permettait d’abreuver les bêtes tandis que dans les « cellules », les affaires se négociaient entre caravaniers.

Tout près, se trouve le « caravansérail inférieur » qui date, lui, du XVIIe siècle. Il comporte 242 pièces et une cour de 4500 m2. C’est le plus grand, en taille, de tout le Caucase !

Ces caravansérails convoquent évidemment un imaginaire digne des Mille et une nuits et rappellent que cette région se trouvait sur la route de la soie, si stratégique pour le commerce Orient/Occident, jusqu’à ce que de nouvelles routes maritimes s’imposent peu à peu.

Mais, le monument le plus remarquable de Chéki, c’est sans doute le palais du khan. C’est un bijou du XVIIIe siècle. Il a fallu deux ans pour le construire, mais huit pour le décorer ! C’était la résidence d’été de Tchalabi Khan, fondateur du khanat (principauté) de Chéki. Né en 1703, il a régné sur l’Azerbaïdjan de 1743 à sa mort en 1755. Mais l’homme qui était aussi poète, se faisait alors appeler Muchtag.

La façade du palais est décorée de motifs géométriques colorés et percées de deux entrées. L’une était réservée au khan, l’autre à ses invités. Chacune est surmontée d’un balcon, dont les plafonds creusés de niches sont entièrement tapissés de miroirs. Un luxe inouï…

Ce palais doit notamment sa renommée à ses fenêtres en Chébéké, restaurées dans les années 1950. Chébéké, cela signifie réseau en azerbaïdjanais. De fait, ces fenêtres sont constituées de fragments de verres colorés et de bois de noyer, incrustés les uns dans les autres, formant des motifs géométriques colorés et faisant bloc sans clou ni colle.

Les motifs plus complexes utilisent jusqu’à 14 000 pièces de bois et de verre par m2. Cette technique très particulière ne s’est pas perdue. Aujourd’hui encore, à Chéki, un artisan, Huseyn Hadji-Moustafazade perpétue cette tradition. Il reçoit des commandes du monde entier ! Mais, il est possible de visiter son atelier. On reste ébahi devant la finesse de son travail, devant la dextérité de ses ouvriers qui taillent des pièces de bois dans lesquelles sont creusées de très minces rainures où s’encastreront les morceaux de verre, eux aussi finement taillés à la main !

L’intérieur du palais est illuminé par les couleurs vives des vitraux multicolores, en particulier la salle de réception. Mais la décoration murale est remarquable également. La moindre parcelle de mur y est en effet couverte de fresques dominées par des motifs végétaux, dont les couleurs font écho à celles des vitraux. Chaque niche -ces niches servaient, en l’absence de meubles à ranger les affaires du khan- est rehaussée par les mêmes motifs.

A l’étage, la chambre de l’épouse du khan présente des fresques murales d’une grande finesse : fleurs et oiseaux sont rehaussés de couleurs chaudes. Le dessin du plafond reproduisait les motifs du tapis que la souveraine avait choisi pour le sol de la pièce.

Dans la chambre du khan, une frise court sur les murs et représente une scène de bataille, sortie de l’imagination du peintre. Elle est formée de 2000 personnages. Ils semblent largement inspirés des miniatures persanes. Aucun visage n’est semblable à un autre.

On les regarde longuement tant sont fascinants tous ces personnages enturbannés à cheval ou parfois à pied, armés de lances, d’arcs, portant des oriflammes … Certaines scènes font « vivre » une telle multitude de cavaliers que l’on se perd un peu dans le détail de l’action représentée. On s’éloigne alors, puis la curiosité étant plus forte, on revient sur ses pas pour les regarder encore et découvrir de nouveaux personnages, d’autres détails…

La partie historique de Chéki, y compris le Palais du khan de Chéki figure parmi les candidats à la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

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