POLITIQUE


Le Conseiller diplomatique de la vice-présidente azerbaïdjanaise accorde une interview à La Tribune de Genève

Bakou, 9 octobre, AZERTAC 

Eltchin Amirbeyov, conseiller diplomatique de la vice-présidente azerbaïdjanaise Mehriban Aliyev a accordé une interview à La Tribune de Genève. L’AZERTAC présente le résumé de l’interview.

L’Azerbaïdjan «ne peut rien exclure» sur le Nagorny-Karabakh, y compris une régionalisation du conflit qu’elle ne veut pas. Bakou dénonce aussi la responsabilité des coprésidents du Groupe de Minsk, chargé depuis près de 30 ans de faciliter une résolution pacifique de cet affrontement.

L’Azerbaïdjan «ne peut rien exclure» sur le Nagorny-Karabakh, y compris une régionalisation du conflit qu’elle ne veut pas. L’Arménie doit se réengager dans un dialogue de paix, pourquoi pas en Suisse, dit un haut responsable qui cible l’attentisme du Groupe de Minsk.

«Il est impossible de dire quelle sera la situation dans dix jours», explique dans un entretien à Keystone-ATS le conseiller diplomatique de la vice-présidente Mehriban Alieva, Elchin Amirbayov. Cet ancien ambassadeur en Suisse dénonce les «provocations» du premier ministre arménien Nikol Pachinian avec le tir d’engins chaque jour depuis le territoire arménien sur des zones azerbaïdjanaises.

Et de dénoncer «des crimes de guerre» et des violations du droit international humanitaire (DIH) qui ont pour objectif des représailles de Bakou contre l’Arménie. Celles-ci feraient entrer Moscou dans le conflit aux côtés d’Erevan, alors que le président russe a rappelé mercredi que cette alliance reste valable. Un scénario qui ne peut être exclu si les villes azerbaïdjanaises sont largement ciblées mais «on ne devrait pas en arriver là», estime le conseiller diplomatique.

Accusation lancée à Genève

Pour le moment, le conflit reste centré sur la région séparatiste du Nagorny-Karabakh, revendiquée par Bakou. Le gouvernement azerbaïdjanais affirme ne pas recevoir d’aide militaire turque dans ces combats, contrairement aux déclarations d’Erevan. «Nous n’avons pas besoin d’une armée étrangère», dit le conseiller diplomatique.

Les deux camps s’accusent d’être responsables de la relance des hostilités fin septembre et de recourir à des mercenaires. L’Azerbaïdjan affirme avoir repris au total 20 villages et une ville dans la zone, habitée quasiment entièrement par des Arméniens.

Alors qu’Handicap International (HI) a dénoncé le recours à des bombes à sous-munitions, interdites, les passes d’armes entre les deux parties n’ont cessé depuis une semaine, y compris au Conseil des droits de l’homme à Genève. L’Arménie accuse son voisin d’une volonté «génocidaire». Bakou rappelle lui que 200’000 Azerbaïdjanais ont dû fuir le Nagorny-Karabakh dans les années 90 et dénonce un «nettoyage ethnique» alors.

Selon M. Amirbayov, la France, la Russie et les Etats-Unis, coprésidents du Groupe de Minsk, chargé depuis près de 30 ans de faciliter une résolution pacifique de cet affrontement, portent eux-mêmes une responsabilité. «En l’absence d’une réaction des médiateurs», l’Arménie a pu s’appuyer depuis le début des années 90 sur «une certaine impunité», affirme le conseiller diplomatique.

Suisse saluée

«Un cessez-le-feu était bien, mais cette situation ne pouvait continuer comme cela», sans accord de paix. L’Azerbaïdjan répète que les forces arméniennes doivent se retirer du Nagorny-Karabakh conformément à plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Les civils ne seront pas expulsés. «Nous considérons ces personnes comme nos citoyens et nous sommes prêts à leur donner des garanties pour leur sécurité», dit M. Amirbayov.

«Nous savons que tout cela ne se fera pas en deux jours. Il faudra du temps et une approche par étapes», ajoute-t-il. Plusieurs propositions du Groupe de Minsk dans le passé, y compris le scénario d’une force de maintien de la paix, ont été rejetées par Erevan, dit-il. Chaque fois que la situation était proche «d’une véritable avancée», «il y a eu quelque chose en Arménie», selon lui.

Récemment, la confiance en M. Pachinian a été largement entamée après que celui-ci était revenu sur son engagement pour un dialogue, selon M. Amirbayov. «C’est un important obstacle», dit-il.

Bakou est prête à revenir aux négociations, «mais il faut savoir de quoi on discute». Sans un menu clair, «nous ne voulons pas venir dans une belle ville comme Genève», où a eu lieu le dernier sommet en 2017 entre Ilham Aliev et l’ancien président arménien Serge Sarkissian.

La Suisse s’est dite récemment prête à accueillir à nouveau des discussions de haut niveau. Le site de la rencontre «ne sera pas le plus important», dit M. Amirbayov qui remercie le Conseil fédéral pour cette offre.

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