POLITIQUE


Rahman Mustafayev : Les militants français d’origine arménienne sont partis dans la zone de combats, il faut s’opposer à ce processus

Paris, 5 novembre, AZƏRTAC

L’ambassadeur d’Azerbaïdjan en France a répondu aux questions du magazine « Le Courrier de l’atlas » et a parlé du rôle de la France et sur la présence de groupes djihadistes sur place.

L’AZERTAC présente l’intégralité de cette interview.

On a du mal à comprendre ce conflit du Haut-Karabagh vu d’Europe. Est-ce un conflit ethnique ? Religieux ?

Ni l’un, ni l’autre. Il faut bien regarder la situation. L’Azerbaïdjan est un pays laïc. C’est une République parlementaire multi-ethnique et multi-religieuse. A Bakou, une église cohabite dans le même quartier qu’une mosquée et une synagogue. Pour nous, la question de la religion n’est pas un sujet. Nous avons aussi une minorité arménienne en Azerbaïdjan. Toutes les minorités azerbaïdjanaises en Union soviétique ont été chassées par l’Arménie en 1987. Cela représente 250 000 habitants. Nous avons garanti dans notre pays les droits des minorités à un plus haut niveau que notre voisin. En Arménie, il n’y a pas cette diversité. Cela n’a rien à voir avec un conflit entre christianisme et Islam. Ce n’est pas l’Arménie chrétienne contre l’Azerbaïdjan musulman.

La France a-t-elle une position équilibrée dans le conflit ?

Je comprends la position française. Il y a l’agenda franco-turc, l’influence de la communauté arménienne et des facteurs historiques. J’espère qu’elle gardera sa neutralité dans ce conflit. Notre ministre des Affaires étrangères a réitéré la nécessité d’avoir la France dans le groupe de Minsk. L’Hexagone doit avoir une position équilibrée. Nous voulons que la souveraineté reconnue pour d’autres pays (Lybie, Syrie, Mali) s’applique aussi à notre pays. Nous ne comprenons pas pourquoi on fait une exception pour l’Azerbaïdjan.

Les principes sont pourtant les mêmes. La France a voté à quatre reprises pour les résolutions du Conseil de sécurité.

Certains sites internet évoquent la venue de djihadistes syriens dans le Haut-Karabagh. Est-ce une information que vous pouvez confirmer ?

Le président Emmanuel Macron en a parlé à Bruxelles. Tout d’abord, le droit international ne connait pas le mot « djihadiste ». Il existe un terme très clair, ce sont « les militants étrangers ». Notre Président a déclaré à plusieurs reprises que nous n’avons pas de « militants étrangers » au sein de notre armée, composée de 100 000 hommes. Celle-ci est capable de se défendre toute seule. Nous l’avons montré sur le champ de bataille. Il n’y a aucun besoin pour l’Azerbaïdjan « d’inviter » des combattants étrangers sur son territoire. De plus, la loi azerbaïdjanaise interdit la présence de partis radicaux islamistes et djihadistes sur son sol. Chaque tentative de djihadistes, seul ou en groupe, est condamné et ces personnes sont emprisonnées. Nous avons déjà répondu officiellement à ces allégations qui sont irréalistes et injustes envers notre pays. En même temps, des militants français d’origine arménienne sont partis dans la zone de combats. Ce qui a été rapporté par le journal Libération. Il faut s’opposer à ce processus. En tout cas, cela suscite beaucoup de questions.

 

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