POLITIQUE


La lettre du ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères adressée à Antonio Guterres est publiée comme un document de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité de l’ONU

Bakou, 4 mars, AZERTAC

Le ministre des Affaires étrangères de la République d’Azerbaïdjan, Djeyhoun Baïramov, a adressée le 22 février une lettre au Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a-t-on appris auprès du ministère des Affaires étrangères.

L’AZERTAC présente le texte intégral de la lettre ci-dessous :

« Je vous écris pour appeler votre attention sur le grave danger que représente la pollution massive par les mines et autres engins explosifs qui y ont été dispersés par l’Arménie dans les territoires azerbaïdjanais récemment libérés et le refus de celle-ci de communiquer des informations sur les champs de mines qui se trouvent sur ces territoires.

Pendant la trentaine d’années où elle a occupé les territoires internationalement reconnus de l’Azerbaïdjan, l’Arménie y a posé quantité de mines, faisant ainsi un grand nombre de morts et de blessés parmi les militaires et les civils azerbaïdjanais.

De même, lors du retrait forcé qu’elle a dû opérer à la suite de l’opération de contre-offensive menée par les Forces armées azerbaïdjanaises, l’Arménie, cherchant à causer le plus de dégâts possible et à rendre plus difficile encore le retour de la population civile, a délibérément posé des mines de façon systématique, en violation flagrante du droit international humanitaire.

Les mines et autres engins explosifs présents dans les territoires libérés de l’Azerbaïdjan constituent une grave menace pour la vie et la sécurité des militaires et des civils azerbaïdjanais en cette période d’après conflit. Depuis le 10 novembre 2020, date à laquelle les dirigeants de l’Azerbaïdjan, de la Fédération de Russie et de l’Arménie ont signé la déclaration trilatérale par laquelle l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont annoncé la cessation de toutes les activités militaires entre leurs deux pays, 15 citoyens azerbaïdjanais, dont 9 civils, ont été tués et 65 personnes, dont 8 civils, ont été grièvement blessés par l’explosion de mines dans les territoires récemment libérés.

En outre, la pollution massive de ces territoires par les mines contrarie sérieusement la réalisation les vastes projets de relèvement et de reconstruction entrepris par le Gouvernement azerbaïdjanais. Qui plus est, elle porte atteinte au droit inaliénable de centaines de milliers de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays de rentrer chez elles dans la sécurité et dans la dignité.

Bien que l’Arménie et l’Azerbaïdjan aient signé la déclaration sur la cessation des activités militaires le 10 novembre 2020, l’Arménie refuse de communiquer des informations concernant l’emplacement des champs de mines. Cela constitue une violation manifeste de l’obligation qui lui incombe au titre du droit international humanitaire coutumier. Le coût humain des mines posées par l’Arménie ne peut que constituer un crime de guerre.

Il est absolument nécessaire que l’Arménie donne des informations sur l’emplacement des champs de mines si l’on veut éviter la perte d’autres vies innocentes, faire avancer rapidement la reconstruction après le conflit et contribuer ainsi à une paix durable.

Le mépris que l’Arménie persiste à témoigner face à nos demandes répétées d’informations sur l’emplacement des champs de mines fait planer de sérieux doutes quant à sa sincérité s’agissant de la normalisation de ses relations avec l’Azerbaïdjan, censée être fondée sur la reconnaissance et le respect mutuel des principes de souveraineté, d’intégrité territoriale et d’inviolabilité des frontières internationales.

Ce n’est pas la première fois que l’Arménie fait preuve de cette attitude destructrice. Comme je vous l’ai déjà signalé, elle s’est également livrée à d’autres actions et déclarations déstabilisatrices destinées à battre en brèche les perspectives de paix et de sécurité régionales qui commençaient à se dessiner : ainsi, près de deux semaines après la signature de la déclaration trilatérale, elle a déployé dans les territoires azerbaïdjanais un groupe de sabotage chargé d’y commettre des actes terroristes, et l’ironie veut qu’elle en demande aujourd’hui la libération.

Compte tenu de ces considérations, je vous demande instamment de prendre toutes les mesures possibles pour persuader l’Arménie de s’acquitter des obligations que lui impose le droit international coutumier en donnant des informations sur l’emplacement des champs de mines et de cesser d’entraver, par ses actes et ses propos, la réalisation de l’ambition de paix, de sécurité et de coopération exprimée dans la déclaration trilatérale. »

 

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