POLITIQUE


Un site français: L’Arménie refuse toujours de donner des informations sur le sort des 4 000 azerbaïdjanais disparus durant la Première guerre du Karabagh

Bakou, 23 juin, AZERTAC

Le site Internet français « Musulmans en France » a publié un article intitulé « L’Arménie refuse toujours de donner des informations sur le sort des 4 000 azerbaïdjanais disparus durant la Première guerre du Karabakh », de Zeynab Kazimova, fondatrice du journal Le Carrefour, seul journal francophone en Azerbaïdjan.

L’AZERTAC présente le texte de l’article dans son intégralité :

La présence séculaire de la diaspora arménienne en France, l’importance numérique de celle-ci, et la proximité des arméniens de France avec le reste de la population française font en quelque sorte écran à l’analyse objective des événements du Karabakh. L’émotionnel, nourri par une communication habile, l’emporte souvent sur l’exposition rationnelle des faits.

Par ailleurs, certains n’hésitent pas à s’appuyer sur la confession de la majorité des citoyens azerbaïdjanais, pour suggérer de manière insidieuse qu’il s’agirait là d’une sorte de guerre de religion larvée opposant les musulmans azerbaïdjanais aux chrétiens arméniens. L’absurdité de tels propos est évidente pour les connaisseurs de la région, mais est naturellement de nature à influencer les esprits crédules.

C’est pourquoi, lorsqu’on parle du conflit Azerbaïdjan-Arménie, il est préférable de s’en tenir aux règles du droit international et au respect ou non de celui-ci par les parties en question. Plus tard viendront les approches historiques et géopolitiques, lorsque les esprits se seront apaisés et que chacune des parties en cause pourra avoir un accès égal aux médias, ce qui n’est pas, reconnaissons-le, exactement le cas aujourd’hui.

La Déclaration tripartite de cessez-le-feu du 10 novembre 2020 comportait l’obligation de cessation de toutes les activités militaires. Malgré cela, l’armée arménienne a, postérieurement à ce traité, truffé le sol des districts évacués d’Aghdam, de Latchine et de Kelbadjar, de mines anti-véhicules et anti-personnel. Et pas seulement sur les terrains militaires, mais aussi dans les champs, les cimetières, les voies de communication civiles. La pose de mines étant en soi-même une activité militaire, il s’agissait là d’une violation flagrante de la déclaration tripartite. Le refus de l’Arménie de livrer les cartes des territoires est en plus une violation du droit international, et du droit humanitaire.

L’objectif de ce minage est naturellement de freiner les travaux de reconstruction et de réhabilitation, ainsi que d’entraver le retour des personnes déplacées internes sur leur terre natale, et de servir de monnaie d’échange au retour des prisonniers de guerre. Mais la question n’est pas là. Ces faits violent tout simplement le droit international.

Mais ce n’est pas tout. Une autre violation spectaculaire du droit international réside dans l’affaire des 4000 disparus azerbaïdjanais de la première guerre du Karabakh.

Le parti “Contrat civil” de Nikol Pachinian a obtenu 54,21% des voix, ce que lui permettra de former tout seul un nouveau gouvernement et de reconduire le chef du gouvernement actuel. L’ex-journaliste Pachinian, 46 ans, porté au pouvoir en 2018 par une révolution pacifique contre les vieilles élites corrompues, a vu sa popularité record mise à mal par la déroute d’Erevan durant la guerre contre l’Azerbaïdjan, voisin et ennemi juré, à l’automne 2020.

Dans une déclaration datée du 18 juin 2021, le ministère arménien des Affaires étrangères a reproché à l’Azerbaïdjan de poursuivre les personnes accusées d’avoir commis des crimes de guerre ou des actes terroristes, ainsi que les mercenaires enrôlés par l’Arménie pendant la guerre de 44 jours.

“L’Azerbaïdjan a à la fois le droit et l’obligation internationale de traduire ces personnes en justice en vertu du droit international, notamment des Conventions de Genève de 1949, et de la Convention internationale contre le recrutement, l’utilisation, le financement et l’instruction de mercenaires” – précisait le Ministère de l’information azerbaidjanais dans un communiqué du 19 juin 2021, lequel ajoutait :

“Nous rappelons au Ministère arménien des Affaires étrangères qu’un commando terroriste est entré sur le territoire azerbaïdjanais après la signature de la Déclaration trilatérale le 10 novembre 2020. Pendant cette incursion, 4 militaires azerbaïdjanais ont été tués et un civil a été grièvement blessé. Le citoyen libanais d’origine arménienne qui dirigeait le groupe avait participé, en tant que mercenaire étranger, aux attaques contre des militaires et des civils azerbaïdjanais pendant la guerre de 44 jours. Les deux autres citoyens arméniens sont accusés d’avoir torturé des civils et des militaires azerbaïdjanais pendant la première guerre du Karabakh. Nous tenons à souligner que les allégations concernant le secret du lieu des Arméniens détenus en Azerbaïdjan sont totalement fausses”.

Le Comité international de la Croix-Rouge, et le Commissaire aux droits de l’homme (Ombudsman) ont pu organiser des réunions régulières avec les détenus, prendre connaissance des documents médicaux sur la santé de ces détenus, prouvant ainsi que l’Azerbaïdjan remplissait toutes les conditions liées à la détention de ces personnes.

Le 28 mai 2021, le quotidien français La Croix rapportait que l’Arménie avait bien reconnu la présence de sapeurs de combat occupés à poser des mines.

L’Arménie a finalement proposé de livrer une carte de 97 000 mines anti-chars et anti-personnel dont l’Arménie a piégé le district d’Aghdam, contre la libération de 15 prisonniers, ce que l’Azerbaïdjan a accepté, par souci humanitaire. Un marchandage dont le caractère honorable est pour le moins discutable, d’autant que les lois du droit humanitaire international interdisent purement et simplement l’usage des mines anti-personnel.

Le piégeage des régions évacuées par les Arméniens a causé la mort de plus de 25 personnes dont 22 civils et, plus de 100 blessés; récemment, deux journalistes azerbaïdjanais Siradj Abishov de la chaîne AZTV, et Maharram Ibrahimov de l’agence de presse AZERTAC ont été tués par une mine arménienne à Kalbajar.

L’Arménie n’a d’ailleurs remis à l’Azerbaïdjan que les cartes des mines posées dans la ville d’Aghdam, une infime partie des terres piégées, et refuse de révéler l’emplacement des autres, comme l’ont ouvertement reconnu les hauts responsables de ce pays.

L’année dernière, après une une guerre de 44 jours, l’Azerbaïdjan a recouvré son intégrité territoriale et “pris le contrôle de la frontière de 398,7 kilomètres avec l’Arménie. Il existe des divergences d’opinion entre les parties sur la question des frontières. Car à l’époque soviétique, il n’y avait que des frontières théoriques. Il existe des cartes des deux côtés, mais ces cartes montrent des différences à certains endroits. L’Azerbaïdjan agit de son mieux pour clarifier cela afin d’éviter de nouvelles tensions à la frontière”, a déclaré le ministre des Affaires étrangères azerbaidjanais Jeyhun Bayramov à l’agence Anadolu.

En effet, depuis la chute de l’Union soviétique, les deux nations ne sont jamais parvenus à s’entendre sur le tracé de frontière. En raison de l’occupation arménienne l’Azerbaïdjan n’a pas pu contrôler les frontières depuis 30 ans. « Avant de parler de violations du droit international, le ministère arménien des Affaires étrangères doit garder à l’esprit que pendant près de 30 ans, la République d’Arménie a violé les principes du droit international, en particulier le principe du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, violant gravement les droits fondamentaux jusqu’à un million de personnes” – a déclaré le ministère azerbaidjanais.

Par ailleurs, le sort d’environ 4 000 Azerbaïdjanais disparus au cours de la première guerre du Karabakh n’a pas toujours pas été évoqué par l’Arménie. Le charnier découvert dans le village de Bashlibel dans la région de Kalbajar après la libération de ses territoires est une preuve claire des crimes de guerre commis par l’Arménie et de la dissimulation par l’Arménie d’informations sur les Azerbaïdjanais disparus.

Prêtant serment dans la salle de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, António Guterres, qui a été reconduit vendredi pour un deuxième mandat en tant que Secrétaire général de l’ONU, a déclaré que bien que le monde ait beaucoup changé, les promesses de l’ONU restent constantes, mais les pays doivent travailler ensemble de manière entièrement nouvelle pour qu’elles puissent être tenues. L’ONU reconnait la souveraineté et l’inviolabilité des frontières des pays, y compris l’Azerbaïdjan. Mais l’Arménie comme toujours dans son rôle de destructeur systématique, cherche à s’opposer au développement de la région du Caucase du Sud. Ses manouvres ont pour objectif de saboter la paix et la coopération dans la région. Malgré cela, lors de la signature de la Déclaration de Choucha, le président turc Erdogan a formé le vœu que la région “devienne une région tranquillité et de paix entre la Russie, la Turquie, l’Azerbaïdjan, l’Arménie, la Géorgie et l’Iran”.

L’Azerbaïdjan et la Turquie souhaitent associer tous les pays de la région à ce processus de coopération en ne ménageant aucun effort pour faire du Caucase du Sud une région pacifiée.

C’est pourquoi l’Arménie doit s’attacher à la mise en œuvre des clauses restantes de l’accord tripartite, collaborer aux travaux de délimitation et de démarcation de la frontière, et participer à l’ouverture du corridor Zangazur. Elle doit enfin remettre les cartes des mines placées sur l’ensemble du territoire du Karabakh.

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