ACTUALITES OFFICIELLES


Entretien du président Ilham Aliyev à l’Agence Anadolu

Bakou, 28 septembre, AZERTAC

Le président de la République d’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, a accordé un entretien à l’Agence Anadolu. L’entretien a été publié sur le site web de l’agence le 27 septembre.

L’AZERTAC présente l’entretien dans son intégralité en se référant à l’agence de presse turque Anadolu :

- Monsieur le Président, merci beaucoup d'avoir accepté la demande d'interview de l'Agence Anadolu. Nous sommes à une date importante : le premier anniversaire de la guerre ayant abouti à la victoire de l'Azerbaïdjan, à la libération des territoires occupés depuis près de 30 ans. En revenant à ce 27 septembre 2020, pourquoi l'Azerbaïdjan a-t-il contre-attaqué ?

- Les récentes provocations de l'Arménie à notre encontre étaient devenues régulières. Leurs déclarations à notre égard et les mesures qu'ils avaient prises montraient que l'Arménie se préparait à une nouvelle guerre. Je n'arrive pas à comprendre les raisons de cela jusqu'à présent. Car si un État qui occupe le territoire d'un autre État pendant 30 ans veut une nouvelle guerre, la raison en devrait être étudiée très sérieusement. Tout le monde a pu constater les épisodes qui prouvent mes paroles. Parce qu'en juillet, l'Arménie a mené une provocation militaire à la frontière azerbaïdjano-arménienne, et à la suite de cette provocation, 13 soldats et civils ont perdu la vie. À cette période, l'Azerbaïdjan a donné à l'ennemi la réponse qu'il méritait, mais nous n'avons pas franchi la frontière de cet État. Nous les avons simplement chassés des terres azerbaïdjanaises dans lesquelles ils s'étaient infiltrés, et le conflit, qui a duré quelques jours, a pris fin.

Puis, en août, ils ont envoyé un groupe de sabotage. Ils ont traversé la ligne de contact et là nos soldats les ont désarmés. Dans mon discours à l'Assemblée générale des Nations Unies (ONU) il y a un an, j'avais dit que l'Arménie se préparait à une nouvelle guerre. Trois jours plus tard, nos positions et habitations civiles devenaient de nouveau la cible de l'artillerie. Nous avons encore donné des martyrs. Et sous mon commandement, nous avons lancé une opération de contre-attaque à grande échelle, et comme vous le savez, cette opération s'est soldée par une grande victoire.

Quand on regarde un an en arrière, bien sûr, on a l'occasion d'analyser plus clairement tous ces développements, tous ces événements.

Il semble que l'administration arménienne, l'administration qui vient d'arriver au pouvoir, voulait se vanter de tout succès militaire, voulait obtenir n'importe quel succès militaire. Mais ils n'ont pas eu le résultat escompté, ils ont fait une énorme erreur. En conséquence, ils ont subi une défaite amère.

- Monsieur le Président, cette guerre n'aurait-elle pas pu être évitée ? Il y a eu des contacts des coprésidents du groupe de Minsk, qui était en place depuis très longtemps. Les coprésidents du groupe de Minsk ou d'autres acteurs auraient-ils pu empêcher cette guerre ? Si oui, comment auraient-ils dû l'empêcher ?

- Bien sûr, ils auraient pu l'empêcher. J'ai exprimé plusieurs fois mon opinion sur ce sujet. Si le Groupe de Minsk avait exercé de sérieuses pressions sur l'Arménie au cours son temps de fonctionnement, bien sûr, l'Arménie se serait sentie dans l'obligation de quitter les territoires occupés. Dans un tel cas, il n'y aurait pas besoin de guerre. Bien que les trois États coprésidant le Groupe de Minsk soient les trois membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, ils n'ont pas exercé cette pression. Ceux-ci sont considérés comme les pays les plus puissants du monde. N'avaient-ils pas un poids politique et des moyens politiques pour pouvoir envoyer ces messages sérieux à l'Arménie. Ils préféraient simplement la politique du « ni guerre ni paix ». D'un autre côté, j'ai demandé à plusieurs reprises aux coprésidents du Groupe de Minsk et d'autres grands États d'imposer des sanctions à l'Arménie. Cela aurait empêché la guerre. Nous avons utilisé tous les moyens pour résoudre le problème de manière pacifique. Pas de guerre, pas d'effusion de sang. Mais cela mis à part, je déclarais que nous n'accepterions pas le prolongement de cette situation, que nous libérerions nos propres terres à tout prix. Nous avons juste tenté de donner toutes ses chances à la paix.

La nouvelle administration arrivée au pouvoir en 2018 en Arménie a également porté un coup dur au processus de négociation. Parce que leurs déclarations inappropriées et irresponsables ont paralysé ce processus de négociation. Dans cette situation, le groupe de Minsk aurait dû prendre des mesures positives et courageuses, mais ils n'ont fait qu'observer. Ils l'ont simplement approchée en spectateurs. Cependant, bien sûr, la plus grande responsabilité de l'éclatement de la 2e guerre du Karabakh incombe à l'Arménie. Dans le même temps, les grands États qui n'ont pas arrêté l'Arménie à temps, portent également une responsabilité.

- En référence aux pays qui ont coprésidé cette stratégie de maintien du statu quo pendant de nombreuses années ; après la victoire de l'Azerbaïdjan, il est désormais question que les coprésidents du groupe de Minsk interviennent et mènent une diplomatie de navette. De telles demandes ont été exprimées. Que pensez-vous de ceci ? Est-ce que cela pourra être bénéfique ?

- Les pays qui ont dirigé le groupe de Minsk pendant la période d'occupation, leurs présidents ont fait des déclarations très positives à plusieurs reprises, notamment il y a environ 7-8 ans. L'un d'eux rappelait que le statu quo est inacceptable et doit être modifié. Nous avons accueilli cela très positivement. J'ai personnellement exprimé mon point de vue sur cette question à plusieurs reprises et j'ai dit qu'il s'agissait d'une déclaration attendue depuis longtemps.

Changer le statu quo signifie mettre fin à l'occupation. Mais après ces explications, ils ne sont pas passés aux démarches pratiques. En outre, ils se sont retirés de cette déclaration après un certain temps et une nouvelle déclaration a été présentée par les coprésidents : « Le statu quo n'est pas durable ». Il y a une énorme différence entre ces explications. Il y en a une qui énonce que c'est 'inacceptable' et une autre que dit que c'est 'non durable'. A l'époque, je les ai critiqués et j'ai dit que ce changement d'attitude met de l'eau au moulin de la politique d'invasion menée par l'Arménie.

Malheureusement, la période qui a suivi nous a montré que le groupe de Minsk n'avait pas l'intention de résoudre ce problème. Et en temps de guerre, dans la guerre de 44 jours, nous l'avons perçu de nouveau. Parce que ce sont certains pays qui ont porté la question à l'ordre du jour de l'ONU contre nous, qui coprésidaient le Groupe de Minsk. La guerre était en cours, nous étions en train de restaurer le droit international par nos propres moyens, nous étions engagés dans une guerre de justice ; il était complètement injuste de soulever la moindre question de sanctions à notre égard à l'ONU.

En ce qui concerne la période actuelle, nous pouvons dire que nous ne voyons pas l'activité du groupe de Minsk. [Avant cela, systématiquement] ils venaient [nous voir] dans le cadre du processus de négociation, ils faisaient des suggestions, ils fixaient l'ordre du jour des pourparlers au niveau des présidents, ils nous suggéraient les sujets à négocier, et les deux parties négociaient ces questions sur la base de consensus. Maintenant, même si cela fait environ un an depuis la fin de la guerre, il n'y a aucune suggestion de leur part. Lorsqu'ils sont venus en Azerbaïdjan, je leur ai demandé d'apporter des suggestions. Nous avons résolu ce problème. Le conflit du Haut-Karabakh est terminé. Il n'y a pas d'unité administrative nommée Haut-Karabakh. Ces jours-ci, dans mon discours à l'Assemblée générale des Nations Unies, je me suis adressé à tous les pays et j'ai dit : je demande que l'expression Haut-Karabakh ne soit plus utilisée à partir de maintenant. Il n'y a pas d'unité de ce type sur le territoire de l'Azerbaïdjan. Il y a la région du Karabakh et il y a le Zanguézour-Oriental.

Dans ce cas, de nouveaux enjeux devraient se poser aujourd'hui pour l'activité du groupe de Minsk. Le conflit du Haut-Karabakh est terminé. Que peut-on faire maintenant ? Mesures de confiance, ouverture de routes, ouverture de couloirs, soutien au processus de paix, ordonnancement des relations Arménie-Azerbaïdjan, tentative de signature d'un accord de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Leur domaine d'activité devrait consister en ce que je viens de mentionner. Le Haut-Karabakh peut-il avoir le statut alors qu'il n'existe pas ? Bien sûr que non. Je l'ai dit et je tiens à le répéter que si quelqu'un veut attribuer un statut au Haut-Karabakh, il devra donner [lui] une terre dans son propre pays, y établir une institution ou former une république et reconnaître son indépendance. Et nous aussi, la reconnaîtrons, mais pas en territoire azerbaïdjanais.

- Êtes-vous en train de dire que les coprésidents du groupe de Minsk devraient accepter la réalité après la guerre de 44 jours et faire quelque chose ?

- Après la 2e guerre du Karabakh, aucune proposition ne nous a été apportée par le groupe de Minsk jusqu'à aujourd'hui. Et comme il n'y a pas de proposition, il n'y a pas de place pour parler de l'activité du groupe de Minsk. Cela fait un an maintenant. [Je leur dis] « Qu'est-ce que vous offrez ? Vous dites que ce conflit doit être résolu ». L'Azerbaïdjan qu'il l'a résolu, tout seul. Malgré toute la pression. Ils devraient donc apporter une proposition. De quoi se sont-ils occupés ? J'ai exprimé mes propres idées. Le reste est de leur responsabilité.

- Après la situation établie dans la région, une déclaration a été signée entre l'Azerbaïdjan, l'Arménie et la Russie. Êtes-vous satisfait de la mise en œuvre de l'énoncé en 9 points ? A-t-il été suffisamment mis en œuvre au cours de l'année écoulée ? Que manque-t-il dans l'application de ces points ?

- Je suis globalement satisfait. Parce que les principaux problèmes là-bas ont été résolus. En signant cette déclaration, l'Arménie a pris des engagements. Elle s'est conformée à ces obligations. L'accomplissement de ces obligations s'est réalisé immédiatement après la guerre. Le retrait des forces arméniennes des zones encore occupées à cette époque y était clairement indiqué.

Les provinces d'Aghdam, Kelbajar et Latchine nous ont été rendues dans les 20 jours suivant la fin de la guerre. À l'époque, l'Arménie a abordé cette question de manière très responsable. Pourquoi. Parce qu'ils avaient peur. Car il savait que s'il n'avait pas signé cette déclaration le 10 novembre, leur situation aurait pu être pire. Ils n'avaient aucunement la force pour nous arrêter. Pendant la guerre, je me suis adressé à plusieurs reprises au peuple azerbaïdjanais et j'ai dit que l'Arménie devrait nous donner une date et un calendrier. « Quand quitte-t-elle notre terre ? Nous sommes prêts à arrêter la guerre immédiatement. ». Cette date nous a été donnée le 9 novembre. L'Arménie a signé la capitulation et le 10 novembre la guerre s'est arrêtée. Par conséquent, la solution à ces questions importantes découle de la peur de l'Arménie. Ce qui est arrivé ensuite. Les forces de paix sont arrivées. Un certain temps est passé puis la mise en œuvre de la résolution des problèmes restants s'est arrêtée. Il est clairement indiqué [dans l'accord tripartite] que les forces armées arméniennes doivent être complètement retirées de notre territoire. Mais est-ce cela que l'on voit aujourd'hui ? Non. Au contraire, 15 à 20 jours après la fin de la guerre, un groupe de sabotage a été envoyé d'Arménie vers les terres libérées du corridor de Latchine, la région sous la responsabilité des forces de paix, un groupe de 62 personnes. Ceci est en totale contradiction avec la déclaration du 10 novembre. L'armée azerbaïdjanaise les a maîtrisés et ils ont été arrêtés. Maintenant, ils les appellent prisonniers de guerre. Mais référez-vous aux conventions internationales. Qui est appelé prisonnier de guerre ? Ce ne sont pas des prisonniers de guerre. La guerre est finie, la déclaration du 10 novembre est signée. Tout soldat envoyé après cela doit être identifié comme membre du groupe de sabotage. Ce problème n'a pas été résolu. C'est une question très importante et nous insistons pour qu'elle soit résolue. Trouver la solution complète à ce problème partiellement résolu.

L'autre problème est l'ouverture des corridors [terrestres, nationaux, bilatéraux et internationaux] La déclaration signée dans la nuit du 9 au 10 novembre stipule clairement qu'une connexion doit être établie entre la partie principale de l'Azerbaïdjan et la République autonome de Nakhitchevan. Ce lien est-il établi ? Non. Il ne faut pas beaucoup de temps pour établir cette connexion. La distance routière ici est de 40 kilomètres au total. Nous avons, à l'heure actuelle, construit plus d'un millier de kilomètres de routes en un an après la guerre, à la fois des routes de terre et des routes asphaltées. L'ouverture de 40 kilomètres de route n'est pas un gros problème. Mais malgré cela-même, l'Arménie n'y consent pas. Les négociations sont infructueuses. L'Arménie viole gravement les termes de la déclaration du 10 novembre. Nous sommes patients pour le moment. Nous agissons avec prudence. Mais notre patience a aussi des limites. La seconde guerre du Karabakh a montré ce qu'il se passe lorsque notre patience s'épuise. Par conséquent, nous donnons une chance à l'administration arménienne pour qu'elle remplisse toutes les conditions de la déclaration du 10 novembre et agisse de manière responsable.

- Le contrôle du corridor de Latchine est assuré par les forces russes temporaires présents dans cette région. Quel type de réactions obtenez-vous lorsque vous faites part à Moscou de vos plaintes concernant les activités des groupes de sabotage et ces réactions se reflètent-elles dans la région ?

- Bien sûr, nous exprimons nos plaintes à la Russie au sujet de ces situations. Nous énonçons nos réclamations légitimes. Mais lorsque le groupe de sabotage s'était infiltré, les forces de paix russes n'étaient pas encore pleinement installées. Car le 10 novembre, la guerre s'est terminée. Après cela, il a fallu un certain temps aux forces russes, environ 2 000 soldats pour s'y installer. Il y avait beaucoup de lacunes. Nous devons, ici, être justes. Ils n'avaient pas encore pris le contrôle total de cette zone. Les Arméniens, profitant de cette opportunité, se sont infiltrés dans nos terres libérées.

Mais en général, je peux évaluer positivement l'activité de la force russe de maintien de la paix. Bien sûr, il y a des problèmes dont nous ne sommes évidemment pas satisfaits, nous exprimons aussi des plaintes. En premier lieu, elles sont liées à nos terres et à des visites illégales de citoyens étrangers.

Nous avons soulevé cette question à plusieurs reprises. Parce que le Karabakh est notre territoire. Aucun citoyen ou véhicule étranger ne peut pénétrer dans ces zones sans notre autorisation. L'autorisation doit être obtenue de notre part. Mais je peux vous dire exactement, que ce n'est pas résolu à cent pour cent, ce n'est pas encore résolu. Cependant, je dois dire que l'infiltration illégale de citoyens étrangers au Karabakh est très rare. Nous devons également le souligner. En raison de notre politique et de notre insistance, ce processus touche maintenant à sa fin. Mais bien sûr, nous souhaitons que notre souveraineté et notre intégrité territoriale soient pleinement respectées. En fait, de hauts responsables russes déclarent que le Karabakh est un territoire azerbaïdjanais. Ainsi, les militaires qui y servent devraient également exercer leurs activités conformément à ces déclarations.

- Récemment, il y a eu une rencontre entre les ministres de la Défense de l'Arménie et de la Russie. Après cette réunion, il a été déclaré que « le processus d'armement de l'Arménie a recommencé ». Que vous fait penser cette déclaration ? Comment ce processus d'armement affecte-t-il la région ? Une armée arménienne détruite va maintenant essayer de se relever de sa défaite avec des armes russes. J'aimerais avoir votre avis à ce sujet.

- Lorsque nous avons entendu parler de ce problème, nous avons immédiatement posé des questions à la partie russe et nous avons déclaré que nous nous intéressions à ce problème. Cependant, nous avons été informés que cette déclaration publiée dans la presse arménienne ne reflète pas la vérité. Le ministre russe de la Défense n'a pas prononcé de tels propos. C'est l'acte horrible de la propagande arménienne. Aucun mot de ce genre n'a été prononcé. Nous avons été officiellement informés qu'un tel plan n'existe pas. Concernant l'armement gratuit de l'armée arménienne, nous avons reçu une réponse suffisante de la Russie. Nous avons retiré cette question de l'ordre du jour. Cela montre que l'Arménie n'a pas renoncé à ses actes répréhensibles.

Tout d'abord, ce mensonge est une très grosse erreur. Si vous répandez des paroles que le ministre russe de la Défense n'a pas dites, c'est pour le moins irresponsable, c'est une provocation. Deuxièmement, nous l'avons vu plusieurs fois pendant l'occupation, nous l'avons vu également après l'occupation. Le lobby arménien opérant en Arménie et en Russie œuvre chaque jour pour créer une fissure dans les relations entre la Russie et l'Azerbaïdjan. Tous les jours, régulièrement. Leur travail quotidien est de diffamer l'Azerbaïdjan, de créer une image négative de l'Azerbaïdjan dans la presse russe, de jeter une ombre sur les relations entre la Russie et l'Azerbaïdjan. Ils pensent qu'ainsi les forces vengeresses pourraient se soulever à nouveau et nous faire la guerre. Mais ils ont tort. Premièrement, les interactions russo-azerbaïdjanaises sont suffisamment élevées et nous discutons ouvertement de toutes les questions. Au niveau des présidents, au niveau des ministres de la défense, au niveau des ministres des Affaires étrangères. Nous nous mettons immédiatement en contact et résolvons tout problème qui dérange une partie. Aujourd'hui, je peux dire que dans les relations russo-azerbaïdjanaises, il n'y a aucun problème lié à la résolution d'un problème urgent. Parce que ces relations sont assez positives. Ces efforts de propagande de l'Arménie ne leur apporteront pas de réussite. La Russie comprend notre préoccupation concernant le réarmement de l'Arménie.

- De temps en temps, diverses opinions et déclarations sont exprimées par les forces armées et les politiciens arméniens. Alors que le ministère de la Défense fait telles ou telles déclarations, le Premier ministre Pashinyan déclare qu'il souhaite rencontrer les dirigeants de la Turquie. Il l'a répété plusieurs fois au cours des dernières semaines. Comment évaluez-vous les propos de Pashinyan ? De plus, cette pensée est-elle suffisante pour la Turquie et l'Azerbaïdjan ? En d'autres termes, l'Arménie a-t-elle des obligations qu'elle doit remplir afin d'établir le contact ?

- Vous savez, avant la guerre et pendant la guerre, il y avait tant de déclarations contradictoires et fausses de la part des dirigeants arméniens que leur nombre est incalculable. Maintenant, nous pourrions montrer de tels exemples pendant des heures. Pendant que nous libérions des villes et des villages, ils rapportaient qu'ils avaient réoccupé nos villes. Lorsque nous avons hissé nos drapeaux dans nos villes libérées, ils l'ont nié. En d'autres termes, c'est leur mentalité que d'exprimer l'exact opposé de la réalité. Donc, quand ils font une déclaration, pour être honnête, nous ne la prenons pas au sérieux.

Quant à la normalisation des relations arméno-turques, nous voulons bien sûr la paix dans toute la région. Je pense que la plate-forme 3+3 proposée par le président Recep Tayyip Erdoğan sera le meilleur moyen d'y parvenir. Mais l'Arménie ne l'accepte pas encore. Maintenant, c'est le président de la Turquie qui l'exprime. L'Arménie a une opportunité. Et l'Azerbaïdjan l'a soutenue, la Russie l'a soutenue, l'Iran l'a soutenue, l'Arménie s'y oppose. L'Arménie, qui s'y oppose, déclare désormais vouloir normaliser ses relations avec la Turquie. Si vous souhaitez normaliser, répondez d'abord positivement à cette suggestion. Sinon, il y a là encore une contradiction. Il y a malentendu. Bien sûr, il sera plus facile d'analyser si les déclarations officielles faites par l'Arménie se réconcilient avec la vraie politique. Vous savez aussi bien qu'il y a une revendication territoriale à l'encontre de la Turquie dans la Constitution de l'Arménie. Ils devraient y renoncer. Premièrement, ils doivent réétudier et faire accepter leur constitution. Comment un pays impuissant et complètement détruit comme l'Arménie peut-il revendiquer un territoire contre un pays géant comme la Turquie ? C'est quelque chose comme une maladie mentale. Ils devraient donc y renoncer. Ils devraient abandonner leurs revendications contre l'Azerbaïdjan. Ils devraient normaliser leurs relations avec l'Azerbaïdjan et je suis sûr que la partie turque est toujours favorable à la paix et à une large coopération dans la région. Il en est ainsi aujourd'hui. Il y a des signaux très positifs en provenance de Turquie. Mais en Arménie, cela doit être évalué correctement. Mais malheureusement, les signaux positifs donnés par l'Azerbaïdjan au cours des 2 années précédant la guerre et la 2e guerre du Karabakh y ont été mal compris. Comme une faiblesse, comme une fragilité, alors que nous ne voulions pas que du sang soit versé. Nous connaissions notre force. Nous savions que nous pouvions résoudre le problème par la force. L'Arménie, en revanche, n'y croyait pas. Il n'est pas trop tard maintenant. Ils doivent saisir correctement la réalité nouvellement formée, faire des pas en fonction de cette réalité, y trouver sa propre place en regardant la carte, s'il peut la trouver, c'est un point du processus et il faudra faire des pas en conséquence. Dans ce cas, une coopération à grande échelle dans la région peut être possible.

- Quelque chose me vient à l'esprit ici. Quel genre de pouvoir peut se trouver derrière l'Arménie, qui n'accorde pas d'importance aux exigences et aux relations des pays de sa région, ou que prévoient-ils pour essayer de mettre en œuvre de telles décisions ?

- Je ne peux pas dire ça. Les politologues et analystes qui s'intéressent au sujet peuvent toujours le dire. Mais je peux dire d'après mon expérience que beaucoup de leurs étapes d'action sont des étapes irrationnelles. Autrement dit, c'est une approche loin de la réalité, fondée sur toute une mythologie de rêves et de désirs non réalisés. Il est très difficile d'analyser cela correctement dans le monde politique. En tout cas, l'analyse serait plus précise si elle était d'ordre médical.

Vous venez d'évoquer la coopération régionale. Vous et le président Erdoğan avez parlé de la mise en place d'une plate-forme de coopération à 6 dont vous parlez constamment. L'Iran est également mentionné dans cette plateforme. Cependant, récemment, des images sont apparues montrant que des camions d'Iran se rendaient en Arménie, à Khankendi, et vous avez également exprimé votre plainte à propos de ce problème. Immédiatement après, ont été partagées les images d'exercices de soldats iraniens à la frontière iranienne. J'aimerais avoir votre avis sur ce sujet. Était-ce momentané ou était-ce un message planifié et spécifique ?

Ce n'est pas la première fois que des camions iraniens se rendent illégalement dans la région du Karabakh. C'est quelque chose qui s'est produit à plusieurs reprises pendant la période d'occupation. Nous sommes informés de cela. Mais il n'y avait, bien sûr, aucune information claire comme maintenant. Dans cette optique, nous exprimions notre mécontentement du côté iranien par divers canaux. Mais ce processus s'est poursuivi. Après la fin de la guerre, le couloir de Latchine est maintenant sous nos yeux. La distance entre nos positions militaires et la route menant à Khankendi est peut-être de 5 à 6 mètres. Nous avons suffisamment d'installations techniques le long du corridor de Latchine, ainsi qu'autour de Choucha et d'autres régions. Il y a des caméras. Nous utilisons le satellite, nous utilisons les drones. On a vu que les camions continuent d'y aller après la guerre.

C'est pourquoi j'ai demandé aux employés du bureau présidentiel de parler à l'ambassadeur iranien en Azerbaïdjan. Nous ne voulions pas l'officialiser. « Laissez-les parler amicalement et dire qu'il faut arrêter. C'est irrespectueux envers nous. C'est irrespectueux pour l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan, il faut y mettre un terme ». Cette conversation a eu lieu en juillet si je ne me trompe pas. Après cela, bien sûr, nous avons suivi le dossier, et au début de chaque mois, nous accumulons des informations indiquant combien de camions sont sortis, combien de camions sont entrés, ce qu'ils ont apporté, ce qu'ils ont emporté. Nous avons toutes les informations jusqu'à leurs plaques d'immatriculation. Ceux-ci ont été présentés dans la presse. Mais alors, qu'ont-ils fait ? Ils ont essayé de coller des plaques arméniennes sur des camions iraniens. C'est comme ça qu'ils ont planifié l'arnaque. Ils ont essayé de nous piéger. Ils ont fait un travail si maladroit qu'il y a des inscriptions persanes sur le pétrolier au-dessus du véhicule et des plaques arméniennes en dessous. Autant vous dire qu'ils ont aussi collé les mêmes plaques sur plusieurs véhicules. Cela a été fait de manière si désordonnée. Cela montre qu'ils veulent continuer ce processus mais le couvrir. Dans cette situation, après un mois, nous avons maintenant officiellement publié une note diplomatique, l'ambassadeur iranien en Azerbaïdjan a été invité au ministère des Affaires étrangères. Des plaintes lui ont été signalées et il lui a été demandé de mettre fin à cette situation. C'était à la mi-août. Nous espérions que cela se terminerait. Cependant, entre le 11 août et le 11 septembre, environ 60 camions iraniens se sont rendus illégalement au Karabakh. Pour éviter cela, nous avons maintenant pris des mesures pratiques. Notre comportement et nos actions sont responsables et basés sur des relations amicales. Avertissement verbal pour la première fois, note officielle pour la deuxième fois, points de contrôle pour la troisième fois, douanes, frontière, police. Ainsi, nous avons commencé à contrôler la route traversant le territoire azerbaïdjanais, puis le nombre de TIR allant au Karabakh est tombé à 0. Voyez-vous ? Était-ce nécessaire d'arriver ici ? Au total, 25 000 personnes vivent dans la région du Karabakh sous le contrôle de la force russe de maintien de la paix. Ce marché est-il si important ? Ce commerce est-il si important que vous manquez ouvertement de respect au pays que vous considérez comme un ami et un frère ? Bien entendu, nous avons usé de tous les moyens déterminés par les conventions internationales et le droit international. S'il s'agit d'un camion, certains disent que nous ne percevons que les droits de douane sur les véhicules iraniens. Ce n'est pas ainsi. Des véhicules géorgiens y passent également, de l'Iran à la Géorgie. Ils devraient également payer pour cela. Maintenant, quand nous allons dans un pays étranger, payons-nous des droits de douane ? S'ils utilisent les terres azerbaïdjanaises, ils devraient payer des taxes. C'est un côté du problème.

Quant à l'exercice militaire qui s'est tenu près de notre frontière, c'est un événement très surprenant. Parce que de tels événements ne se sont pas produits pendant la période de 30 ans d'indépendance. Tout d'abord, je dois dire que chaque pays peut mener n'importe quel exercice militaire qu'il veut sur son propre territoire. C'est son droit souverain. Personne ne peut débattre sur cela. Mais lorsque nous analysons cela dans un laps de temps, nous voyons que cela ne s'est jamais produit. Pourquoi maintenant et pourquoi à notre frontière ? Ces questions ne sont pas posées par moi, mais par la société azerbaïdjanaise. Cette question est posée par les Azerbaïdjanais du monde entier. Une question est également posée de savoir pourquoi il n'y a pas eu d'exercices dans cette région pendant la période d'occupation. Pourquoi les exercices n'ont-ils pas eu lieu lorsque les Arméniens étaient à Jebrayil, Zangilan et Fizuli ? Pourquoi font-ils cela après que nous avons libéré ces terres et mis fin à 30 ans de captivité et d'occupation ? Ces questions sont des questions légitimes. Bien sûr, nous ne voulons rien qui puisse nuire à la coopération à long terme dans la région. Je voudrais dire une fois de plus que l'Azerbaïdjan se comporte ici aussi de manière très responsable et mesurée. J'espère que les réactions émotionnelles à nos démarches légitimes sont temporaires.

- En parlant de problèmes de transport, le corridor de Zanguézour est-il une condition pour que l'Arménie commence à normaliser ses relations ?

- Bien sûr, c'est une condition. Parce que c'est indiqué dans la déclaration du 10 novembre. L'Arménie a pris cette obligation. Si elle ne remplit pas cette obligation, alors quelle normalisation peut avoir lieu ? Deuxièmement, je reviens à mes pensées précédentes. L'Arménie devrait analyser très précisément la période d'après-guerre. Maintenant, la situation est complètement différente. La situation actuelle montre clairement le rapport des forces. Pendant la période d'occupation, nous savions quelles opportunités nous et l'armée arménienne avions. Nous savions depuis longtemps que nous avions fait pencher la balance en notre faveur. Maintenant, le monde entier le voit. Par conséquent, dans la situation actuelle, je pense que l'Arménie devrait faire plus d'efforts pour normaliser ses relations avec l'Azerbaïdjan. Parce que c'est important pour eux. On peut vivre sans. Comme nous avons vécu auparavant, nous vivons ainsi maintenant et nous vivrons mieux parce que nous avons regagné cette grande terre. Nous sommes retournés dans notre propre pays. Leur état s'est aggravé.

Par conséquent, c'est un très mauvais pas d'être toujours en conflit, de planifier des relations avec des voisins sur la base d'une fausse histoire. Tout d'abord, l'Arménie devrait être disposée à normaliser ses relations avec la Turquie. Dans le même temps, elle devrait normaliser les relations avec l'Azerbaïdjan. Qu'elle définisse ses frontières avec la Turquie et l'Azerbaïdjan. Ils devraient être plus disposés à faire ce travail que nous. Car si ce n'est pas le cas, alors il n'y a pas de frontière. Maintenant, certains politiciens arméniens et étrangers nous accusent d'occuper les terres arméniennes. D'abord, c'est un mensonge. Deuxièmement, pourquoi n'avez-vous pas élevé la voix lorsque l'Arménie nous a envahis ? Pourquoi fermiez-vous les yeux ? Pendant 30 ans, non seulement l'occupation, mais aussi tous nos monuments historiques et religieux ont été détruits. Tous les bâtiments ont été détruits. Vous n'avez pas vu tout ça ? Les coprésidents du groupe de Minsk y sont allés à plusieurs reprises. Ils étaient à Aghdam, Kelbajar, Fizuli et Jebrayil. N'ont-ils pas vu ? Au cours de la période d'occupation de 30 ans, seulement 2 missions d'enquête ont été envoyées et ont émis un rapport. Tous les crimes commis par les Arméniens ont été mentionnés dans ce rapport. La dernière mission a eu lieu il y a près de 10 ans. Nous avons demandé à plusieurs reprises aux coprésidents du groupe de Minsk de renvoyer des missions. Ils se rendaient compte de la colonisation qui s'opérait. Des Arméniens ont été amenés de Syrie, du Liban et d'autres pays et s'y sont installés. C'est un crime de guerre. Selon toutes les conventions internationales, il s'agit d'un crime de guerre. Ceux qui n'ont pas vu ces actions pendant 30 ans et voient maintenant des actions qui n'existent pas sont, bien sûr, soit aveugles, soit hypocrites.

Nous sommes revenus dans notre patrie ancestrale. Nous n'y étions pas pendant 30 ans. Si l'Arménie dit que la frontière passe là-bas, pourquoi n'y avait-il personne ? Si c'est la frontière, viens garder la frontière. Nous sommes venus, nous nous sommes installés dans ces montagnes, et selon nos cartes, nous nous sommes installés dans nos propres terres. Si l'Arménie pense différemment, laissons-la s'asseoir à la table, discutons-en, négocions. Cela prend un an, cela prendra 5 ans, cela prendra 30 ans, qui sait. Encore une fois, je reviens sur ce sujet, l'Arménie devrait comprendre la réalité d'aujourd'hui concernant les frontières. Elle devrait bientôt accepter nos conditions et résoudre ce problème afin que chacun sache où est sa frontière.

- Est-il possible à court terme pour vous, M. Poutine et Pashinyan de vous réunir pour parler des problèmes actuels dans la région ?

- Nous avions tenu une réunion tripartite une fois. Plus tôt cette année, une réunion tripartite s'est tenue à Moscou en janvier. Lors de cette réunion, les questions liées à l'après-guerre ont été abordées, car seulement 2 mois s'étaient écoulés depuis la fin de la guerre. Après, il n'y a pas eu de réunion tripartite au niveau des présidents. Cependant, un groupe de travail a été constitué au niveau des vice-premiers ministres. Dans ce groupe, des travaux ont été menés sur l'ouverture du corridor de Zanguézour, mais début juin, l'Arménie a mis fin à sa participation à ce groupe en raison des élections. L'élection s'est tenue en juin et, à la mi-août, ce groupe s'est à nouveau réuni. Ils se retrouveront le mois prochain. Je pense que ce groupe est un format important car bien qu'il n'y ait pas encore de conclusion, il y a un contact. Le contact est un outil nécessaire dans la situation actuelle et de nombreux problèmes peuvent être résolus à travers ces contacts.

Nous avons commencé des études à grande échelle pour la création du corridor de Zanguézour en Azerbaïdjan. Des chemins de fer et des autoroutes sont en cours de construction à Zangilan, des aéroports sont en cours de construction. Par conséquent, je pense que nous terminerons les travaux sur notre propre terrain d'ici 2 ans car le volume des travaux ici est très important. La longueur du chemin de fer et de la route sur le territoire de l'Arménie est de 40 kilomètres. Cela peut être fait en 1 à 1,5 ans. On s'y attend.

- Vous avez réalisé de très grands projets dans les terres libérées de l'occupation avant même un an. Par exemple, l'aéroport de Fizuli est devenu un projet où les avions décollent et atterrissent désormais un an seulement après le conflit. De même pour les autoroutes. Vous avez posé les fondations des autoroutes jusqu'à la frontière arménienne. Ce travail avance. Vous faites de grands projets à cet égard. Que pouvez-vous dire de l'avenir de ces projets et des Arméniens qui vivent dans la région ?

- Vous avez tout à fait raison. Nous n'avons pas perdu de temps, dès la fin de la guerre, nous sommes passés à l'action. Cela a montré la puissance de notre État. Parce que l'argent seul ne suffit pas pour réaliser ces œuvres. Il doit y avoir des ressources, du personnel, de l'équipe, des possibilités techniques, des compétences. Nous avons mobilisé toutes les forces. Nous mettrons fin aux problèmes électriques d'ici la fin de l'année. L'électricité sera fournie à toute la zone. La construction des routes se poursuit.

Nous le faisons d'abord et avant tout pour nos propres citoyens afin que nous puissions reconstruire cette région et permettre aux anciens réfugiés d'y retourner bientôt. Maintenant, le premier projet de village pilote sera prêt dans la province de Zangilan d'ici la fin de l'année ou au début de l'année prochaine. Les Arméniens vivant au Karabakh le voient aussi. Parce qu'ils regardent nos télévisions et écoutent nos radios. Ici, ils voient quel travail est fait. Ce n'est pas une coïncidence si des personnes du peuple arménien sont venues à nos positions militaires à Choucha et ont demandé à être des emplois. Elles étaient au chômage là-bas. Elles sont dans un état de chômage, de misère et de désespoir. Nous abordons cela de façon positive. Mais le côté juridique doit être entièrement réglé. Nous acceptons les Arméniens qui y vivent comme nos propres citoyens. Ils vivent sur le sol azerbaïdjanais. Le Karabakh a toujours été un territoire azerbaïdjanais. Ce fut le cas pendant la période soviétique, la période précédente et la période d'occupation. Nous les considérons comme des citoyens azerbaïdjanais. Ils n'ont qu'à l'accepter. Ils devraient se débarrasser de cette propagande arménienne. Ils doivent assurer leur propre avenir, l'avenir de leurs enfants. Nous sommes prêts à leur permettre de prendre part aux travaux. Pourquoi pas? Nous regardons l'avenir d'un point de vue stratégique à travers le prisme de la paix. Parce que je ne veux plus de guerre. Si des courants vengeurs ne s'élèvent pas du côté arménien, nous ne recommencerons pas une guerre. Si nous voyons une menace contre nous en Arménie, nous nous devons de détruire cette menace. C'est notre droit légitime. Mais s'il n'y avait pas une telle menace, nous n'avons aucune raison de penser ainsi.

25 000 Arméniens vivant au Karabakh peuvent également participer aux travaux de construction et de reconstruction. En même temps, nous leur offrons des opportunités dans les villages, où ils vivront à l'avenir. Nos projets pour le Karabakh et le Zanguézour-Oriental sont à l'étude. Le plan directeur de la ville d'Aghdam a été approuvé. Dans un avenir proche, les schémas directeurs des villes de Jebrayil, de Fizuli et de leurs provinces, seront approuvés. Cela montre notre force et nous pouvons faire de même dans les villages où vivent des Arméniens au Karabakh. J'ai fait des dizaines de visites dans les régions après la victoire. Le spectacle que j'ai rencontré dans certains des villages où vivaient des Arméniens m'a étonné. C'est une situation inhumaine. Dans certains villages, les maisons sont en cours d'analyse. 95 % des maisons sont croupissantes. Personne ne peut donc y vivre. Elles doivent être détruites. Une société qui vit dans un état aussi honteux depuis 30 ans veut pouvoir enfin voir le jour. La lumière ne viendra que d'Azerbaïdjan. Il faut comprendre que ce n'est pas si facile pour eux non plus. La situation psychologique doit également être prise en compte ici. Mais nous faisons preuve de bonne volonté et espérons qu'ils comprendront que leur avenir heureux et prospère ne dépend que de l'État azerbaïdjanais.

- Que pensez-vous de l'avenir des relations entre la Turquie et l'Azerbaïdjan ?

- M. le Président Recep Tayyip Erdoğan, depuis les hautes plateformes internationales, a partagé des informations détaillées sur la juste cause de l'Azerbaïdjan au cours des années précédentes. Cela a toujours été le problème numéro un parmi ses sujets liés à la politique étrangère. Cette fois, après la victoire, nous sommes heureux qu'il ait prononcé ces mots là-bas (à la 76e Assemblée générale des Nations Unies). Cela montre une fois de plus que Recep Tayyip Erdogan est toujours avec l'Azerbaïdjan.

Dès les premières heures de la guerre, il a déclaré que l'Azerbaïdjan n'était pas seul, que la Turquie était aux côtés de l'Azerbaïdjan, et cela nous a donné une force supplémentaire, une force spirituelle. Vous savez combien la Turquie est proche et fraternelle pour l'Azerbaïdjan et l'Azerbaïdjan pour la Turquie. Depuis 10 ans, nous avons parcouru un long chemin et maximisé nos relations. J'ai souligné qu'il n'y a pas un tel autre exemple de coopération, d'amitié et de fraternité dans le monde. J'ai aussi dit qu'il y a beaucoup de pays avec les mêmes histoires, origines ethniques et langues, mais combien de conflits, de méfiance et de problèmes existent entre eux. Les racines ethniques, religieuses et culturelles ne signifient pas que ces pays deviendront des pays frères. De tels exemples abondent. Tant au Moyen-Orient que dans l'espace post-soviétique. C'est notre mission spéciale, de construire un si beau foyer de relations sur une base historique et culturelle très solide, à M. le président Recep Tayyip Erdogan et à votre dévoué. Je dois être sans humilité ici, c'est la vérité. La deuxième guerre du Karabakh l'a encore montré. En étant avec nous, la Turquie a donné un message au monde entier : « N'intervenez pas, n'intervenez pas, l'Azerbaïdjan est sur la bonne voie. Si vous vous en mêlez, si vous vous en mêlez, vous verrez la Turquie. Bien sûr, c'était un immense avantage.

Après la 2e guerre du Karabakh, nos relations ont atteint des niveaux encore plus élevés. Après la fin de la guerre, j'ai invité l'Honorable Président à Choucha. J'ai dit que personne d'autres pays n'irait à Choucha jusqu'à ce qu'il vienne à Choucha. Il y avait même ceux qui venaient de Turquie, ils voulaient y aller. Je leur ai dit « merci mais attendez. Laissez mon frère venir à Choucha, alors vous serez libres d'y aller également »

La signature de la Déclaration de Choucha a élevé nos relations à un niveau supérieur. Avec la déclaration de Choucha, nous avons élevé nos relations « de facto » au niveau « de jure », au niveau d'alliance. Nous étions déjà en relations d'alliance dans tous les domaines. Mais nous l'avons officialisé. C'est une voie à suivre pour nos activités futures. Nous prendrons ce chemin. Je pense que les relations qui se renforcent de jour en jour, la multiplication des projets communs, notre solidarité et notre fraternité sont un modèle pour tous nos voisins. Si tous nos voisins avaient établi leurs relations comme la Turquie et l'Azerbaïdjan, alors il n'y aurait pas de guerre dans le monde.

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