MEMOIRE SANGLANTE


Un article sur le génocide de Khodjaly a été publié sur un site web du Vatican

Le Vatican, 28 février, AZERTAC

Un article intitulé « Restez humain. Trente ans après le massacre de Khodjaly. Réflexion de l’ambassadeur d’Azerbaïdjan près le Saint-Siège, Rahman Mustafayev » est paru sur le site web « Place ST Pierre » du Vatican.

L’AZERTAC présente le texte intégral de cet article.

« Cette année, le 26 février, Azerbaïdjan commémore le 30-e anniversaire de plus tragique évènement de son histoire moderne. Il y a 30 ans, dans la nuit du 25 au 26 février 1992, les forces armées arméniennes ont attaqué la ville de Khodjaly, qui abritait environ sept mille d’habitants, et y ont commis des crimes de masse contre les civils azerbaïdjanais. Les habitants, ceux qui ont voulu échapper à l`assaut, ont été tués avec une particulière cruauté dans les embuscades que les militaires arméniens leur avaient tendues sur les routes et dans les forêts. Par conséquent, les forces armées arméniennes ont massacré sans la moindre pitié 613 civils, parmi lesquels 106 femmes, 63 enfants et 70 vieillards. Pendant ces événements, 1275 personnes ont été prises en otage. Parmi les captifs le sort de 150 personnes est inconnu jusqu’à présent.

De plus, les militaires arméniens non contents d’avoir tué, se livraient à des actes de barbarie sur les cadavres de civils tués. Beaucoup de corps, y compris des corps de femmes et d’enfants, portaient des blessures à l’arme blanche, certains des brûlures.

Khodjaly est l’un des rares cas de l’Histoire où l’auteur lui-même reconnaît son implication directe et sa responsabilité dans le crime perpétré à l’égard de civils. L’ancien président de l’Arménie, Serge Sarkissian lui-même, a ouvertement reconnu le rôle de l’armée arménienne dans ce crime. Lors d’un entretien avec le journaliste britannique Thomas de Waal, qui l’a ensuite publié dans un livre en 2003, il déclare: « Avant Khodjaly, les Azerbaïdjanais pensaient que des Arméniens ne lèveraient pas la main sur les civils. Mais nous avons réussi à briser cette croyance ». Une telle déclaration a valeur d’aveux irréfutables.

Mais comment cette tragédie a-t-elle été rendue possible ? D’une part, elle était le résultat logique de la politique et l’idéologie basée sur la xénophobie et le nationalisme agressif. D’autre part, tous les crimes de guerre commis contre le peuple azerbaïdjanais, perpétrés depuis le début de XX siècle, sont restés impunis. Impunis parce que totalement ignorés de la communauté internationale, jusqu’à ce jour d’ailleurs.

Pour cette raison, en mai 2008, la campagne « Justice pour Khodjaly » a été lancée pour informer et initier une prise de conscience de la communauté internationale sur cette tragédie. Il s’agit désormais de faire condamner ces crimes contre les civils azerbaïdjanais et d’obtenir des évaluations politiques et juridiques de ces événements de la part des gouvernements et des parlements des pays du monde.

Ainsi, l’ampleur et la nature des crimes commis contre la population civile azerbaïdjanaise, ont conduit les parlements de 15 pays, dans les années 2010-2021, ainsi que 24 Etats américains à condamner ces événements en les qualifiant de «carnage massif» et « crime contre l’humanité». Les crimes perpétrés par le pouvoir arménien à l’encontre du peuple azerbaïdjanais sont également condamnés par l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe. Le 26 janvier 2012 cette Assemblée a même adopté une déclaration condamnant le génocide de Khodjaly et a exhorté d’autres organisations internationales à qualifier à leur tour juridiquement ces événements.

Cette initiative n’est pas l’appel à la vengeance. Au contraire, elle a pour objectif de parvenir à une justice pour les victimes. Parce que la paix ce n’est pas l’absence de guerre, c’est avant tout la présence de justice. Sans justice pour nos morts, la paix reste donc en suspens.

Cette campagne internationale vise aussi à honorer la mémoire de tous les innocents morts et torturés. Cette démarche a valeur d’exemple pour tous les peuples du monde car de tels crimes ne doivent pas rester impunis. Que des tragédies comme celles de Khodjaly ne se répètent plus.

Aussi, puis-je légitimement espérer que le Saint Siege ne renonce pas à donner une juste qualification à ces crimes atroces perpétrés dans Khodjaly et à honorer la mémoire des victimes civiles innocentes. Nous comptons sur le soutien moral du Saint Siege, qui depuis toujours se distingue par une forte conscience de la dignité humaine et de la valeur unique de chaque vie.

Aujourd’hui, les droits de l’homme sont une préoccupation permanente dans la gestion politique et diplomatique de nombreux pays. Nos morts n’ont pu bénéficier de ces droits pourtant élémentaires, et nous ne pouvons aujourd’hui que leur rendre hommage, honorer leur mémoire.

Comme l’a si bien écrit Henri-Frédéric Amiel (le 19 juin 1851), écrivain francophone célèbre d’origine suisse, « La mémoire fait partie de notre être: oublier, c’est mutiler son âme, c’est dessécher son cœur ; oublier c’est cesser d’être homme. »

Mais nous, nous tous, il nous appartient de rester « homme ». »

 

 

© Pour l’utilisation il faut se référer avec les liens hypertextes
Si le texte contient des fautes, ayez la bonté d’en sélectionner pour nous envoyer en appuyant sur les touches ctrl + enter

COORDONNÉES DE L’AUTEUR

Remplissez les cases marquées d’un astérisque (*)

Veuillez saisir les lettres affichées sur l’image
Les lettres peuvent être écrites en majuscules ou minuscules