POLITIQUE


Karim Ifrak : L’Azerbaïdjan ou lorsque la stabilité politique se veut les fondements de la prospérité économique

Paris, 17 mai, AZERTAC

Le site français Musulmansenfrance a publié un article intitulé « L’Azerbaïdjan ou lorsque la stabilité politique se veut les fondements de la prospérité économique », écrit par Karim Ifrak, Docteur de l’École Pratique des Hautes Études (E.P.H.E), islamologue et spécialiste de géopolitique des mondes musulmans.

L’AZERTAC présente le texte de l’article dans son intégralité.

Pays multiethnique, multiculturel, multilingue et multiconfessionnel, la République d’Azerbaïdjan est certes un pays majoritairement musulman, mais constitutionnellement laïque, garante du bien-être spirituel de tous, sans distinction aucune.

Indépendant suite à l’effondrement du bloc soviétique, en octobre 1991, ce jeune pays, a relevé nombre de défis importants à la fois politique, économique, social et sécuritaire. Une fragilité dont s’attelèrent à tirer profit, promptement, plusieurs de ses voisins au point que certains d’entre eux s’attachèrent à occuper pas moins de 20 % de son territoire national. Une occupation qui allait être jugée illégale par le Conseil de sécurité de l’ONU, avant de la condamner à travers de nombreuses résolutions 822 (1993), 853 (1993), 874 (1993) et 884 (1993), réaffirmant la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’inviolabilité des frontières de la République d’Azerbaïdjan. Raisons pour lesquelles le Conseil de sécurité de l’ONU a alors exigé que toutes les forces d’occupation se retirent immédiatement, complètement et sans conditions, des districts azerbaïdjanais occupés. La suite est bien connue.

Un pays né de la force du pétrole et de beaucoup de volonté

Parti de rien et inconnu de tous, l’Azerbaïdjan a réussi à garantir la prospérité et la sécurité à ses millions de citoyens à travers tout le pays, avant de se hisser, lentement, mais inexorablement, à un niveau de renommée internationale presque inégalé. Au premier trimestre 2007, le PIB de l’Azerbaïdjan a augmenté de 41,7 %, probablement le plus élevé de tous les pays du monde. Naturellement, ces taux ne peuvent pas être maintenus, mais ils ont atteint 26,4 % en 2005 (deuxième plus forte croissance du PIB mondial après la Guinée-Équatoriale) et en 2006 plus de 34,6 % (plus haut niveau mondial). Des performances qui incitèrent le très convoité rapport Doing Business de la Banque mondiale de citer l’Azerbaïdjan comme le principal réformateur. En 2012, l’étude de la mondialisation et du Réseau mondial de recherche sur les villes a classé sa capitale Bakou en tant que ville mondiale de niveau Gamma. C’est pourquoi, en raison de sa performance économique après la dissolution soviétique, l’Azerbaïdjan était appelé à devenir le « Tigre du Caucase », par de nombreux observateurs.

Traversé par des axes routiers d’importance mondiale dont deux reliant les réseaux routiers de l’Europe et de l’Asie, l’Azerbaïdjan s’est évertué à développer de nombreux réseaux nationaux ferroviaires et routiers, à ouvrir des aéroports aux standards internationaux et à constituer une marine marchande énergique. Membre de plus de quarante organisations internationales, dont l’ONU et le Conseil de l’Europe, l’Azerbaïdjan, a su établir, et ce depuis les premières heures de son indépendance, des relations diplomatiques avec plus de 170 pays sur les 193 officiellement reconnus par l’ONU. Certes, les ressources en pétrodollars en sont pour beaucoup dans le développement de cette république, considérée de nos jours comme « la Perle du Caucase », mais elles sont, et de loin, les seules. Une comparaison rapide avec la longue liste des pays producteurs de pétrole à travers le monde, suffira largement à en apporter la preuve.

L’intérêt national avant tout

Conscient de l’importance de cette ressource à la fois rare et précieuse, mais surtout de ses limites, l’Azerbaïdjan n’a eu de cesse de diversifier son économie, en plus d’investir dans de nombreuses économies étrangères. Bon an, mal an, ce ne sont pas moins de deux Milliards d’USD qui sont investis à travers l’Europe, les USA, l’Amérique du Nord et du Sud, l’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique, afin de garantir au pays une prospérité économique durable et positive. Mais c’est surtout en raison de la dégradation de la situation économique survenue en 2015-2016, que la diversification de l’économie nationale est devenue la priorité. En conséquence de quoi, de nombreuses entreprises internationales ont été appelé à s’y installer. Rapidement, l’Azerbaïdjan devint le détenteur de l’investissement étranger le plus élevé par habitant parmi les pays de la Communauté des États indépendants (CEI)1. L’Allemagne par exemple, bien connue par sa grande proximité avec ce pays du Caucase, s’y est implantée avec pas moins de 177 entreprises, contre une quarantaine pour la France.

Conscient de l’importance d’améliorer le climat des affaires afin d’attirer le maximum d’investisseurs étrangers, l’Azerbaïdjan ne recula alors devant aucun sacrifice. Un sacrifice qui allait vite apporter ses fruits, vu que le pays s’est classé 33e parmi 144 pays dans l’Indice de compétitivité mondiale du Forum économique mondial 2014-2015, principalement en ce qui concerne le maintien d’un environnement politique macroéconomique stable au cours des dix dernières années et son environnement macroéconomique dans 9 pays sur 144. Et dans la foulée, le pays a également été désigné comme l’un des 20 premiers pays réformateurs par la CNUCED pour ses efforts en matière d’enregistrement de propriété, de protection des investisseurs minoritaires et d’exécution des contrats. Quant au très convoité classement « Doing Business » de la Banque mondiale, ce dernier classa l’Azerbaïdjan, en 2019, au 25e rang sur 190 pays, avant de chuter au 34e rang en 2020.

Des efforts qui payent certes, surtout qu’ils remontent à loin vu qu’en 2003, l’Azerbaïdjan a rejoint l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (EITI). Un comité inter-agences sur l’EITI a été créé afin de mettre en œuvre les obligations associées à cette initiative. Tenant compte du fait que l’Azerbaïdjan est le premier pays à terminer la validation – le processus d’assurance qualité de l’ITIE, qui vérifie le respect des principes et critères de l’ITIE, le « Prix ITIE 2009 » a été décerné à l’Azerbaïdjan, lors de la 4e Conférence internationale de l’ITIE tenue en février 2009 à Doha, au Qatar. Néanmoins, en mars 2017, l’Azerbaïdjan s’est retiré de l’EITI, au lendemain du Board de l’EITI qui l’avait « suspendu » pour non-conformité avec certains de ses standards. À la suite de ce retrait, le Président Aliyev a publié un décret le 5 avril 2017 sur l’amélioration de la transparence et de la redevabilité dans les industries extractives, dans lequel le pays s’engage à respecter les standards internationaux en termes de transparence et redevabilité. Ce décret prévoit également la création d’une commission sur la transparence dans les industries extractives, présidée par le directeur exécutif de SOFAZ (Fond souverain d’Azerbaïdjan) et composée des vice-Ministres de l’énergie, des impôts, des finances, de l’économie, de l’environnement et du vice-Président du Comité des statistiques.

Une reconnaissance internationale fondée et méritée

Cependant, si le SOFAZ a été choisi pour mener à bien cette opération délicate, c’est par ce qu’en 2007 déjà, le SOFAZ avait remporté le Prix de la fonction publique de l’ONU pour l’amélioration de la transparence, de la responsabilité et de la réactivité dans la fonction publique. Les Prix des Nations unies pour la fonction publique sont la reconnaissance internationale la plus prestigieuse de l’excellence du service public. Créés en 2003, ils récompensent les réalisations créatives et les contributions des institutions de service public à une administration publique plus efficace et plus réactive dans les pays du monde entier. Le SOFAZ est la première agence gouvernementale à recevoir le Prix du service public des Nations unies parmi les institutions gouvernementales d’Europe de l’Est et des pays de la CEI. Une performance atteinte, conservée et garantie grâce au fait que les comptes de cette agence étatique sont audités par des professionnels mondialement reconnus, faisant placer ce fond en tête du classement 2018 du « Linaburg-Maduell transparency index ».

Jouissant donc d’une solide réputation à l’international, l’Azerbaïdjan n’a eu de cesse d’attirer des investisseurs de par le monde. Il s’agit de groupes internationaux originaires des USA, d’Angleterre, d’Allemagne, d’Autriche, d’Italie, de Suisse, de Belgique, de Norvège, de Suède, du Japon, et de bien d’autres encore. Du côté de la France, plus d’une quarantaine de grandes entreprises s’y sont implantées. Alstom, Danone, Lafarge, la Société Générale et Suez, en sont quelques menus exemples. Quant au groupe TOTAL, à ce jour, il y conserve 5 % du capital du consortium international exploitant l’oléoduc reliant Bakou, Tbilissi et Ceyhan (BTC). Et avec la même perspicacité, il prépare le développement du gisement gazier off-shore d’Absheron, et tente de se positionner pour deux autres champs gaziers qui nécessiteront de très gros investissements, Umid et Babek. Quant aux groupe AXA (via sa filiale espagnole) et GROUPAMA (via sa filiale turque), toutes deux ont investi dans des assureurs locaux, respectivement AXA MBASK et BASHAQ INAM.

L’Azerbaïdjan, riche de ses ressources naturelles, mais surtout humaines, sans oublier son histoire immémoriale, avance sereinement, chaque jour, vers une prospérité positive plus grande. Les « mêmes » ont beau tenter d’avilir son image cela ne changera en rien la réalité.

 

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