POLITIQUE


Leyla Abdullayeva : Pour la normalisation des relations, il est indispensable que l’Arménie respecte les engagements pris en 2020

Bakou, 16 août, AZERTAC

Il n’y a pas d’autre choix. Après la libération du Karabagh, presque entièrement détruit par 30 ans d’occupation, l’heure est à la réconciliation et à l’établissement d’une paix durable. L’équilibre de la région, si cruciale, notamment sur le plan de l’approvisionnement en énergie, en dépend. Hélas, depuis 30 ans, les efforts en ce sens menés par l’Azerbaïdjan se sont heurtés à la volonté expansionniste de l’Arménie. Ce refus de la discussion a mené à la guerre de 2020. Aujourd’hui, même si tous les problèmes ne sont pas résolus, loin de là, la voie est ouverte pour une nouvelle ère de paix et de coopération bilatérale, a déclaré Leyla Abdullayeva, porte-parole du Ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères, dans une interview au journal « Musulmansenfrance ».

L’AZERTAC présente l’interview dans son intégralité :

« Concernant la normalisation des relations entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Comme vous le savez, après la seconde guerre du Karabagh qui s’est achevée en novembre 2020, l’Azerbaïdjan a repris le contrôle de ses territoires qui avaient été occupés pendant 30 ans. Nous avons trouvé ces territoires dévastés par toutes ces destructions perpétrées par les Arméniens durant toutes ces années. Bien sûr, on savait cela d’après des photos, mais c’est autre chose que de le voir en vrai.

Le constat était terrifiant : tout avait été détruit : les monuments culturels, les édifices publics. Mais malgré cela l’Azerbaïdjan a tendu à l’Arménie une main d’amitié et de paix. Car, l’Azerbaïdjan n’a jamais cessé de répéter : le seul point de discorde entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie était l’occupation. Dès l’instant où, suite à la guerre, l’occupation a cessé, nous avons dit : Nous sommes prêts à normaliser nos relations avec l’Arménie.

C’est pour cette raison que le Président de l’Azerbaïdjan a été le premier à venir avec une proposition de paix. Naturellement, la volonté politique des deux parties est essentielle et l’Azerbaïdjan a fait la démonstration que notre pays a cette volonté politique par cette main tendue dont j’ai parlé, et également par la présentation d’un accord de paix et par l’initiative que nous avons prise de proposer des principes fondateurs destinés à servir de base aux accords de paix. Nous avons ainsi fait la démonstration de notre sérieux dans notre volonté de normalisation de nos relations. Il y a déjà eu des contacts directs entre des responsables de haut niveau, les premières conversations directes entre les ministres des affaires étrangères des deux pays et même des rencontres personnelles entre les deux ministres à Tbilissi.

La délimitation des frontières est l’une des premières questions à résoudre par des deux parties et l’Azerbaïdjan a décidé de mettre en place une commission à laquelle les deux pays ont participé. Tout cela constitue des éléments positifs dont nous avons pu constater des résultats significatifs. Mais malheureusement, nous devons insister sur le fait que nous ne voulons plus de semblant de négociation comme nous avons connu pendant les 30 dernières années. Si pendant les 30 dernières années, les Arméniens avaient eu réellement l’intention de négocier, on n’aurait pas eu besoin d’une seconde guerre du Karabagh. Malheureusement, l’autre côté a toujours fait semblant d’avoir la volonté de négocier. Maintenant, nous ne voulons plus de tergiversations, mais des résultats tangibles, des résultats concrets. Car si nous voulons établir enfin une paix durable, c’est le bon moment. Depuis 30 ans, c’est la première véritable opportunité de paix. Nous ne devons pas manquer cette opportunité. Et nous invitons la partie arménienne cette fois à ne pas faire semblant de négocier, mais à s’engager réellement dans le processus de paix.

Pour ce faire, il est indispensable que la partie arménienne respecte les engagements pris. Ils doivent notamment retirer tout le personnel militaire du territoire de l’Azerbaïdjan, comme l’Arménie s’y est engagée en vertu des accords de cessez-le-feu de 2020. Ils doivent participer aux pourparlers de délimitation des frontières. Un autre point important étant l’ouverture des voies de communication de la région. L’Azerbaïdjan de son côté a pris des mesures concrètes dans chacun de ces domaines. En particulier, à propos des voies de communication, des travaux sont en cours du côté azerbaïdjanais pour reconstruire les autoroutes et les voies ferroviaires. Et ces voies seront achevées d’ici 2023.

Nous avons donc prouvé que nous travaillons sérieusement sur le processus de normalisation. Nous allons continuer à prendre des mesures concrète, tout ce que nous demandons à la partie arménienne, c’est qu’elle prenne des mesures similaires et qu’elle fasse preuve d’une réelle volonté politique ».

 

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