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Les autorités congolaises demandent la création d’un tribunal pénal international

Les autorités congolaises demandent la création d’un tribunal pénal international

Bakou, 10 décembre, AZERTAC

Les autorités congolaises ont demandé, vendredi, la création d’un tribunal pénal international et spécial pour juger les crimes imputables à l’armée rwandaise accusée de soutenir les rebelles du M23 dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), selon l’agence de presse turque Anadolu.

Le ministre de la Communication, Patrick Muyaya at fait ce plaidoyer lors d’une cérémonie de publication du « Livre Blanc », un recueil de preuves accablant pour l’armée rwandaise.

La cérémonie s’est déroulée en présence du corps diplomatique accrédité à Kinshasa, de la presse et des ministres congolais de la Défense, des Affaires étrangères et de de la Justice.

« Pour cette fois nous voulons aller jusqu’au bout. Que justice soit dite. Nous réclamons de ce fait, la mise en place d’un tribunal pénal spécial qui permettra de juges tous les crimes commis », a déclaré le ministre de la Communication Patrick Muyaya également porte-parole du gouvernement.

Il a rappelé que la RDC a « connu plus de victimes que toutes les victimes de la deuxième guerre mondiale ».

Le « Livre blanc » est un document de plusieurs pages reprenant « des images satellitaires, documentations et autres preuves irréfutables des crimes commis par l’armée rwandaise de novembre 2021 à décembre 2022 », a ajouté Muyaya.

Ce livre vise à « dénoncer l’agression rwandaise, faire la démonstration et la documentation de différents crimes notamment crimes de génocide, crimes de guerre car des écoles ont été touchées, des enfants ont été tués », a expliqué le ministre.

Il y a également « des crimes écologiques » aux côtés des preuves de tenues militaires du Rwanda et des identités des militaires rwandais arrêtés en mars dernier sur le territoire congolais, a indiqué le ministre congolais.

Le livre revient également sur le massacre de Kishishe et Bambo dans le territoire de Rutshuru, ayant « occasionné la mort de plus de 227 civils », selon Muyaya martelant qu’il est « constitutif d'un crime de génocide dans la mesure où les RDF (armée rwandaise) et le M23 ont ciblé 102 hutus congolais que le régime rwandais cherche à venger pour le génocide de 1994 ».

Son collègue Fabrice Puela, ministre de la Justice, a exigé lors de la même cérémonie des « peines de prison » et une « justice transitionnelle pour réparer les préjudices ».

Le vice-ministre de la Justice, Amato Bayubasire, a affirmé que la justice « travaille pour documenter le moindre crime commis pour que nul n’échappe à la sentence lors des procès en RDC, à la cour pénale internationale ou devant un tribunal spécial ».

Les autorités rwandaises qui n’ont eu de cesse de démentir leur appui aux rebelles du M23 n’ont pas immédiatement réagi à la sortie de ce livre.

Les États-Unis, la France et la Belgique ont appelé le Rwanda à « cesser » tout appui aux rebelles.

Le M23 (Mouvement du 23 mars) défait en 2013 par l’armée congolaise a repris les armes en fin d'année dernière accusant les autorités congolaises de non-respect des accords de Paix.

En mars dernier, les rebelles ont mené une large offensive ayant abouti à la conquête de plusieurs localités des territoires de Rutshuru et Nyiragongo dans la province du Nord - Kivu frontalière avec le Rwanda et l’Ouganda.

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