POLITIQUE


Le Causeur : L’Azerbaïdjan continue d’assurer la circulation sur la route de Latchine

Bakou, 28 décembre, AZERTAC

Le magazine d’actualité Causeur a publié l’article intitulé « Route de Latchine : l’Azerbaïdjan continue d’assurer la circulation » dont l’auteur est Esmira Djafarova, chercheuse du Centre d’analyse des relations internationales à Bakou.

L’AZERTAC présente l’article dans son intégralité :

« En dépit de l’illégalité de la présence de l’armée arménienne et de l’exploitation minière, l’Azerbaïdjan assure la circulation des convois humanitaires et des personnes dans le couloir de Latchine.

Après la guerre de 44 jours de 2020 qui a opposé l’Azerbaïdjan à l’Arménie, conformément au paragraphe 6 de la Déclaration trilatérale du 10 novembre 2020 signée par les dirigeants des deux pays sous égide de la Russie, le district de Latchine a été restitué à l’Azerbaïdjan. Dans le même temps, l’Azerbaïdjan s’est engagé à garantir la sécurité des personnes et des véhicules circulant le long de la route de Latchine reliant l’Arménie au Karabagh.

La route de Latchine est située entièrement en territoire azerbaïdjanais dans le district de Latchine, occupé par les forces armées arméniennes de 1992 à 2020. Avec plus de 77 000 habitants avant 1992, la population de Latchine a été forcée de quitter ses maisons, et la ville et ses villages environnants ont été pillés et incendiés par les troupes arméniennes. Pendant les presque trois décennies d’occupation arménienne du Karabagh, beaucoup d’autres villages de la région ont été détruits ou laissés à l’abandon. Des centaines de milliers d’habitants en ont été expulsés de la même façon que ceux de Latchine. Nombre de lieux de vie sont devenus des lieux de mort ou transformés. Quant à la nature, elle a souvent été purement et simplement détruite.

Désormais – ce fut parmi les premières priorités du gouvernement azerbaïdjanais après la guerre – de nouvelles routes ont été construites pour relier les principales villes libérées et permettre le retour progressif des populations au Karabagh. Or, la signature de l’accord tripartite en novembre 2020 n’a pas pour autant tout résolu. Au-delà de la question des frontières, il y a aussi la question de la sécurisation des voies de circulation, dont celle de Latchine. Avant 2022, c’était la seule voie de l’Arménie à Khankendi. Long de 65 kilomètres, ce couloir comprend aussi les trois villages de Latchine.

Malheureusement, en violation du paragraphe 4 de la Déclaration trilatérale du 10 novembre 2020, l’Arménie n’a toujours pas totalement retiré ses forces armées et ses formations armées illégales et elle poursuit ses activités militaires illégales sur le territoire de l’Azerbaïdjan, où les forces de maintien de la paix du contingent russe sont temporairement déployées. Tout en reconnaissant l’importance humanitaire de la route de Latchine, l’Arménie l’a en même temps activement utilisée à des fins militaires, notamment pour la rotation du personnel des forces armées et le transfert d’armes vers ce territoire, en violation du droit international.

Plus encore, la route de Latchine a également été utilisée pour le trafic illicite de minerais et d’autres ressources à partir des territoires de l’Azerbaïdjan, où les forces russes sont présentes. En effet, sur les 151 gisements miniers identifiés dans ces territoires avant l’occupation, 52 sites ont été exploités pour la première fois entre 1993 et 2020. Par ailleurs, plusieurs exploitations minières d’avant le conflit ont été agrandies et intensifiées. En plus d’être un acte illégal d’exploitation des ressources naturelles d’un État souverain par une puissance occupante, les opérations minières ont été menées avec une surveillance environnementale inadéquate, y compris un manque de traitement des effluents et sans réhabilitation des sites, au mépris flagrant des normes environnementales. Cela a eu des conséquences telles que la déforestation et la dégradation des terres ; la pollution des sédiments dans les cours d’eau ; et la pollution chimique de l’eau et des sols.

Après novembre 2020, l’exploitation illégale des gisements miniers dans la zone de déploiement temporaire des Casques bleus, en particulier dans les gisements d’or de Gyzylboulag et de cuivre de Demirli, n’a pas cessé. Elle s’est, au contraire, encore étendue. Ces activités sont illégales et causent de graves dommages environnementaux, polluent la région et détruisent le fragile écosystème. Depuis le 3 décembre, une délégation azerbaïdjanaise a mené des négociations avec le commandement du contingent russe de maintien de la paix pour que ces activités cessent. C’est ce que les militants écologistes et des représentants de la société civile azerbaïdjanaise dénoncent également sur place mais sans succès depuis le 12 décembre dernier.

Contrairement aux déclarations du ministère des Affaires étrangères arménien, ni le gouvernement azerbaïdjanais ni les manifestants n’ont bloqué la route de Latchine. En effet, le régime de circulation des citoyens, des biens et des véhicules le long de la route reste inchangé depuis deux ans et les Casques bleus continuent d’exercer leurs fonctions de protection de la route. D’ailleurs, on a pu, contrairement aux informations erronées qui circulent, voire de nombreuses vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrant le passage sans entrave des différents types de véhicules, dont des ambulances et des convois humanitaires. La tragédie est que les contours d’un accord définitif du conflit sont connus et des négociations entre Bakou et Erevan ont déjà eu lieu depuis la fin de la guerre. Il est essentiel de parvenir à une solution politique négociée entre les deux pays pour que la région se développe et que les sociétés puissent revivre normalement au plus vite. Il y va de l’intérêt de l’Azerbaïdjan comme de l’Arménie ! »

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