MONDE


« Paris 2024 » : Le sujet que tout le monde connaît et dont personne ne parle

Paris, 24 janvier, AZERTAC

Nous avons tellement idéalisé l'Europe que nous ne voulons même pas croire les violations des droits que nous voyons de nos propres yeux. Nous pensions que les illégalités, l'exploitation des êtres humains et autres pratiques désagréables n'existaient que dans les pays du tiers-monde, en particulier dans les pays de l'Est « où les droits de l'homme sont violés » (même si nous ne l’avions pas vu).

Les États situés sur le continent européen étaient extrêmement idéalisés. Tout le monde appelle la France le berceau des droits de l'homme et de la démocratie, même ceux qui parlent des activités illégales qui se déroulent dans ce pays sont traités de façon ironique, ils sont ridiculisés et sont la cible de la raillerie. Personne ne croit à la possibilité d'activités illégales dans ce pays.

Les médias français, qui crient constamment à la violation des droits de l'homme dans la construction d'un stade pour des compétitions internationales dans l'un des pays de l’Orient, et parlent de liberté d'expression, ferment les yeux sur la violation des droits de l'homme qui se déroule sous leurs yeux.

Le sujet des travailleurs sans papiers (clandestins) dans la construction des installations des Jeux olympiques de 2024 en France est « sacré », on peut pas le traiter. Tout le monde est bien conscient de cette activité clandestine, mais personne n'en parle ou ne veut en parler.

Une visite a été organisée quelques jours avant sur le chantier du Village des Athlètes en cours de construction pour les Jeux Olympiques « Paris 2024 ». Comme c'était samedi, on pensait qu'il n'y aurait personne sur le chantier, mais de nombreuses personnes y travaillaient. Afin de connaître les conditions de travail de ces personnes (travailleurs), des questions leur ont été adressées. Ces travailleurs migrants et clandestins ont accepté de fournir des informations anonymes afin de ne pas perdre leur emploi. « Nous sommes ici pour survivre, nous n'avons pas d'autre choix. Même si ce n'est pas comme nous le voulons, nous ne pouvons pas rester sans rien faire », ont-ils déclaré, affirmant qu’ils n’avaient pas d’autre choix.

Les ouvriers questionnés sourient de façon étrange. On dirait que ça ne vient pas du cœur, ils se forcent juste à sourire. Parmi ces personnes travaillant dans la construction du Village des athlètes figurent des travailleurs provenant d'Afrique et d'Europe de l'Est - Mali, Sénégal, Roumanie, Serbie et d'autres pays. Certains d'entre eux ont admis qu'ils étaient sans papiers, tandis que d'autres se sont efforcés de prouver qu'ils n'étaient pas sans papiers ou clandestins. Bien que d'autres aient dit travailler avec un contrat, la réponse à la question suivante a révélé qu'ils travaillaient sans contrat. Certains d'entre eux ont déclaré qu'ils recevaient un salaire bien inférieur au salaire mensuel spécifié dans le contrat. « Même si notre travail n'est pas correctement valorisé, le salaire que je touche ici est bien meilleur que celui dans mon pays », ont-ils tenté de justifier leurs conditions de travail misérables.

L'un des sans-papiers, qui ne parle pas français, se console en notant simplement le salaire qu’il touchait dans son pays et le salaire qu'il a reçu sur ce chantier, trop petit pour la vie en France, suffisante pour sa vie misérable. Cependant, il a l’air d’être vexé de cette vie misérable. Bien qu’il comprenne que ses droits ont été violés, il sait qu'il n'y a personne pour l'entendre. Certains disent qu'ils doivent travailler 35 heures par semaine selon le contrat, mais hésitent à demander pourquoi ils sont au travail alors que le samedi est le jour chômé dans toute la France. Travailler le samedi est une indication d'heures supplémentaires de 35 heures par semaine. « J'ai décidé de venir le samedi pour faciliter mon travail les autres jours », dit-il d’un air désespéré. Ces mots indiquent l'étendue de l'exploitation de ces personnes qui travaillent dans l'illégalité, ainsi que l'extrême gravité du travail qu'elles accomplissent. Certains des travailleurs ont déclaré qu'ils effectuaient des travaux pénibles et dangereux et qu'ils étaient payés moins que le Smic. Il a été indiqué que les ouvriers de ce chantier travaillaient de 9 heures du matin à 6 heures du soir, parfois même jusqu'à 9 heures du soir.

Certains travailleurs disent qu'ils acceptent de travailler dans une telle situation parce qu'ils n'ont pas de papiers, ils n'ont pas d'autre choix. Ils disent être quatre à habiter une petite pièce.

Selon les informations officielles, 80 % des ouvriers travaillant sur le chantier du Village des athlètes sont des migrants. Dans les travaux de construction qui ont débuté en 2021, et qui se sont en fait accélérés à partir de 2022, 87 accidents ont été enregistrés jusqu'à présent, dont 11 étaient extrêmement graves. Ce sont des personnes occupant des emplois temporaires qui ont subi 40% de ces accidents.

Evoquons une fois de plus le pays où les gens sont soumis à une telle exploitation et leurs droits sont violés. C'est la France.

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