CHRONIQUE OFFICIELLE


Le Président azerbaïdjanais M. Ilham Aliyev a prononcé une allocution lors du Sommet consacré au 5e anniversaire du programme de «Partenariat oriental» à Prague

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Bakou, 25 avril (AZERTAC). Le Sommet consacré au 5e anniversaire du programme de «Partenariat oriental» s’est tenu avec la participation des chefs d’Etat et de gouvernement le 24 avril à Prague.

Selon AZERTAC, le Président arménien M. Serge Sarkissian a consacré tout son discours au soi-disant «génocide arménien» lors de la réunion plénière du Sommet. Profitant de l’absence de la Turquie au Sommet, le Président arménien s’est complètement abstrait de l’ordre du jour de la réunion plénière et a exagéré le soi-disant «génocide arménien» avant de prendre la Turquie pour cible. M. Serge Sarkissian a incriminé sans fondement la Turquie, l’accusant d’une part de ne pas tenir une position constructive concernant le soi-disant «génocide arménien» et, d’autre part, de ne pas ouvrir ses frontières avec l’Arménie, qualifiant d’inadmissible l’adhésion de ce pays à l’union européenne. Dans son discours le Président arménien a cherché à persuader la communauté européenne de prendre une position plus offensive sur le «génocide arménien».

Le Président de la République d’Azerbaïdjan, M. Ilham Aliyev, a prononcé une allocution lors de la réunion plénière. Il a déclaré :

- Merci, Monsieur le Président. Tout d’abord, je tiens à remercier le président Zeman pour son invitation, son hospitalité et pour l’organisation de ce sommet important. Je suis heureux de revenir dans la belle ville de Prague et de pouvoir y poursuivre notre dialogue. Je tiens à faire savoir que nous considérons ces cinq dernières années comme très importantes en termes d’établissement de nos relations avec les institutions européennes. Pendant ces cinq dernières années nous avons réalisé des réformes dans les domaines politique et économique, et dans d’autres domaines. Nos relations avec les Etats membres de l’Union européenne ont été très élargies et constructives. L’essence de ces relations change bien sûr dans un sens positif.

Nous accordons une grande importance aux réformes politiques et c’est pourquoi nous jugeons très importante notre coopération avec l’Union européenne. Le développement démocratique, la protection des Droits de l’Homme, la garantie de la primauté de la loi et des libertés fondamentales constituent nos priorités essentielles. Nous modernisons notre pays. Un système économique moderne doit être accompagné d’un système politique moderne. Alors le modèle de l’Union européenne est bon. Nous avons fait beaucoup dans le domaine économique. Je peux vous dire que c’est surtout grâce à nos réformes économiques que l’économie azerbaïdjanaise s’est développée rapidement au cours de ces dix dernières années, qu’elle a été multipliée par trois. Nous sommes parvenus à éliminer la pauvreté et le chômage. Le taux de pauvreté est de 5%. Notre dette étrangère constitue 8 % du PIB. Pour sa compétitivité, l’économie azerbaïdjanaise se positionne à la 39ème place au classement du Forum économique mondial de Davos. Notre coopération avec les institutions européennes est large, elle couvre les domaines politique, économique et commercial, les questions de réformes politiques et, bien sûr, celles de sécurité énergétique. C’est pourquoi l’année 2011 a été très importante. La même année à Bakou, le Président Barroso et moi avons signé un mémorandum de partenariat stratégique dans le domaine de l’énergie favorisant une coopération étroite. Dans ce laps de temps très court nous avons remporté de grands succès. Surtout un mois après le Sommet de Vilnius, nous avons signé « l’accord du XXIe siècle » qui est considéré comme le plus grand projet d’infrastructure de l’Europe, il est estimé à 45 milliards de dollars. L’investissement essentiel sera apporté par l’Azerbaïdjan et ses partenaires. L’exploitation du gisement «Chahdeniz», la construction des gazoducs « transanatolien » et « transadriatique » changeront la carte énergétique de l’Europe. Ainsi, une nouvelle source de gaz sera ouverte pour l’Europe pendant les quatre ou cinq prochaines années. Je pense que la coopération entre l’Europe et l’Azerbaïdjan doit se poursuivre en sorte que nous puissions mettre en œuvre d’importants projets mutuellement bénéfiques.

Le Président azerbaïdjanais M. Ilham Aliyev a apporté une réponse cinglante au Président arménien

Malheureusement, aujourd’hui le Président arménien a saisi une occasion et s’est attaqué à nouveau à la Turquie. C’est très facile, car les représentants turcs ne sont pas assis à cette table. Mais, moi, je suis là et je peux vous dire pour quelles raisons la frontière turco- arménienne est fermée.

La frontière turco- arménienne a été fermée après l’occupation, en avril 1993, de la région de Kelbedjer en Azerbaïdjan. Dans le temps qui a précédé cette occupation, tous les Azerbaïdjanais avaient déjà été expulsés du Haut-Karabagh. 30% de la population du Haut-Karabagh était azerbaïdjanaise. Avant d’envahir Kelbedjer, les Arméniens avaient envahi en 1992 Choucha et Latchyn. Ensuite ce fut le tour des régions d’Aghdam, de Fuzouli, de Zanguilan, de Goubadly, de Djabraïl, qui ne sont pas dans le Haut- Karabagh, mais qui sont limitrophes et voisines du Haut Karabagh. Ces dernières régions sont à l’extérieur de la frontière administrative du Haut-Karabagh. Ces 7 régions azerbaïdjanaises représentent 20% du territoire de l’Azerbaïdjan, tel qu’il est reconnu au niveau international.

Notre population a été soumise à une véritable épuration ethnique. Malgré les quatre résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, celles du Parlement européen et celles de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, cette occupation se poursuit jusqu’à aujourd’hui. L’Arménie refuse de s’y conformer, ignore ces résolutions et continue à occuper ces territoires qui, jamais, ne lui ont appartenu, ni historiquement, ni selon les normes du droit international. Egalement, ce pays continue à nous condamner, nous l’Azerbaïdjan, pour une soit disant approche non constructive. Mais ce sont nos terres qui sont sous occupation armée. Dans l’acte final d’Helsinki, sont clairement exposées les dispositions régissant les principes d’intégrité territoriale et d’autodétermination. L’autodétermination ne doit pas se faire au détriment et en violation de l’intégrité territoriale des Etats. J’ajoute que les Arméniens ont déjà réalisé leur propre autodétermination, ils ont un Etat arménien indépendant. Rendez-vous compte, si les communautés arméniennes continuaient à faire valoir l’autodétermination là où ils vivent, qu’arriverait-il ? Ils pourraient adopter une pareille approche ici- en République tchèque, en Géorgie, en Russie, aux Etats-Unis, quel que soit l’endroit où ils vivent. Ils ont déjà leur Etat et ils se sont déjà auto-déterminés.

Un règlement à brève échéance du conflit est dans l’intérêt de l’Azerbaïdjan. Je suis sûr que cela est aussi dans l’intérêt du peuple arménien, et que c’est aussi dans l’intérêt du Caucase du Sud en termes de coopération régionale.

En ce qui concerne les relations turco-arméniennes, M. Erdogan, le Premier ministre turc, a proposé d’ouvrir toutes les archives, de sorte que les historiens puissent étudier les aspects historiques des relations entre les deux peuples. Mais cette proposition n’a pas reçu de réponse positive. Hier, M. Erdogan, le Premier ministre turc, a présenté ses condoléances aux personnes d’origine arménienne mais, malheureusement, cela non plus n’a pas fait l’objet d’une réaction positive de la part de l’Arménie. Bien que les Etats-Unis et l’Union Européenne aient salué la position du Premier ministre turc, il semble que cela ne suffise pas au gouvernement arménien. Cela désigne clairement ceux qui ne veulent pas la paix dans la région. Nous, nous voulons la paix, nous voulons le retour de nos territoires. L’Arménie doit entreprendre le retrait de ses troupes hors des territoires qu’elle occupe en Azerbaïdjan. C’est très facile à faire. Seulement, l’Arménie doit en avoir la volonté politique.

Enfin, dernière question, le peuple azerbaïdjanais pose une seule question: pourquoi des sanctions ne sont-elles pas imposées à l’Arménie ? Pourquoi la délégation arménienne au Conseil de l’Europe n’est-elle pas privée du droit de vote et d’expression ? Ils ont occupé et occupent les territoires d’un autre pays, violent les normes du droit international, ne se conforment pas aux quatre résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, et aucune sanction, aucune punition ne leur a été imposée. Les représentants du régime criminel et illégal du Haut-Karabagh reçoivent des visas pour les capitales européennes. Cette situation est inadmissible et il faut y mettre fin.

 

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