Allemagne : la Saxe-Anhalt vote, l’AfD espère marquer l’histoire
Bakou, 6 septembre, AZERTAC
Quelque 1,7 million d’électeurs sont appelés aux urnes dimanche en Saxe-Anhalt, dans l’est de l’Allemagne, pour renouveler le Parlement régional. En tête des sondages, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) espère diriger pour la première fois un Land allemand, indique l’agence de presse Anadolu.
Les bureaux de vote ouvrent à 8 heures et ferment à 18 heures, heure locale. Les premières estimations ne seront publiées qu’à l’issue du scrutin.
Les observateurs politiques s’attendent à une participation supérieure à celle de 2021. Même une faible variation des résultats pourrait déterminer si l’AfD obtient la majorité au Parlement régional.
La dernière enquête de la chaîne publique ZDF, réalisée du 1er au 3 septembre, crédite l’AfD de 41 % des intentions de vote, contre 23 % pour l’Union chrétienne-démocrate (CDU, centre droit) du chancelier Friedrich Merz.
Le parti Die Linke recueillerait 11,5 % des voix, devant les sociaux-démocrates du SPD (8,5 %), les Verts (6 %), l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW, 4 %) et le Parti libéral-démocrate (FDP, 3 %).
L’AfD, qui fait campagne contre l’immigration et promet des expulsions massives, espère former le prochain gouvernement régional. Il s’agirait de la première administration d’extrême droite à la tête d’un Land depuis 1949, année de la fondation de la République fédérale après la chute du régime nazi.
Le parti a presque doublé son score en Saxe-Anhalt en cinq ans, après avoir obtenu 20,8 % des suffrages en 2021.
De nombreux observateurs attribuent cette progression à sa tête de liste, Ulrich Siegmund. Âgé de 35 ans, celui-ci se présente comme le candidat du changement et a déjà dévoilé un programme gouvernemental ainsi qu’un plan pour ses 100 premiers jours au pouvoir.
Il promet notamment d’expulser les personnes en situation irrégulière « dès la première minute », d’accroître fortement les capacités des centres de rétention et d’imposer aux demandeurs d’asile de travailler sous peine de perdre leurs allocations.
Son principal adversaire est le ministre-président de Saxe-Anhalt, Sven Schulze, membre de la CDU. Le conservateur de 47 ans a pris ses fonctions en janvier, après le départ de Reiner Haseloff, qui dirigeait le Land depuis près de quinze ans.
La CDU gouverne la Saxe-Anhalt avec différents partenaires de coalition depuis plus de vingt ans. Plusieurs instituts de sondage placent désormais l’AfD entre 40 % et 43 %, loin devant ses concurrents.
Une arrivée en tête ne garantirait toutefois pas au parti le contrôle du Parlement régional. Les sièges ne sont attribués qu’aux formations franchissant le seuil électoral de 5 %. Le nombre de petits partis qui y parviendront pourrait donc déterminer si l’AfD dispose d’une majorité.
Les observateurs redoutent une impasse politique si celle-ci échoue à obtenir la majorité absolue. La CDU de Friedrich Merz exclut toute coalition ou coopération avec l’AfD, invoquant notamment le classement de sa branche de Saxe-Anhalt comme organisation d’extrême droite avérée par les services de renseignement intérieur. Les autres partis traditionnels ont adopté la même position.
Dans ce cas, plusieurs semaines de négociations pourraient être nécessaires à Magdebourg pour désigner le prochain ministre-président. L’hypothèse la plus fréquemment évoquée est celle d’un gouvernement minoritaire dirigé par la CDU avec le SPD et, éventuellement, les Verts, qui devrait rechercher une majorité pour chaque vote.
Sven Schulze a cependant affirmé qu’il ne souhaitait pas dépendre de Die Linke.
Le scrutin devrait également avoir des répercussions sur la politique nationale, même si peu d’observateurs anticipent des élections fédérales anticipées. Une forte progression de l’AfD, associée à un mauvais résultat de la CDU, pourrait relancer les interrogations sur la position de Friedrich Merz au sein de son parti.
Selon le dernier sondage de la chaîne publique ARD, 83 % des électeurs se disent mécontents du chancelier, contre 13 % qui se déclarent satisfaits, soit le plus faible niveau jamais enregistré pour un chef de gouvernement en exercice.
Une éventuelle contestation de Friedrich Merz au sein de la CDU n’entraînerait pas automatiquement la chute du gouvernement fédéral. S’il était contraint de démissionner, le Parlement pourrait élire un nouveau chancelier sans dissoudre le Bundestag.