De l’époque safavide à nos jours : les mausolées d’Agbil
Gouba, 1er octobre, AZERTAC
Si vous vous rendez dans le village d’Agbil, l’un des plus anciens lieux d’habitation de la région de Gouba, vous y découvrirez de remarquables témoignages architecturaux datant de l’époque safavide et parvenus jusqu’à nos jours. Situés dans l’ancien cimetière du village, les mausolées d’Agbil constituent de précieux vestiges du riche patrimoine historique et culturel de la région.
Le site abritant les mausolées compte également des kourganes datant de périodes plus anciennes ainsi que diverses pierres tombales. Ces vestiges témoignent du fait que ce lieu est lié non seulement à l’époque safavide, mais aussi à une histoire bien plus ancienne.
L’origine du nom du village d’Agbil est elle aussi associée à ces monuments historiques. Selon certaines sources, le village aurait été fondé au XIXe siècle par des habitants venus du village Zeyid et aurait d’abord porté le nom d’« Agbil Zeyid ». Il est également avancé que le toponyme « Agbil » serait formé de la combinaison des mots « ag », signifiant « petit », et « bil », qui, en ancien bulgare, désignerait un mausolée ou une stèle funéraire, donnant ainsi le sens de « petit mausolée » ou de « stèle funéraire ».
Deux mausolées sont aujourd’hui conservés dans le village. L’un d’eux, le mausolée de Cheikh Mezyed, se distingue par sa structure octogonale, tandis que l’autre est connu sous le nom de mausolée rectangulaire. Par son aspect extérieur, ce dernier évoque un petit édifice d’habitation. Le fait que les deux monuments datent de la même période laisse supposer qu’ils pourraient être l’œuvre d’un même architecte. Leurs caractéristiques architecturales révèlent d’ailleurs plusieurs similitudes entre les deux édifices.

Il est intéressant de noter que les habitants de la région appellent ce site « Dörd Agbil », c’est-à-dire « Quatre Agbil ». Cette appellation laisse supposer qu’il existait autrefois quatre mausolées dans le village, dont deux auraient été détruits ou démantelés au fil du temps. L’une des principales sources écrites attestant l’existence passée de ces mausolées est constituée par les notes de B. A. Dorn, académicien de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg.
Les mausolées d’Agbil perpétuent encore aujourd’hui le passé de Gouba, tels des témoins silencieux de l’histoire. Tous deux sont classés monuments architecturaux d’importance nationale et sont protégés par l’État.