Espagne : 37.500 migrants sont retournés au Maroc depuis la crise de Ceuta
Bakou, 1er août, AZERTAC
Les autorités espagnoles ont annoncé vendredi que plus de 37.500 migrants ayant franchi ces derniers jours la frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole de Ceuta étaient déjà retournés au Maroc, alors que Madrid tente de reprendre le contrôle d'une crise migratoire sans précédent.
Selon le ministère espagnol de l'Intérieur, cité par plusieurs médias espagnols, plus de 37.500 personnes avaient quitté Ceuta pour regagner le Maroc vendredi à 15h30, soit plus de la moitié des quelque 60.000 migrants entrés dans l'enclave depuis jeudi soir.
Le président de Ceuta, Juan Vivas, a qualifié cet afflux de « sans précédent », soulignant que la ville autonome, qui compte environ 80.000 habitants, avait vu arriver en quelques heures l'équivalent de 70 % de sa population.
« Cela représente 70 % de la population de Ceuta. Pour vous faire une idée, c'est comme si, en 24 heures, 34 millions de personnes entraient sur le territoire espagnol », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
La crise a également fait un lourd bilan humain. Selon les autorités locales, au moins 34 personnes ont perdu la vie en tentant de rejoindre l'enclave espagnole, dont 18 se sont noyées en mer.
« Je veux exprimer notre profond chagrin et notre douleur pour les 34 victimes », a déclaré Juan Vivas.
Face à la saturation des capacités d'accueil de Ceuta, de nombreux migrants ont choisi de rebrousser chemin. Des témoignages recueillis sur place font état de personnes retournant volontairement au Maroc, évoquant l'absence de places d'hébergement et les difficultés rencontrées dans l'enclave.
Sur le plan politique, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s'est rendu vendredi à Ceuta aux côtés du ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, afin d'évaluer la situation.
Le chef du gouvernement a qualifié les franchissements massifs de la frontière de « violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne », tandis que la ministre de la Défense, Margarita Robles, a appelé les candidats à l'exil à ne pas se laisser convaincre par les réseaux de passeurs.
En France, le ministre Laurent Nuñez a annoncé un renforcement immédiat des contrôles à la frontière franco-espagnole afin d'anticiper d'éventuels mouvements secondaires de migrants.
Au niveau européen, plusieurs dirigeants ont appelé à une réponse ferme. La Première ministre danoise Mette Frederiksen a estimé que l'Union européenne devait envisager « toutes les options », y compris une éventuelle suspension de la coopération Schengen avec l'Espagne. La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni s'est dite, pour sa part, prête à soutenir des « mesures exceptionnelles » si la situation venait à s'aggraver.
La Commission européenne a toutefois adopté un ton plus mesuré. Un haut responsable européen a indiqué vendredi qu'aucun mouvement significatif vers le reste du continent européen n'était observé à ce stade.
Cette crise migratoire constitue l'un des plus importants afflux jamais enregistrés à Ceuta et place les autorités espagnoles et européennes face à un nouveau défi en matière de gestion des frontières extérieures de l'Union européenne. (Agence Anadolu)