France : le chômage progresse pour le sixième trimestre consécutif, à 8,3 %
Bakou, 7 août, AZERTAC
Le taux de chômage en France a progressé de 0,2 point au deuxième trimestre 2026 pour atteindre 8,3 % de la population active, enregistrant ainsi une sixième hausse trimestrielle consécutive, a annoncé vendredi l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
Le pays n’avait plus connu un taux aussi élevé depuis l’automne 2020.
Le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) a augmenté de 62 000 par rapport au trimestre précédent pour s’établir à 2,7 millions de personnes en France hors Mayotte.
Au sens du BIT, est considérée comme chômeuse toute personne sans emploi, disponible pour travailler et recherchant activement un poste.
À ces 2,7 millions de chômeurs s’ajoutent 1,9 million de personnes appartenant au « halo autour du chômage ». Elles souhaitent travailler, mais ne sont pas considérées comme chômeuses parce qu’elles ne recherchent pas activement un emploi ou ne sont pas immédiatement disponibles.
Toutes les tranches d’âge touchées
Le chômage a progressé dans toutes les catégories d’âge au deuxième trimestre.
Les jeunes restent les plus touchés : le taux de chômage des 15-24 ans a augmenté de 0,4 point pour atteindre 21,6 %.
Chez les 25-49 ans, il a progressé de 0,2 point, à 7,5 %, son niveau le plus élevé depuis le premier trimestre 2021.
Le taux des personnes âgées de 50 ans ou plus a augmenté de 0,3 point, à 5,5 %, un plus haut depuis le premier trimestre 2022.
L’effet de la loi pour le plein emploi
L’Insee estime qu’une partie de la hausse enregistrée depuis la fin de 2024 est liée à la mise en œuvre de la loi pour le plein emploi en janvier 2025.
Cette réforme prévoit notamment l’inscription automatique à France Travail des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) et de certains jeunes suivis par les missions locales.
Les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans inscrits à France Travail contribuent à près de la moitié de la hausse cumulée du taux de chômage depuis la fin de 2024, selon l’institut.
Cette estimation doit toutefois être interprétée avec prudence en raison des marges d’incertitude de l’enquête, précise l’Insee.
L’inscription à France Travail ne suffit pas, à elle seule, pour être comptabilisé comme chômeur au sens du BIT. Les personnes concernées doivent également être disponibles et rechercher activement un emploi.
L’emploi salarié privé recule légèrement
La progression du chômage intervient alors que l’emploi salarié privé a diminué de 0,1 % au deuxième trimestre, soit une perte nette de 19 300 postes, selon une première estimation publiée par l’Insee.
Sur un an, le secteur privé a perdu 79 700 emplois, soit un recul de 0,4 %. Cette baisse annuelle se poursuit pour le sixième trimestre consécutif.
L’emploi intérimaire a enregistré le repli le plus important, avec 9 700 postes supprimés sur le trimestre, soit une baisse de 1,4 %. Il se situe désormais 10,4 % sous son niveau de fin 2019.
La construction a perdu 6 100 emplois, l’industrie 3 200 et l’agriculture 2 500.
L’emploi est resté stable dans le tertiaire marchand hors intérim et a légèrement progressé dans le tertiaire non marchand, avec 2 100 postes supplémentaires.
Malgré ce recul, l’emploi salarié privé reste supérieur de 5 %, soit environ un million de postes, à son niveau de fin 2019, avant la crise sanitaire. (Agence Anadolu)