La CNUCED prévoit un ralentissement de la croissance mondiale à 3,3%
Bakou, 14 décembre, AZERTAC
Sur fond de guerre en Ukraine, d’inflation et de crise énergétique, il faut s’attendre à une « croissance en berne » et une économie mondiale qui subira un coup de frein avec une hausse du PIB passant de 5,7% en 2021 à 3,3% cette année, selon les prévisions du manuel de statistiques de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
A noter qu’en 2021, la croissance a été inégalement répartie entre les régions. Les économies des pays riches ont pu rebondir après la pandémie de Covid-19 avec un taux de croissance de 5%.
Après une forte contraction de 2,7% en 2020, le PIB de l’Afrique a augmenté de 5% aussi en 2021. La croissance du PIB des pays en développement d’Asie a rebondi de -0,4% à 7% en 2021. Le PIB des Amériques en développement a augmenté de 6,2% en 2021, après une chute de 7,4% en 2020.
Selon la CNUCED, les pays les moins avancés (PMA) n’atteignent pas leurs objectifs de croissance. Les 46 PMA ont enregistré une croissance du PIB réel de seulement 2% en 2021, soit moins de la moitié de la moyenne mondiale de 5,7%. Pour les exportations de services, qui comprennent les transports et les voyages, le ralentissement sera moins prononcé, de 17,2% à 14,6%. Malgré la forte croissance du commerce des services en 2021, la valeur des exportations (6 100 milliards de dollars) est restée inférieure à ses niveaux pré-Cocvid-19 (6.300 milliards de dollars en 2019).
En 2021, les prix des produits de base, tels que les denrées alimentaires et l’énergie, ont grimpé en flèche de 55%. La tendance à la hausse s’est poursuivie cette année, les prix atteignant en août 2022 « leurs niveaux les plus élevés depuis près de trois décennies ».
Plus largement, l’inflation a également explosé, notamment en Afrique, où les prix à la consommation ont bondi de 22,7% en 2021. Pendant ce temps, les ménages d’Amérique latine et des Caraïbes ont vu les prix augmenter de 15%. « Ces augmentations de prix se sont atténuées au cours du deuxième trimestre de 2022, mais en août 2022, les produits alimentaires de base étaient 42% plus chers qu’au cours du même mois deux ans auparavant », a souligné l’Agence onusienne basée à Genève.
Par ailleurs, la population mondiale a atteint 8 milliards d’habitants en novembre 2022, même si son taux de croissance est en baisse depuis la fin des années 1980. En 2021, il s’élevait à 0,87%. Les taux de dépendance mondiaux ont également augmenté au sein de la population. En moyenne, on compte 54 enfants ou personnes âgées à charge pour 100 travailleurs. L’Afrique a le taux de dépendance le plus élevé à 72%.
Sur un autre plan, le rapport s’est penché sur la hausse de l’excédent commercial des économies en développement, en particulier en Afrique. Cette augmentation s’est accompagnée d’un creusement du déficit commercial des économies développées.
Dans un autre rapport publié mardi, la CNUCED indique que le commerce mondial devrait atteindre près de 32.000 milliards de dollars cette année, mais que l'inflation a annulé certains des gains réalisés ces derniers mois. Le commerce des biens et des services devrait atteindre respectivement 25.000 milliards de dollars et 7.000 milliards de dollars d'ici la fin de l'année.
Parmi les facteurs négatifs mis en évidence, figurent une croissance économique plus faible prévue jusqu'en 2023 en raison des prix élevés de l'énergie, de la hausse des taux d'intérêt, de l'inflation soutenue dans de nombreuses économies et de l'impact dépressif de la guerre en Ukraine.