Les coûts de livraison du GNL demeurent élevés
Bakou, 6 août, AZERTAC
Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz ont réduit la capacité disponible des navires transportant du gaz naturel liquéfié GNL, allongé les temps de trajet et poussé les coûts d'affrètement et de carburant maritime à leurs plus hauts niveaux depuis le pic de la crise énergétique de 2022, selon l’Agence Anadolu.
Selon les données compilées par Anadolu à partir du dernier rapport sur le marché du gaz du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG / GECF), ces perturbations ont déclenché de fortes hausses des coûts d'affrètement de GNL, de carburant de soute et d'assurance contre les risques de guerre.
Le prix moyen du carburant de soute pour la flotte de méthaniers a bondi de 73 % d'un mois sur l'autre en mars pour dépasser les 800 dollars la tonne, son niveau le plus élevé depuis le pic de la crise énergétique de 2022.
Le détroit d'Ormuz constitue l'unique voie maritime d'exportation pour les expéditions de GNL en provenance du Qatar et des Émirats arabes unis, qui représentent à eux deux environ un cinquième de l'offre mondiale de GNL.
À la suite de l'escalade du conflit au Moyen-Orient le 28 février, les exportations de GNL du Qatar et des Émirats arabes unis ont été quasi paralysées.
Le rapport du FPEG révèle qu'entre mars et juin, plus de 300 cargaisons qataries de GNL et une vingtaine de cargaisons émiraties ne sont pas parvenues aux marchés internationaux.
Environ 160 méthaniers se sont également retrouvés bloqués à l'intérieur du Golfe ou contraints de rester au mouillage dans le golfe d'Oman, limitant ainsi le nombre de navires disponibles sur le marché au comptant.
Les risques sécuritaires le long de la mer Rouge et du canal de Suez ont par ailleurs poussé les méthaniers à se dérouter vers le cap de Bonne-Espérance, une route maritime alternative majeure entre les océans Atlantique et Indien. Ce détour ajoute des milliers de milles nautiques aux trajets reliant le Moyen-Orient aux marchés mondiaux.
Cet itinéraire plus long a ajouté entre 15 et 20 jours aux traversées habituelles entre le bassin atlantique et les marchés de l'Asie-Pacifique.
Flambée des taux d'affrètement et des coûts de carburant
Les taux d'affrètement journaliers au comptant pour les méthaniers à propulsion diesel-électrique tri-carburant (TFDE) ont explosé, passant de 5 000 dollars début février à 235 000 dollars début mars.
Les taux d'affrètement moyens des navires TFDE sont passés de 18 000 dollars par jour en février à 108 000 dollars en mars, tandis que les taux moyens pour les méthaniers plus anciens à turbine à vapeur sont passés de 3 000 à 50 000 dollars par jour.
Les primes d'assurance contre les risques de guerre, qui s'élevaient à environ 0,25 % de la valeur sur corps et machines du navire avant le conflit, ont bondi pour atteindre entre 5 % et 10 % pour les traversées via Ormuz.
Pour un méthanier évalué à 250 millions de dollars, le coût de l'assurance pour un seul transit a pu atteindre jusqu'à 25 millions de dollars.
Les coûts de livraison du GNL demeurent élevés
L'augmentation des frais d'affrètement, de carburant et d'assurance a logiquement fait grimper le coût de livraison du GNL vers les marchés de consommation.
Europe du Sud-Ouest :
Le coût du transport du GNL depuis la côte américaine du golfe du Mexique a augmenté, passant de 0,6 dollar par million d'unités thermiques britanniques (MMBtu) au deuxième trimestre 2025 à 1,1 dollar à la même période en 2026.
Asie du Nord-Est (via le cap de Bonne-Espérance) :
L'expédition de GNL américain a grimpé, passant de 1,8 à 3,6 dollars par MMBtu.
Asie du Nord-Est (via le canal de Panama) :
Les coûts d'expédition ont bondi de 1,6 dollar par MMBtu en juillet 2025 à près de 5 dollars en mars 2026. La part du fret dans le prix total du GNL livré est ainsi passée de 13 % à environ 25 %.
Bien que les coûts d'affrètement et de carburant aient reculé par rapport à leurs pics du mois de mars, ils restaient en juin bien supérieurs aux niveaux enregistrés l'année précédente.
Le FPEG prévoit qu'environ 250 millions de tonnes par an de nouvelles capacités mondiales de liquéfaction de GNL entreront en service d'ici 2030, dont près de la moitié sera concentrée le long de la côte américaine du golfe du Mexique. Cette évolution pourrait accroître la pression sur le canal de Panama et encourager le recours à des itinéraires alternatifs plus longs.