L’Iran convoque l’ambassadeur de France à Téhéran
Bakou, 27 juillet, AZERTAC
L’Iran a convoqué ce dimanche l’ambassadeur de France à Téhéran, Pierre Cochard, pour protester contre une « ingérence » française dans ses affaires intérieures, a annoncé lundi 27 juillet le ministère iranien des Affaires étrangères.
Le gouvernement français doit mettre fin à ces agissements menés « sous des appellations trompeuses », a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, estimant que deux diplomates français d’avoir interféré dans les affaires iraniennes « sous prétexte de dialoguer avec la société civile ».
Selon les autorités iraniennes, les agents ont participé le 19 juillet à une réunion avec des personnes poursuivies pour des motifs liés à la sécurité nationale. Des documents attestant d’activités illégales auraient été découverts et feraient l’objet d’une enquête, selon les autorités iraniennes.
Celles-ci contestent la version française, assurant que les diplomates ont seulement été brièvement interrogés avant d’être conduits à la police diplomatique, puis remis à leur ambassade une fois leur statut confirmé.
Paris affirme au contraire que les deux agents ont été détenus et interrogés pendant près de quatre heures sans pouvoir contacter leur ambassade, et que l’un d’eux a été « molesté, brutalisé, frappé ».
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait qualifié l’interpellation d’action « grave » et « préméditée ». Les deux diplomates, dont le conseiller culturel de l’ambassade, travaillaient à des programmes destinés aux étudiants, artistes et scientifiques iraniens, selon lui. Ils ont quitté l’Iran mercredi 22 juillet et poursuivront leur mission depuis Paris.
Convocations réciproques
Le chargé d’affaires iranien avait été convoqué le 21 juillet au Quai d’Orsay, qui avait dénoncé une « agression préméditée et délibérée » ainsi qu’une violation des conventions de Vienne protégeant le personnel diplomatique.
La France a demandé à l’Iran de faire la lumière sur l’incident, d’en sanctionner les auteurs et de garantir la sécurité de ses agents. Jean-Noël Barrot a averti que l’affaire « ne pourra rester sans conséquence » et indiqué que Paris étudiait plusieurs réponses, dont d’éventuelles sanctions.
Les ministères français des Affaires étrangères et l’ambassade de France à Téhéran n’ont pas réagi dans l’immédiat à la convocation de Pierre Cochard. (Agence Anadolu)