Moyen-Orient : Guterres alerte contre une guerre aux conséquences mondiales
Bakou, 1er août, AZERTAC
Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a lancé vendredi un appel pressant à mettre fin à l'escalade militaire dans le Golfe persique, estimant que le conflit, qui dure depuis plus de cinq mois, est devenu « un moteur d'instabilité mondiale » dont les répercussions se font désormais sentir bien au-delà du Moyen-Orient.
De retour d'une visite en Syrie, en Jordanie et à Chypre, le chef de l'ONU a souligné, lors d'un point de presse au siège des Nations Unies à New York, qu'un message revenait avec insistance lors de ses échanges avec les dirigeants de la région : « le Moyen-Orient – et le monde – ne peuvent pas se permettre une nouvelle guerre ».
Ses déclarations interviennent alors qu'une nouvelle flambée de violences a ravivé les tensions entre les États-Unis et l'Iran.
Selon la presse, l'armée iranienne a annoncé vendredi avoir lancé des attaques de drones contre des installations militaires américaines au Koweït, en réponse à des frappes américaines menées ces derniers jours contre des sites militaires en Iran.
Les échanges de cette semaine ont mis fin à une accalmie dans les attaques directes entre les États-Unis et l'Iran, qui ont oscillé entre conflit et négociation ces derniers mois. Plusieurs alliés des États-Unis, dont la Jordanie et l'Arabie saoudite, ont également essuyé de nouveaux tirs de drones et de missiles cette semaine. Une attaque a par ailleurs eu lieu pour la première fois en Égypte, dans le port méditerranéen de Damiette.
Pour Antonio Guterres, les conséquences de cette escalade dépassent désormais largement le cadre sécuritaire régional.
« Le commerce à travers le détroit d'Ormuz s'est effondré. Les marchés de l'énergie ont été bouleversés. Les prix des denrées alimentaires et des principaux engrais ont flambé. Les chaînes d'approvisionnement sont sous pression », a-t-il déclaré.
Ces perturbations alimentent une hausse du coût de la vie à l'échelle mondiale. « Partout dans le monde, des familles peinent à mettre de la nourriture sur la table, des agriculteurs ne peuvent plus se permettre d'acheter les intrants de base et des pays vulnérables sont poussés toujours plus près du précipice », a averti le Secrétaire général.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que jusqu'à 45 millions de personnes pourraient basculer dans l'insécurité alimentaire aiguë en raison des conséquences du conflit.
Le chef de l'ONU a également insisté sur la nécessité de garantir la liberté de navigation dans deux axes stratégiques du commerce mondial : le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb, où les attaques contre des navires marchands se sont multipliées ces derniers mois.
Les menaces contre le trafic maritime dans le Golfe persique et en mer Rouge affectent les exportations de pétrole et le commerce international. Les Houthis, une milice yéménite soutenue par l'Iran, ont annoncé un blocus des navires saoudiens et pris pour cible des navires en mer Rouge. L'Arabie saoudite a annoncé la création d'une coalition militaire destinée à protéger la navigation dans la région.
Le Secrétaire général a estimé que « la seule bonne nouvelle » de ces derniers jours est l’annonce par le Président américain Donald Trump d’un accord prévoyant que le Hamas dépose les armes et qu'Israël retire ses forces de Gaza.
Face à cette détérioration rapide de la situation au Moyen-Orient, António Guterres a réaffirmé que seule une solution politique permettra d'éviter une aggravation de la crise.
« Les combats doivent cesser. Les droits et libertés de navigation internationales dans et autour du détroit d'Ormuz et de Bab el-Mandeb doivent être pleinement rétablis. Et la diplomatie doit l'emporter », a-t-il conclu.(ONU)