Présidentielle 2027 : la France « ne tolérera aucune tentative d’ingérence étrangère »
Bakou, 7 août, AZERTAC
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a assuré vendredi que la France ne tolérerait « aucune tentative d’ingérence étrangère » dans son débat démocratique, à huit mois de l’élection présidentielle, selon l’Agence Anadolu.
Cette déclaration intervient après plusieurs opérations de déstabilisation attribuées à des réseaux prorusses contre des candidats déclarés ou pressentis, et en réponse aux critiques formulées jeudi par le chef de file de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon.
« La France ne tolérera aucune tentative d’ingérence étrangère dans son débat démocratique, à plus forte raison dans ses processus électoraux. Ils sont la propriété exclusive et inviolable des citoyens français », a écrit Jean-Noël Barrot sur le réseau social américain X.
Jean-Luc Mélenchon avait estimé que la présidentielle française était devenue « open bar pour tous les manipulateurs du monde », citant les interventions de l’ambassadeur d’Israël contre sa candidature, d’Elon Musk contre la dirigeante écologiste Marine Tondelier ainsi que des réseaux russes contre Raphaël Glucksmann.
Il avait appelé Jean-Noël Barrot à « rappeler à l’ordre les divers suprémacistes », reprochant au gouvernement un manque de fermeté.
Trois responsables politiques visés
Plusieurs opérations attribuées à des réseaux prorusses ont récemment ciblé trois candidats déclarés ou potentiels à la présidentielle.
L’ancien Premier ministre Édouard Philippe, président du parti Horizons, a fait l’objet de fausses informations concernant son état de santé.
L’eurodéputé Raphaël Glucksmann, fondateur de Place publique, a été visé à travers sa compagne, la journaliste Léa Salamé, faussement accusée d’avoir soudoyé des médias pour favoriser sa candidature.
L’ancien Premier ministre Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, a quant à lui été présenté comme pouvant être atteint de la maladie de Parkinson.
Barrot distingue expression politique et manipulation
Jean-Noël Barrot a toutefois appelé à ne pas confondre ces opérations avec l’expression publique d’une préférence politique par une personnalité étrangère.
« Qu’un responsable politique étranger exprime une préférence ou un rejet pour une ligne politique dans un autre pays [...] ne constitue pas un acte de manipulation du débat public », a-t-il affirmé.
Elon Musk avait accusé jeudi Marine Tondelier de « trahison envers la France », après que la candidate écologiste s’était déclarée favorable à la possibilité d’interdire X durant la campagne électorale en cas d’ingérences étrangères.
L’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, avait de son côté déclaré en juin qu’il préférerait « n’importe qui plutôt que Jean-Luc Mélenchon » à l’Élysée.
Le ministre a défini les ingérences comme des tentatives de falsification reposant sur la diffusion « inauthentique, coordonnée et organisée en ligne » de contenus conçus à l’étranger afin de déformer l’espace informationnel et d’influencer les élections.
Ces opérations visent, selon lui, à promouvoir les intérêts des adversaires de la France, à affaiblir le pays et à fragiliser l’Union européenne.
Jean-Noël Barrot a estimé qu’une partie de la réponse devait passer par la régulation des grandes plateformes numériques. Il a reproché au coordinateur de LFI, Manuel Bompard, de ne pas avoir voté en faveur du règlement européen sur les services numériques, destiné notamment à encadrer les plateformes.
Le chef de la diplomatie a enfin ironisé sur la fermeté affichée par Jean-Luc Mélenchon à l’égard du pouvoir russe, l’accusant d’avoir auparavant redouté que toute opposition à Moscou puisse conduire à « la guerre ».