UNESCO : Les enseignants, ça ne se code pas
Bakou, 30 août, AZERTAC
Avec l’intelligence artificielle en train de transformer l’éducation, l’UNESCO appelle à ce que les enseignants et enseignantes soient au centre de ce changement. L’avenir de l’éducation commence avec les enseignants et enseignantes. Ce sont eux qui donnent vie à l’apprentissage. Ils construisent des liens humains qu’aucun dispositif ne peut reproduire. Ils aident les étudiants à développer des compétences qu’aucune machine ne peut enseigner, telles que la pensée critique, le raisonnement éthique, l’intelligence émotionnelle et le sentiment d’appartenance sociale, selon le site officiel de l’UNESCO.
Pourtant, dans le monde entier, les pays peinent encore à former, recruter et retenir suffisamment de personnel éducatif qualifié. Le Sommet mondial sur les enseignants 2025 met en lumière l’urgence de remédier à la pénurie de personnel enseignant, de valoriser cette profession et d’investir dans la formation du personnel enseignant. Le premier Rapport mondial de l’UNESCO et du Groupe de travail sur les enseignants montre que 44 millions de postes supplémentaires d’enseignants du primaire et du secondaire seront nécessaires d’ici 2030 pour atteindre les objectifs éducatifs.
À cette crise de pénurie s’ajoute la perturbation liée à l’intelligence artificielle, qui sera le thème central de la Semaine de l’apprentissage numérique 2025, l’événement phare de l’UNESCO sur la technologie et l’éducation. L’intégration de l’IA dans l’éducation présente à la fois des opportunités transformatrices et des défis complexes, en remodelant les pédagogies, les programmes et la gouvernance éducative, tout en soulevant des questions cruciales sur l’équité, l’éthique et la capacité d’action humaine.
Militza Saavedra Montero, enseignante à Concepción, dans le centre-sud du Chili, considère l’IA comme une grande opportunité pour sa classe. Elle a participé à une formation de l’UNESCO visant à renforcer les compétences numériques du personnel éducatif au Chili, où elle a appris les différentes normes et l’évolution des outils numériques. L’IA lui permet de gagner un temps précieux. Militza estime que son rôle en tant qu’enseignante est essentiel pour aider les apprenants à utiliser la technologie avec un esprit critique. Le défi consiste à apprendre à utiliser l’IA de manière responsable. Pour certains enseignants, l’IA introduit de l’incertitude, exige de nouvelles compétences et redéfinit les rôles professionnels. Pour d’autres, elle ouvre de nouvelles possibilités d’innovation, d’apprentissage personnalisé et une plus grande efficacité en classe.
Les outils numériques, y compris l’IA, peuvent aider le personnel enseignant à personnaliser l’apprentissage pour chaque étudiant, à réduire le travail administratif et à donner accès à des ressources éducatives au-delà de la classe. Mais ces opportunités comportent également des défis importants.
Beaucoup d’apprenants n’ont toujours pas d’accès fiable à internet ou aux dispositifs numériques, ce qui accentue les inégalités. Les systèmes d’IA peuvent comporter des biais cachés, être sujets à des erreurs et risquer de produire des résultats injustes pour les apprenants. Et si la technologie est utilisée sans précaution, elle peut réduire l’interaction humaine, au cœur d’un enseignement significatif. C’est pourquoi l’UNESCO souligne que, même si l’IA peut soutenir l’éducation, le personnel enseignant doit rester au centre, guidant les apprenants avec l’empathie, la créativité et le jugement qu'aucune machine ne peut remplacer.
Cependant, le personnel enseignant du monde entier fait face à des pressions croissantes : ressources insuffisantes, augmentation de la taille des classes, attentes sociales grandissantes et, dans de nombreux cas, reconnaissance sociale déclinante de son rôle. Résultat : le pourcentage d’enseignants du primaire quittant la profession a doublé, passant de 4,6 % en 2015 à plus de 9 % en 2022.
Pour l’UNESCO, l’avenir ne consiste pas à choisir entre technologie et enseignants, mais à garantir qu’ils travaillent main dans la main pour le bénéfice des apprenants. Comme le dit avec force Caroline Aidanu, éducatrice à la Daraja Secondary School au Kenya : « Les enseignants ne se codent pas, car ce sont eux qui donnent vie à la classe, ils peuvent responsabiliser les étudiants et leur permettre de se sentir reconnu. »
Les enseignants, ça ne se code pas, la campagne mondiale de l’UNESCO pour l’éducation réaffirme le rôle irremplaçable des enseignants dans l’avenir de l’éducation. Cette campagne donne la parole aux enseignants et aux apprenants et souligne l’importance de maintenir l’enseignement au cœur des systèmes éducatifs. Elle met en évidence le rôle essentiel que jouent les personnes enseignantes pour guider les sociétés face aux défis mondiaux actuels, qu’il s’agisse de s’adapter aux bouleversements de l’intelligence artificielle, d’équiper les apprenants de tous âges de compétences en littératie en constante évolution, ou encore de cultiver la résilience et l’espoir en période de crise et de conflit.