Le président Aliyev reçoit les participants à des conférences internationales organisées à Bakou MIS A JOUR VIDEO
Bakou, 15 septembre, AZERTAC
Mardi 15 septembre, le président de la République Ilham Aliyev a reçu une délégation composée de membres et d’observateurs du Conseil des chefs des institutions religieuses musulmanes de l’Organisation des États turciques (OET), de coorganisateurs de la Conférence internationale consacrée à Yahya Bakuvi, ainsi que de membres du Conseil religieux suprême des peuples du Caucase.
La délégation comprenait notamment le Secrétaire général de l’Organisation des États turciques (OET), Kubanychbek Omuraliev, le président de l’Administration spirituelle des musulmans du Kazakhstan, Nauryzbay Taganuly, le président de l’Administration spirituelle des musulmans du Kirghizistan, Abdulaziz Zakirov, le président de la Direction des affaires religieuses de Türkiye, Safi Arpagus, le président de l’Administration des musulmans d’Ouzbékistan, Nuriddin Kholiknazarov, le président de l’Administration spirituelle des musulmans du Turkménistan, Rahman Gurbanmyradov, le président des Affaires religieuses de la République turque de Chypre du Nord, Hakan Moral, le secrétaire général du Conseil des sages musulmans, Muhammad Abdel Salam, le Directeur général du Centre de recherches sur l’histoire, l’art et la culture islamiques (IRCICA), Mahmud Erol Kiliç, le président de l’Administration spirituelle des musulmans de la République tchétchène et président du Centre de coordination des musulmans du Caucase du Nord, Salah-Hadji Mejiev ; le secrétaire général de l’Académie internationale du fiqh islamique, Sayyed Abu Al-Qasim Al-Dibaji, le Qadi du Bureau des musulmans du Caucase pour le Caucase du Nord et imam de la mosquée Djouma de Derbent, Chagabitdin Kerimov, le cheikh du Département des musulmans de toute la Géorgie, Faïg Nabiyev, le mufti de la Géorgie orientale, Etibar Eminov, le mufti de la Géorgie occidentale, Adam Shantadze, le secrétaire général du Forum mondial pour le rapprochement des écoles de pensée islamiques, Hamid Shahriari, et le ministre syrien des Biens religieux (Awqaf), Mohammad Abu al-Khair Shukri.
Le président de la République a pris la parole lors de la rencontre.
Discours du président Ilham Aliyev
- Honorable Cheikh,
Distingués invités,
Je vous salue chaleureusement. Je souhaite à nos hôtes la bienvenue en Azerbaïdjan.
Ces jours-ci, Bakou accueille la 7e réunion du Conseil des chefs des institutions religieuses musulmanes des affaires de l’Organisation des États turciques (OET). Il s’agit en soi d’un événement international majeur. Parallèlement, une conférence internationale consacrée au grand poète et penseur Seyyid Yahya Bakouvi se tient également à Bakou, à laquelle participent nombre de nos invités.
La tenue simultanée de ces deux événements à Bakou revêt une grande importance. Nous sommes toujours fiers de nos illustres personnalités, penseurs et poètes. Seyyid Yahya Bakuvi est l’un d’eux. Ayant vécu et exercé son activité au XVe siècle, Yahya Bakuvi a laissé un héritage d’une grande profondeur.
Le peuple azerbaïdjanais a donné à la culture mondiale de nombreuses figures éminentes, ainsi que de grands poètes et penseurs. Il suffit de citer leurs noms pour mesurer la richesse de notre peuple et de notre terre en talents exceptionnels : Nizami Gandjavi et Khagani Chirvani au XIIe siècle, Imadeddin Nessimi au XIVe siècle, Yahya Bakuvi au XVe siècle, ainsi que Chah Ismaïl Khataï et Mahammad Fuzouli au XVIe siècle. Autrement dit, chacun d’eux représente à lui seul un vaste univers. L’héritage qu’ils nous ont légué, leur patrimoine historique et culturel, revêt aujourd’hui une valeur inestimable pour nous, leurs successeurs, pour l’ensemble du peuple azerbaïdjanais et, oserais-je dire, pour l’ensemble du monde islamique.
Je sais que des responsables religieux de nombreux pays participent à nos événements. Je leur adresse tout particulièrement mes salutations. Outre les responsables religieux des États membres de l’Organisation des États turciques, des responsables religieux de Géorgie et de Syrie, ainsi que des représentants des républiques du Caucase du Nord – notamment des responsables religieux du Daghestan et de la Tchétchénie –, prennent également part à cet événement. En d’autres termes, il s’agit d’un exemple d’unité. Naturellement, l’Azerbaïdjan y joue un rôle particulier. L’Azerbaïdjan fait à la fois partie du monde turcique et du Caucase. L’histoire de notre pays en témoigne clairement. L’ancienne Albanie du Caucase s’étendait précisément sur nos territoires, et la capitale de cet État ancien était la ville de Guébélé, qui demeure aujourd’hui l’une des plus belles régions de notre pays.
La capitale de l’État ancien des Atabey était Nakhtchvan, une autre de nos belles villes. Cela montre une fois encore que le monde turcique et le Caucase, ces deux espaces, formaient en réalité une géographie unifiée, et que l’Azerbaïdjan est le seul pays du Caucase à être membre de l’Organisation des États turciques.
Naturellement, nous entretenons des liens étroits avec le monde turcique, ainsi que des relations fraternelles et amicales étroites avec les peuples du Caucase. Votre présence ici, tous réunis, revêt naturellement une grande portée symbolique. Ce sont précisément de tels événements communs qui nous rapprochent davantage, renforcent les liens d’amitié et de fraternité qui nous unissent et adressent au monde des messages très positifs.
Chaque parole prononcée par les responsables religieux musulmans revêt, bien entendu, une grande valeur et une importance particulière pour les communautés musulmanes. Si ces paroles appellent à la paix, à la coopération, à la sérénité et à la réconciliation, cela signifie que la paix et la sérénité prévaudront également dans les régions où nous vivons.
Naturellement, certains événements qui se déroulent aujourd’hui dans le monde, notamment dans le monde musulman, nous préoccupent tous. En Azerbaïdjan, nous avons toujours œuvré et continuerons d’œuvrer, à travers des actions concrètes et notre engagement, au renforcement de la solidarité islamique. De nombreux événements ont été organisés en Azerbaïdjan sous l’égide de l’Organisation de la coopération islamique et de l’ICESCO. Il y a près d’une décennie, en 2017, les 4es Jeux de la solidarité islamique se sont tenus à Bakou à notre initiative et avec le soutien de l’ensemble des pays musulmans. Nous considérions ces Jeux pas simplement comme une compétition sportive, mais comme une grande célébration de l’unité.
L’année prochaine, Bakou accueillera le Sommet de l’Organisation de la coopération islamique. Dans le contexte des évolutions actuelles à l’échelle mondiale, je pense que ce n’est pas un hasard si un tel événement se tient précisément en Azerbaïdjan. Certes, cette décision a été prise il y a quelque temps déjà, mais il s’agit, en réalité, d’une décision tout à fait pertinente. Je tiens à souligner une nouvelle fois que l’Azerbaïdjan agit, au sein de toutes les organisations dont il est membre, en faveur de l’unité, de la réconciliation et de la coopération. Je suis convaincu que le Sommet qui se tiendra l’année prochaine en Azerbaïdjan donnera d’excellents résultats. Nous espérons que, d’ici la tenue du Sommet, les processus en cours, les incompréhensions et, dans certains cas, les conflits entre certains pays musulmans auront pris fin. Pour notre part, nous ferons tout notre possible pour unir le monde musulman comme une seule famille, mettre fin à tous les différends inutiles et faire cesser les confrontations. En outre, ceux qui cherchent à nous diviser et, ce faisant, à porter atteinte à l’islam devraient se tenir tranquilles. Naturellement, nous ne pourrons atteindre cet objectif que grâce à des efforts conjoints.
Par conséquent, je suis convaincu que votre présence à Bakou et votre participation conjointe à ces événements adresseront une nouvelle fois des messages très forts et sans ambiguïté à notre région comme au monde entier.
Je sais qu’au cours de votre visite, vous vous rendrez également au Garabagh. Selon les informations qui m’ont été communiquées, vous visiterez les villes d’Aghdam, de Khankendi, de Khodjaly et de Choucha. Je suis convaincu que cette visite sera très intéressante pour vous. Vous pourrez constater à la fois les conséquences et les destructions causées par trente années d’occupation, tout en découvrant le nouveau visage d’un Garabagh en pleine renaissance. Ces territoires ont été sous occupation arménienne pendant trente ans. Des crimes de guerre ont été commis contre notre peuple. Un massacre sanglant a été perpétré dans la ville de Khodjaly. Un mémorial de Khodjaly a déjà été érigé dans la ville et, si vous en avez le temps, vous pourrez le visiter.
Toutes nos villes et tous nos villages situés au Garabagh et au Zenguezour oriental ont été rasés. Une politique de nettoyage ethnique a été menée à l’encontre de notre peuple. Près d’un million d’Azerbaïdjanais ont été déplacés de leurs terres natales à la suite de la politique de nettoyage ethnique menée par l’État arménien. Comme vous le savez, les négociations, qui ont duré trente ans, n’ont abouti à aucun résultat, car l’Arménie ne voulait pas quitter volontairement nos territoires. Parallèlement, les grands États qui soutenaient l’Arménie cherchaient non pas à régler le conflit, mais à le prolonger et à rendre l’occupation permanente. En apportant à l’Arménie un soutien militaire, économique et politique, ces États récompensaient de fait l’agresseur.
Le peuple azerbaïdjanais a mis fin à cette injustice et a créé un précédent à l’échelle mondiale. Car, jusqu’alors, les territoires occupés n’étaient malheureusement pas libérés. En tout état de cause, de tels cas étaient inexistants au XXe et au XXIe siècles ou ne se produisaient que très rarement.
Le peuple azerbaïdjanais a libéré ces territoires au prix du sang et au terme de combats. Qu’Allah ait les âmes de tous nos martyrs. Au prix de leur vie et de leur sang, grâce au sacrifice et à l’abnégation de nos fils héroïques, nous avons restauré la justice, nos droits et notre dignité nationale. Nous avons chassé les occupants de nos territoires, hissé le drapeau azerbaïdjanais dans tous les recoins du Garabagh et du Zenguezour oriental et mis fin au séparatisme. Les dirigeants séparatistes, les criminels de guerre et ceux qui ont tué des enfants purgent aujourd’hui leurs peines dans les prisons azerbaïdjanaises. C’est aussi un triomphe de la justice. Autrement dit, la justice a pleinement triomphé. Unis comme les cinq doigts de la main, le peuple azerbaïdjanais a rétabli son intégrité territoriale et sa souveraineté, fait respecter le droit international et obtenu justice.
Lorsque nous sommes retournés sur ces territoires après trente ans, qu’avons-nous découvert ? Aujourd’hui, le monde entier peut le constater : des villes et des villages détruits, des habitations démolies, des richesses nationales pillées et des mosquées détruites. Soixante-cinq mosquées ont été entièrement détruites par l’État arménien — je tiens à le souligner tout particulièrement : il s’agissait d’une politique d’État menée par l’Arménie — par l’État arménien. D’autres ont été laissées dans un état de semi-ruine. Vous avez probablement vu ces photos également : l’Arménie a intentionnellement et délibérément installé des animaux, notamment des porcs et du bétail, à l’intérieur des mosquées. Autrement dit, dans le but de nous insulter, de nous humilier et, connaissant notre sensibilité sur ces questions, d’infliger délibérément une souffrance supplémentaire à notre peuple, ils n’ont pas hésité à commettre de tels actes barbares. En réalité, il s’agissait d’une offense non seulement à nous et à notre peuple, mais à l’ensemble du monde islamique. Voilà le véritable visage de l’État arménien. Nous ne devons jamais l’oublier, et nous ne l’oublierons pas.
Oui, aujourd’hui, la paix règne et la guerre a pris fin. Le processus de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan est en cours, et je suis convaincu qu’il sera durable. En tout cas, telle est la position de l’État azerbaïdjanais. Cependant, nous n’oublierons jamais les atrocités commises contre nous et contre notre peuple. Nous n’oublierons jamais les victimes de Khodjaly, nos mosquées détruites ni nos sites culturels profanés. Cette mémoire nous rendra encore plus vigilants. Elle ne permettra plus que nous soyons trompés par de belles paroles ni que des plans insidieux dirigés contre notre peuple aboutissent. Nous devons rester vigilants, et nous le sommes. Dans le même temps, nous renforçons notre puissance militaire. C’est précisément grâce à notre puissance militaire et à l’héroïsme de nos fils que nous avons chassé l’armée d’occupation arménienne de nos territoires. C’est pourquoi l’éducation patriotique et militaire a pris aujourd’hui un essor considérable en Azerbaïdjan. Chacun constate que le monde actuel a radicalement changé et que le facteur de force est désormais passé au premier plan. Nous ne sommes pas ceux qui avons érigé en principe la maxime selon laquelle « la force fait le droit ». Nous devons néanmoins tenir compte des réalités existantes et, naturellement, nous le faisons. Nous savons qu’il existe une seule garantie de notre souveraineté, de notre intégrité territoriale et de l’avenir de notre peuple en tant que nation libre et indépendante : c’est notre volonté, notre détermination, notre puissance militaire, l’unité de notre peuple comme les cinq doigts de la main, notre foi et nos valeurs nationales.
Naturellement, votre déplacement au Garabagh, je le répète une fois de plus, sera très intéressant. Vous découvrirez également un Garabagh en pleine renaissance. Aujourd’hui, des habitants vivent déjà dans 48 villes et villages du Garabagh et du Zenguezour oriental. Autrement dit, les anciens déplacés internes sont retournés dans leurs terres, tandis que ceux qui y travaillent et y étudient s’y sont également installés. Le programme du « Grand retour » est mis en œuvre avec succès. Regardez : plus de 90 000 personnes vivent déjà dans les villes et villages que je viens de mentionner. La vie y a repris son cours, et il s’agit là d’une grande réussite, d’un accomplissement historique pour nous. Pendant trente ans, notre peuple a vécu dans la souffrance et les difficultés. Aujourd’hui, nous vivons cependant en peuple victorieux, en État victorieux.
Je dois également souligner que, malgré toutes ces souffrances, ces tortures et ces génocides, nous n’avons pris aucune mesure de représailles à l’encontre de l’Arménie ou du peuple arménien. Durant la Seconde Guerre du Garabagh, nous avons ciblé uniquement les unités militaires. Contrairement à l’Arménie, nous n’avons jamais fait la guerre à des civils désarmés. Cela est contraire tant à la mentalité qu’aux traditions de notre peuple. J’ai déclaré pendant la guerre que nous devions nous venger sur le champ de bataille, et nous l’avons fait pleinement. Nous avons vengé le sang de nos martyrs, anéanti l’ennemi et contraint celui-ci à capituler. Une nouvelle fois, aujourd’hui, nous vivons et construisons avec fierté, en tant que peuple victorieux.
Pendant les trente années d’occupation du Garabagh, l’État arménien n’a posé une seule pierre sur une autre, ni construit le moindre bâtiment. En revanche, il n’a construit que des villas et des résidences pour ses dirigeants prédateurs, corrompus et assoiffés de sang. Vous allez vous rendre sur place et voir de vos propres yeux l’état dans lequel nous avons transformé cet immense territoire d’environ 15 000 kilomètres carrés — soit la superficie d’un pays entier — en seulement quatre à cinq ans. Vous le verrez de vos propres yeux.
Je vous salue chaleureusement une fois de plus. Je voudrais exprimer tout particulièrement ma gratitude à Sa Sainteté le Cheikh. Sa Sainteté le Cheikh est une personnalité qui jouit d’un profond respect en Azerbaïdjan, dans le Caucase, dans le monde turcique, dans le monde islamique et à travers le monde. Son activité est hautement appréciée tant par le peuple azerbaïdjanais que par les États et les peuples voisins. Les événements organisés sous son égide et à son initiative revêtent une importance considérable pour notre peuple, pour le Caucase, pour le monde turcique et pour le monde islamique. C’est pourquoi, honorable Cheikh, je tiens à vous exprimer ma profonde reconnaissance. Je remercie également tous nos invités d’être à nos côtés aujourd’hui. Je vous souhaite plein succès et souhaite bonheur, paix et excellente santé aux peuples et aux pays que vous représentez.
Merci.
XXX
Le cheikh ul-islam Allahchukur Pachazadé, chef de la Direction des musulmans du Caucase, et Kubanychbek Omuraliev, secrétaire général de l’Organisation des États turciques, Safi Arpagus, président de la Direction des affaires religieuses de Türkiye, Muhammad Abdel Salam, secrétaire général du Conseil des sages musulmans, Mahmud Erol Kiliç, Directeur général du Centre de recherches sur l’histoire, l’art et la culture islamiques (IRCICA), ont eux aussi pris la parole lors de la rencontre.