Plus de 184.000 personnes déplacées au Yémen
Bakou, 6 octobre, AZERTAC
Plus de 184.000 personnes ont été déplacées au Yémen depuis le 1er août, dont la majorité depuis le début de septembre, alors que l’intensification des combats entre les rebelles houthis et les forces progouvernementales a fait également des dizaines de morts et de blessés parmi les civils, selon les dernières données de l’ONU.
D’après la Matrice de suivi des déplacements de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 21.798 personnes ont été déplacées entre le 27 septembre et le 3 octobre, soit une hausse de 26 % par rapport à la semaine précédente. Quelque 6.474 autres personnes ont fui leur domicile le 4 octobre.
Toutes ont besoin de nourriture, d’abris et d’autres formes d’assistance humanitaire, souligne l’OIM.
« Alors que le conflit s’intensifie, de plus en plus de personnes sont plongées dans un cycle effroyable de déplacements, vivant dans la peur pour leur vie et dans l’incertitude quant à leur avenir », a déclaré la Directrice générale de l’OIM, Amy Pope.
Elle a appelé à garantir d’urgence l’accès humanitaire à toutes les personnes touchées et exhorté la communauté internationale à agir davantage pour permettre aux humanitaires de répondre aux besoins les plus urgents.
Des familles exposées
Une évaluation rapide menée la semaine dernière dans trois sites de déplacement à Marib montre l’ampleur des vulnérabilités.
L’absence d’abris sûrs constitue le principal facteur de risque. Certaines familles dorment à même le sol, les exposant aux violences et aux conséquences des combats, notamment aux frappes aériennes. Les femmes et les filles ont également signalé le manque de latrines adaptées.
Près de 45 % des ménages évalués avaient déjà été déplacés auparavant. La perte de biens et l’instabilité des moyens de subsistance réduisent leur capacité à faire face à une nouvelle crise. Dans ces conditions, l’OIM met en garde contre le recours à des stratégies d’adaptation néfastes, notamment le travail des enfants.
Les personnes handicapées, les ménages dirigés par des femmes, les enfants et les personnes âgées figurent parmi les groupes particulièrement vulnérables.
Les équipes de l’OIM travaillent avec les autorités locales et leurs partenaires humanitaires pour fournir aux familles nouvellement déplacées des abris d’urgence, des articles essentiels, une aide en espèces, de l’eau potable, des services d’assainissement et une protection.
46 civils tués depuis août
L’ONU s’inquiète également du coût humain de l’escalade.
Selon le Bureau des droits de l’homme de l’ONU, au moins 46 civils ont été tués depuis le début du mois d’août, dont 24 enfants, et plus de 130 autres ont été blessés, parmi lesquels 84 femmes et enfants.
Les combats ont également endommagé des infrastructures civiles, notamment des habitations et des exploitations agricoles, ainsi que des établissements de santé, d’approvisionnement en eau et d’éducation.
Alors que la situation reste volatile et que de nouveaux déplacements sont possibles, l’OIM appelle à protéger les civils et les travailleurs humanitaires et à garantir un accès sûr et sans entrave aux populations déplacées et aux communautés qui les accueillent.
Un employé du PAM libéré
Dans ce contexte, le Programme alimentaire mondial (PAM) a confirmé la libération récente de l’un de ses employés, détenu arbitrairement par les rebelles houthis qui contrôlent le nord et l'ouest du pays. L’agence s’est dite soulagée qu’il ait pu retrouver sa famille.
« Nous restons solidaires des 72 membres du personnel de l’ONU et des cinq anciens membres du personnel de l’ONU qui restent détenus au Yémen », a déclaré le PAM, qui appelle à leur libération immédiate et sûre.
Lors d’un point de presse lundi à New York, le porte-parole adjoint du Secrétaire général, Farhan Haq, a également salué cette libération.
Il a rappelé que l’ONU poursuivrait « toutes les voies possibles » pour obtenir la libération de l’ensemble du personnel de l’ONU et des autres travailleurs humanitaires détenus, notamment par le dialogue avec les autorités de facto houthies.