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Le président azerbaïdjanais accorde une interview à la chaîne de télévision France-24 VIDEO

Bakou, 28 septembre, AZERTAC

Le président de la République Ilham Aliyev a accordé le 28 septembre une interview à la chaîne de télévision France-24.

L’AZERTAC présente cette interview dans son intégralité :

- Bonjour. Bienvenue pour une interview exclusive sur France-24. Notre invité est aujourd’hui le président d’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev. Il est avec nous depuis Bakou. Merci beaucoup d’être avec nous Monsieur le Président.

- Bonjour. Merci pour cette opportunité de m’adresser à l’opinion publique française.

- Monsieur le Président, cela fait exactement un an après le déclanchement de la guerre entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Votre pays l’a gagnée au bout de 44 jours. La semaine dernière, aux Nations-Unies, pour la première fois depuis la fin des combats, les ministres des affaires étrangères de vos deux pays, l’Arménie et l’Azerbaïdjan, se sont rencontrés. Est-ce que cela signifie que le dialogue recommence entre vos deux pays et est-ce qu’il y a un espoir de paix ?

- Je veux espérer que c’est ce qui est en train de se passer. Car l’Azerbaïdjan, je l’ai dit à plusieurs reprises, a déclaré publiquement qu’il était prêt à établir le dialogue avec l’Arménie. Pas seulement établir un dialogue, mais également prêt à travailler sur un accord de paix à venir entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. La guerre est terminée, le conflit a été résolu. Nous devons donc maintenant lancer de nouvelles activités dans la région pour la rendre plus prévisible, plus stable et plus sûre. La rencontre des ministres des affaires étrangères des deux pays est un bon indicateur. Un bon indicateur de cet effort. J’espère que cette rencontre ne sera pas la seule, mais qu’elle sera le premier jalon d’un nouveau processus. Le processus de normalisation des relations entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, et un processus qui peut, qui doit donner une nouvelle dimension aux larges coopérations dans la région du Sud-Caucase.

- Très bien, est-ce que vous avez tenté de joindre le leadership arménien, le Premier ministre arménien, pour relancer ce dialogue et aller vers la paix ?

- Depuis la fin de la guerre, en novembre dernier, nous n’avons qu’une seule opportunité de nous voir. Durant la rencontre trilatérale organisée par le président Vladimir Poutine à Moscou en janvier. Cette rencontre avait pour enjeu de planifier l’après-guerre, les évolutions d’après-guerre. Depuis lors, nous ne nous sommes pas vus à cause de la pandémie ou à cause d’autres raisons. Mais l’Azerbaïdjan n’a jamais, même durant la guerre, durant l’occupation, n’a jamais rejeté aucune demande de contact de haut niveau. Bien au contraire, nous pensons que des communications de cette nature permettent de répondre aux questions des deux côtés. Ces discussions peuvent également être la base de nouveaux développements dans la région. Notre position est d’aller de l’avant. Nous pensons que le conflit est résolu. Il ne doit pas avoir du retour du passé, de signes de revanchisme en Arménie. Nous devons parler de l’avenir, nous devons parler de la paix et de la façon dont nous pouvons rendre notre région plus sûre et stable.

- Est-ce que vous êtes prêt à appeler le Premier ministre Pachinian et lui dire exactement ça ?

- Probablement pas de la façon que vous suggérez. En général, les contacts entre les dirigeants des deux pays sont organisés par le Groupe de Minsk de l’OSCE. C’est ce groupe qui a proposé l’agenda, qui a organisé la rencontre. En tant que président je n’ai jamais eu une conversation téléphonique avec aucun dirigeant arménien. Donc, ce n’est probablement pas la bonne manière. Mais si les coprésidents du Groupe de Minsk proposent une rencontre de cette nature, nous ne nous y opposerons pas.

- Monsieur le Président, dans un discours pour marquer le déclanchement de la guerre, il y a un an, vous avez dit, je vous cite « Si nous voyons le fascisme arménien de nouveau se montrer, nous allons l’écraser, nous allons écraser le fascisme arménien sans aucune hésitation ». Ça n’a pas l’air d’être une façon de tendre la main.

- J’ai fait cette déclaration car il y a en Arménie la tendance du revanchisme. Au sein de la classe politique, pas seulement dans la position, mais aussi au gouvernement, il y a des déclarations publiques et, surtout, des mesures pratiques prises visant à prendre une revanche, à militariser l’Arménie, à avoir accès à de nouvelles armes modernes dans un seul but : recommencer la guerre. Par conséquent, mes mots ont pu être perçus comme durs, mais la volonté était d’avertir les dirigeants arméniens et la classe politique, leur dire que tout signe de revanchisme, toute menace vis-à-vis de notre peuple, de notre Etat, de notre intégrité territoriale ne serait pas laissé impuni. Et la Seconde Guerre du Karabagh montre que l’Arménie n’a aucune chance face à nous. Nous ne voulons pas commencer une guerre, nous n’en avons pas besoin, même au cours des années de négociations. Mais je pense qu’il est maintenant temps de les avertir d’abandonner les efforts de revanchisme, de se concentrer sur l’avenir.

- Est-ce que vous considérez que vous avez récupéré tous vos territoires ? Vous avez, par le passé, dit des choses, vous avez affirmé qu’Erévan, la capitale arménienne, était un territoire historique de l’Azerbaïdjan. Donc, oui, vous avez gagné des territoires que vous considériez les vôtres l’an dernier, mais il y a toujours des questions. Est-ce que vous avez toujours des revendications territoriales sur des territoires que l’Arménie considère être les siens ?

- Vous ne trouverez nulle part dans mes déclarations une revendication territoriale, mais parallèlement à cela, comme toutes les autres nations nous devrions connaître notre histoire. Notre nouvelle génération devrait connaître son histoire, son histoire ancienne, sur quel territoire nous vivions et comment y retourner. Je pense que nous y retournerons. Comme j’ai dit à plusieurs reprises, pas par un blindé, nous y retournerons en voiture, en train, ou même à pied. Quand la situation sera normalisée, quand un accord de paix aura été signé. Pourquoi ne pas y retourner dans ce contexte. C’est notre droit légitime. Mais pour revenir à votre question, j’aimerais attirer l’attention de vos spectateurs sur le fait que l’Arménie a des revendications territoriales sur l’Azerbaïdjan. L’Arménie affirme que le Haut-Karabagh, comme elle l’appelle, ne nous appartient pas. L’Arménie affirme que soit c’est un territoire arménien, soit c’est une entité indépendante. Mais il n’y a pas de Haut-Karabagh sur la carte politique et géographique de l’Azerbaïdjan. Ce type d’entité n’existe pas. Et par conséquent, c’est l’Arménie qui doit tout d’abord retirer ses revendications territoriales vis-à-vis de l’Azerbaïdjan, se comporter en bon voisin. Et nous ferons de même.

- Est-ce que vous êtes prêts à accorder une autonomie au Haut-Karabagh ? On connaît la position de l’Arménie, mais les Etats-Unis, coprésident du Groupe de Minsk, ont toujours affirmé que le statut du Karabagh n’était toujours pas résolu. Vous dîtes que c’est votre territoire, mais les pays qui sont les médiateurs dans le conflit affirment que ce n’est pas le cas.

- Dire que le conflit n’est pas résolu est contreproductif et dangereux. Cela signifierait qu’il faudrait que les hostilités reprennent afin de résoudre le conflit. Pour revenir à votre question sur l’autonomie. Les coprésidents du Groupe de Minsk connaissent très bien la position de l’Azerbaïdjan. Ils l’ont bien connu au cours de ces 28 années inutiles de négociations, ils savent que nous sommes prêts à accorder aux Arméniens en Azerbaïdjan un certain niveau d’auto-administration. Mais l’Arménie l’a toujours rejeté. L’Arménie a toujours dit non. Elle veut uniquement l’indépendance. Le conflit est maintenant terminé et on parle maintenant d’autonomie, ce qui n’est plus notre agenda. Les Arméniens qui vivent au Haut-Karabagh, dans la zone qui est maintenant sous la responsabilité des forces russes de maintien de la paix sont citoyens de l’Azerbaïdjan, comme tous les autres citoyens azerbaïdjanais.

- Le Haut-Karabagh n’aura pas d’autonomie, c’est désormais hors de question.

- Exactement. C’est tout à fait exclu.

- Je voudrais aborder la question des prisonniers de guerre. Human Rights Watch a accusé l’Azerbaïdjan de les retenir et de les torturer. Quelle est votre réaction ? Etes-vous prêts à échanger des prisonniers de guerre avec l’Arménie en geste de bonne volonté ?

- Nous rejetons bien sûr ces accusations. Tous les prisonniers de guerre qui ont été faits prisonniers durant la guerre ont été envoyés en Arménie. Le gouvernement arménien peut le confirmer. Nous les avons même renvoyés avant que l’Arménie ne nous envoie nos prisonniers. Les personnes dont parlent les ONG sont des individus qui ont été envoyés par le commandement militaire arménien deux semaine après la signature de la déclaration du novembre. Ils ont été envoyés sur nos positions, ils ont commis des crimes, ils ont tué quatre agents azerbaïdjanais. Ils ont été désarmés et capturés. La plupart d’entre eux ont déjà été renvoyés, ceux qui n’ont pas commis de crimes. Ceux qui ont commis des crimes ont été condamnés par la justice.

- Il y a une question, Monsieur le Président. L’organisation Reporters sans frontières vous a demandé d’arrêter les menaces, les violences contre un homme qui s’appelle Mahammad Mirzali, qui est un blogueur azerbaïdjanais réfugié en France, qui a été poignardé sauvagement dans une attaque au mois de mars, ici, sur le territoire français. Donc, selon Reporters sans frontières, vous envoyez des gens pour faire taire ces voix à l’étranger.

- Tout d’abord, je tiens à dire que nous avons rompu toutes les relations avec Reporters sans frontières, avec cette ONG, il y a de nombreuses années, il y a 15 ans, je crois. A cause de leur position partiale et à cause de leur approche très injuste vis-à-vis de l’Azerbaïdjan. Leurs informations n’ont aucune importance ni pour moi ni pour le peuple azerbaïdjanais. Il y a des centaines d’Azerbaïdjanais vivant en Europe, y compris en France, qui n’aiment pas la façon dont les choses se passent en Azerbaïdjan. Ces personnes vivent en France, dans d’autres pays, personne ne leur a fait de mal. Si quelque chose arrive à une personne sur le sol d’un Etat, et bien c’est à la justice de cet Etat de mener des enquêtes. Et ce n’est pas l’affaire des ONG d’accuser l’Azerbaïdjan.

- Donc vous niez toute responsabilité dans l’attaque sur cet individu.

- Absolument. Je récuse ces accusations à cent pour cent. Sans preuve, sans enquête, sans preuve claire, qui a commis quel crime. Toutes les accusations de ce type sont sans fondement et partiales.

- Monsieur le Président Ilham Aliyev, merci d’avoir accordé cette interview exclusive à France-24.

- Merci de m’avoir invité. Au revoir.

 

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