MONDE


Deutsche Welle: Pandémie, changement climatique et conflits alimentent la faim dans le monde

Bakou, 15 octobre, AZERTAC

Dans un rapport publié ce jeudi (14.10.2021) par les ONG Welthungerhilfe et Concern Worldwide, il apparait que la lutte contre la faim dans le monde est loin d'être gagnée.

Mettre un terme à la faim dans le monde d'ici 2030 - c'était un objectif fixé par les Nations unies en 2015. Après des années de progrès pour réduire le nombre de personnes sous-alimentées depuis 1960, atteindre la faim zéro d'ici 2030 semblait être un objectif réalisable. Au cours des deux dernières années, les retombées économiques de la pandémie de Covid-19, le changement climatique et les conflits armés ont ainsi entraîné une augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde. D'abord il y a les chiffres : dans le monde environ 811 millions de personnes souffrent de la faim et ils seraient 41 millions à être menacées par la famine.

Dans l'index global sur la faim publié cette année qui prend en compte la situation dans 128 pays on observe un net recul de la lutte contre la faim, le rapport signale par ailleurs que 47 pays ne seront même pas en mesure d'afficher de faibles niveaux de la faim d'ici 2030. La situation est particulièrement dramatique en Somalie, au Yémen, en Afghanistan, à Madagascar et au Soudan du Sud.

L'Afrique subsaharienne fait partie des régions ayant encore des niveaux élevés de personnes souffrant de la faim. L'une des raisons est notamment le manque de préparation aux catastrophes plus fréquentes liées au changement climatique telles que les tempêtes, les inondations et les sécheresses.

Selon Miriam Wiemers, l'une des auteurs du rapport "de nombreux pays, qui ont une émission de carbone beaucoup plus faible, portent le fardeau de la faim résultant du changement climatique."

L'impact du changement climatique, Joe Mzinga, porte-parole de l'ESAFF, un réseau de petits agriculteurs en Afrique orientale et australe, le souligne aussi. Il évoque également la dépendance à un seul type de culture qui rend les populations particulièrement vulnérables.

Mais il y a aussi les conflits armés. Plus de la moitié des personnes souffrant de malnutrition vivent dans des pays touchés par la violence ou un conflit. Selon Joe Mzinga " s'il y a un conflit, nous ne pouvons pas continuer la production comme d'habitude, et nous ne pouvons pas accéder aux marchés comme d'habitude. "

Si les conflits armés entraînent des situations de famine, à l'inverse une insécurité alimentaire accrue peut contribuer à des conflits violents. Un cercle vicieux.

Autre raison de l'augmentation de la faim dans le monde : la Covid-19. Les ruptures de la chaîne d'approvisionnement et les restrictions visant à endiguer la propagation de la pandémie ont entraîné une augmentation des prix à la consommation et une chute des prix à la production. En raison des impacts durables de la pandémie, le nombre de personnes qui seraient sous-alimentées d'ici 2030 augmentera de 30 millions, selon un rapport de la FAO.

Pour Miriam Wiemers, la question de la faim dans le monde est avant tout une question de droit. " L'accès à la nourriture est un droit humain fondamental, nous avons donc actuellement des millions de personnes dont les droits sont violés au quotidien" précise la chercheuse. Selon elle lutter contre la faim ne se limite donc pas seulement à atteindre des objectifs que la communauté internationale s'est fixée, il s'agit du droit des personnes à avoir accès à une nourriture adéquate. (DW)

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