CULTURE


Le kelaghayi - un couvre-chef traditionnel en soie reconnu par l'UNESCO comme patrimoine culturel immatériel mondial

Bakou, 4 février, AZERTAC

Le kelaghayi est un couvre-chef traditionnel en pure soie pour femmes azerbaïdjanaises, qui a gravé les concepts tels que la pureté, la dignité, la beauté et la paix dans l'esprit du peuple azerbaïdjanais, faisant partie intégrante du patrimoine culturel multiséculaire du pays.

En tant que souvenir et accessoire de mode, le kelaghayi est également très populaire aujourd'hui parmi les visiteurs de l'Azerbaïdjan.

Le kelaghayi peut être de différentes couleurs et tailles, et ses bords sont décorés d'ornements géométriques et variés. Le plus populaire parmi ces ornements est le Buta. On suppose que cet ornement, répandu en Azerbaïdjan, remonte à l'époque du culte du feu.

Le kelaghayi n'est pas seulement un couvre-chef, ses motifs et ornements incarnent de nombreuses caractéristiques de la vie nationale, des cérémonies et des événements liés au monde national et spirituel du peuple azerbaïdjanais. Ainsi, par exemple, lors de la cérémonie de jumelage, après avoir obtenu le consentement du côté de la fille, la femme représentant le côté du marié présente un anneau de mariage enveloppé dans un kelaghayi rouge.

Ancré dans les traditions répandues tout au long de la Route de la soie, l’art du kelaghayi se concentre à deux endroits de l’Azerbaïdjan : la ville de Chéki et le village de Basgal de la région d’Ismayilli. La fabrication du kelaghayi comprend plusieurs étapes : le tissage de l’étoffe, sa teinture et sa décoration à l’aide de blocs de bois. Les tisserands choisissent de fins fils de soie auprès de sériciculteurs et tissent des étoffes sur leurs métiers à tisser avant de les tremper dans un bain bouillant et de les faire sécher pour produire des étoffes carrées. À l’aide de substances végétales, les maîtres-artisans donnent ensuite aux étoffes différentes couleurs et les décorent de différents motifs au moyen de tampons en bois recouverts de solutions à base de colophane, de paraffine et d’huile solide. Les couleurs des foulards ont une signification symbolique souvent liée à des occasions sociales : mariages, cérémonies funéraires, célébrations et activités quotidiennes. L’art de la fabrication du kelaghayi se transmet uniquement par le biais de l’apprentissage informel et constitue avant tout une activité familiale. Chaque famille possède ses propres caractéristiques stylistiques et motifs de décoration. La pratique traditionnelle de la fabrication et du port du kelaghayi est une expression de l’identité culturelle et des traditions religieuses, et un symbole de cohésion sociale qui renforce le rôle des femmes ainsi que l’unité culturelle de la société azerbaïdjanaise.

Chaque kelaghayi a sa propre philosophie des motifs et son but. Le kelaghayi rouge est porté lors des mariages, le blanc et le bleu ou le marron sont portés en semaine et le noir lors des cérémonies de deuil.

En Azerbaïdjan, où la sériciculture et le tissage de la soie se sont développés depuis l'Antiquité, les tissus de soie étaient largement utilisés dans les vêtements nationaux. Au cours de la première moitié du XIXe siècle, la renommée des produits en soie de Basgal dépasse les frontières du pays. En 1862, pour la première fois, la soie azerbaïdjanaise a été présentée à l'Exposition internationale de Londres, où le tisserand de Basgal Nassir Abdulaziz a été honoré d'une médaille d'argent et d'un diplôme pour le doux Kelaghayi et Ganovuz (un tissu de soie très fin et brillant).

Une entreprise stéphanoise était l'un des clients réguliers de la soie de Chéki. Il n'est pas surprenant qu'au début du XIXe siècle, pour le succès dans le domaine de la production de soie, Chéki s'appelait Lyon du Caucase, en le comparant à la capitale française de la soie.

Le village de Basgal, ayant le statut de réserve historique et culturelle d'État, était connu pour ses produits en soie même au XVe siècle. Aujourd'hui, le centre de la soie « Kelaghayi » opère à Basgal, où un musée interactif a été créé. Les visiteurs du musée peuvent non seulement en apprendre davantage sur l'histoire et les traditions du kelaghayi, mais aussi observer le processus de fabrication et voire y participer.

Des voyageurs et diplomates célèbres tels qu'Adam Olearius, Anthony Jenkinson, Evliya Celebi, Alexandre Dumas, Fedot Kotov et d'autres ayant visité l'Azerbaïdjan à des époques différentes ont mentionné le kelaghayi dans leurs notes de voyage.

En mai 2021, l'émission Cult de la chaîne de télévision Euronews, en partenariat avec le ministère azerbaïdjanais de la Culture, a diffusé un reportage vidéo spécial intitulé « Des artisans révèlent les secrets de fabrication de l'iconique kelaghayi ». Le rapport a commencé par dire que la ville historique de Chéki, sur la Route de la soie, en Azerbaïdjan, est depuis longtemps un centre de production de soie et est particulièrement célèbre pour ses foulards appelés kelaghayi.

Le reportage vidéo a mis en évidence les trois étapes de la fabrication du kelaghayi, à savoir le tissage du tissu, la teinture et la décoration sur bois. Il a également été mentionné que le processus de fabrication des kelaghayis traditionnels azerbaïdjanais est un processus minutieux qui exige des compétences et beaucoup de matière première en question, à savoir la soie.

« Heyat Khalilova conçoit et vend des foulards kelaghayi dans son magasin à Bakou. Elle explique qu'il existe un moyen de savoir si un kelaghayi est authentique. S'il peut passer facilement à travers une bague, alors il est authentique », a déclaré l'animateur du programme.

Lors du 4e Festival culturel des ethnosports organisé à Istanbul le 3 octobre 2019 par la Confédération mondiale d’ethnosport, l'équipe équestre et l'ensemble de danse du Service national de protection des frontières de l'Azerbaïdjan ont interprété le spectacle « Le kelaghayi azerbaïdjanais et les chevaux Karabagh », qui a été l'une des meilleures vitrines de la promotion du riche patrimoine culturel et des valeurs nationales du pays.

Le caractère unique de l'artisanat de kelaghayi azerbaïdjanais a été prouvé par son inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO intitulée « L’art et le symbolisme traditionnels du kelaghayi, fabrication et port de foulards en soie pour les femmes » en novembre 2014.

 

 

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