Le 7e Sommet de la CICA entame ses travaux à Bakou
Le président Ilham Aliyev prend la parole lors du sommet MIS A JOUR VIDEO
Bakou, 15 octobre, AZERTAC
Le 7e Sommet de la Conférence pour l'interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA) se déroule à Bakou.
Le président de la République d'Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, a accueilli les chefs d'État et de gouvernement participant au Sommet.
Prenant la parole lors du sommet, le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a dit.
- Honorables chefs d’État et de gouvernement,
Honorables chefs de délégation,
Mesdames et Messieurs,
Je suis heureux de vous accueillir à Bakou à l’occasion du 7ᵉ Sommet de la Conférence pour l’interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA). Je vous remercie tous d’avoir répondu à notre invitation. Je déclare ouvert le 7ᵉ Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la CICA.
Tout d’abord, nous devons adopter l’ordre du jour. En l’absence de toute proposition à ce sujet, l’ordre du jour est adopté.
L’une des questions inscrites à l’ordre du jour concerne l’adhésion de la République démocratique populaire lao à la CICA en qualité d’État membre. Il s’agit du troisième point de notre ordre du jour, et je propose d’adopter la décision relative à l’adhésion du Laos à la CICA en tant qu’État membre.
En l’absence d’objections, la décision relative à l’adhésion de la République démocratique populaire lao à la CICA en qualité d’État membre est adoptée. Je vous félicite.
L’admission du Laos en tant que nouvel État membre témoigne de l’importance croissante et du développement de la CICA en tant que plateforme de dialogue plus inclusive en Asie. Nous nous réjouissons tout particulièrement que cette adhésion intervienne dans le cadre du sommet de Bakou, durant la présidence azerbaïdjanaise de la CICA.
Je félicite Son Excellence le président Thongloun Sisoulith, ainsi que nous tous, pour l’adoption de cette décision.
Le point suivant de l’ordre du jour concerne les interventions des chefs de délégation. Avec votre permission, je prendrai la parole en premier, en ma qualité de président en exercice de la CICA.
Discours du président Ilham Aliyev
- Honorables chefs d’État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs, bienvenue en Azerbaïdjan.
Je tiens tout d’abord à exprimer ma reconnaissance à l’ensemble des États membres de la CICA pour leur soutien unanime à la présidence azerbaïdjanaise en 2024. Nous y voyons une marque de respect et de confiance, ainsi qu’un témoignage de soutien à l’exercice de nos présidences au sein de plusieurs institutions internationales.
Situé au carrefour de l’Asie et de l’Europe, l’Azerbaïdjan joue un rôle croissant en tant que pôle de connectivité dans l’espace eurasiatique. Sa coopération politique, économique, dans les domaines des transports, de l’énergie et de l’humanitaire avec de nombreux pays, sur le plan bilatéral et multilatéral, contribue à renforcer le système de sécurité dans notre région.
L’Azerbaïdjan mène une politique étrangère indépendante, fondée sur les principes d’égalité souveraine, de non-ingérence dans les affaires intérieures ainsi que de respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté des États.
L’Azerbaïdjan s’oppose activement et de manière argumentée à la pratique néfaste des doubles standards et des approches sélectives dans le règlement des conflits interétatiques.
Depuis la restauration de son indépendance, il y a 35 ans, l’Azerbaïdjan a constamment été confronté à des doubles standards. Près de 20 % de son territoire internationalement reconnu a été occupé par l’Arménie pendant 30 ans. L’Arménie a commis une agression militaire contre l’Azerbaïdjan et procédé à un nettoyage ethnique en expulsant un million d’Azerbaïdjanais de leurs terres historiques ancestrales, tant dans le Garabagh et le Zenguezour oriental que sur le territoire de l’actuelle Arménie.
En 1993, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté quatre résolutions exigeant le retrait immédiat, complet et inconditionnel des troupes arméniennes des territoires occupés. Toutefois, ces résolutions sont restées lettre morte pendant 30 ans. Les activités du Groupe de Minsk de l’OSCE, créé en 1992 pour régler le conflit, relevaient davantage d’une simple mise en scène que d’une véritable démarche de règlement.
Les anciens dirigeants arméniens — les trois anciens présidents du pays et leurs partisans —, qualifiés de criminels de guerre et d’assassins d’enfants, n’ont toujours pas reçu la punition qu’ils méritent. Depuis 2018, les dirigeants actuels de l’Arménie ont poursuivi la politique criminelle de leurs prédécesseurs.
En 2019, le Premier ministre arménien actuel avait déclaré à Khankendi, au Garabagh, alors sous occupation, que « le Garabagh, c’est l’Arménie, point final ». À la même époque, le ministre arménien de la Défense menaçait l’Azerbaïdjan d’une nouvelle guerre pour conquérir de nouveaux territoires. La communauté internationale — soi-disant internationale — fermait les yeux sur ces provocations éhontées. Personne n’a condamné l’Arménie pour l’occupation, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les massacres, ni pour la profanation des lieux saints du peuple azerbaïdjanais. Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas insisté sur la mise en œuvre de ses résolutions, l’OSCE est restée indifférente.
Le Parlement européen et le Conseil de l’Europe, deux exemples d’anachronisme et d’atavisme dans les relations internationales, prenaient pour cible l’Azerbaïdjan, victime d’une agression continue, tout en encourageant l’Arménie, pays agresseur.
Le Groupe de Minsk de l’OSCE, créé pour régler le conflit, avait accaparé le processus de règlement et avait été paralysé par ses coprésidents, dont les activités visaient à geler le conflit.
En juillet et août 2020, l’Arménie a effectué deux provocations militaires qui ont coûté la vie à des militaires azerbaïdjanais. La patience du peuple azerbaïdjanais était à bout et l’heure des comptes a sonné.
La Guerre patriotique de 2020 a duré 44 jours. Durant cette période, l’Azerbaïdjan a chassé les forces d’occupation arméniennes des territoires occupés et a libéré plus de 300 villes et villages sur le champ de bataille. Le 10 novembre 2020, l’Arménie a signé un acte de capitulation. Les combats ont cessé, mais une partie des territoires azerbaïdjanais demeurait toujours sous occupation.
Pendant trois ans, l’Azerbaïdjan a tenté de rétablir pleinement sa souveraineté par des moyens pacifiques. Toutefois, l’Arménie a profité du cessez-le-feu pour reconstituer ses forces armées et préparer une nouvelle attaque contre l’Azerbaïdjan, avec le soutien de ses nouveaux alliés occidentaux. C’est précisément ce qui s’est produit en septembre 2023, lorsque le « poing de fer » du soldat azerbaïdjanais s’est de nouveau fait entendre.
En moins de 24 heures, l’armée d’occupation arménienne au Garabagh a été totalement détruite. L’Azerbaïdjan a pleinement rétabli sa souveraineté et son intégrité territoriale, mettant fin au séparatisme. Les dirigeants séparatistes, qualifiés de criminels de guerre et d’assassins d’enfants, ont quant à eux été traduits devant la justice azerbaïdjanaise.
Par sa nature et sa forme, ce procès était l’équivalent du tribunal de Nuremberg. Mais, cette fois, les accusés étaient des fascistes arméniens. Ceux qui nous menaçaient de venir à Bakou avec leurs chars pour occuper la ville et y boire du thé boivent aujourd’hui du thé azerbaïdjanais dans nos prisons. Quant à leurs chars, ils sont exposés au Parc des trophées militaires. À ce propos, afin de mieux comprendre la nature et les caractéristiques de l’occupation ainsi que de la victoire historique du peuple azerbaïdjanais, nos invités peuvent visiter le Parc de la Victoire, le Musée de la Victoire et le Parc des trophées militaires.
J’ai insisté sur cette question, car elle revêt une importance mondiale. Tant que des mécanismes garantissant l’application des décisions et résolutions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations Unies et d’autres organisations internationales ne seront pas mis en place, les guerres et les conflits se poursuivront et de nouveaux foyers de conflit apparaîtront.
Si des sanctions avaient été imposées à l’Arménie en temps voulu pour l’occupation, le génocide et le nettoyage ethnique, l’Azerbaïdjan n’aurait pas été contraint de porter un coup fatal au fascisme arménien sur le champ de bataille. L’impunité accordée à l’agresseur n’a fait qu’accroître davantage son arrogance.
La guerre n’a pas été notre choix. C’est l’Arménie qui nous y a contraints. Ceux qui la soutenaient ne semblaient pas croire que l’Azerbaïdjan rétablirait sa souveraineté et ferait respecter le droit international par la force. Ils se sont tous trompés, sans doute parce qu’ils connaissaient mal le caractère de notre peuple fier et épris de liberté, attaché à ses traditions et à ses valeurs morales.
Nous avons remporté la guerre et chassé les forces d’occupation de nos territoires. Toutefois, malgré les souffrances endurées pendant 30 ans, le génocide et la destruction de nos villes et villages, nous ne nous sommes pas vengés de l’Arménie. Nous avons pris notre revanche sur le champ de bataille, puis proposé la paix à l’Arménie. Là encore, les valeurs morales de notre peuple se sont pleinement manifestées. Nous n’avons pas frappé un adversaire déjà vaincu. Nous ne nous sommes pas abaissés au niveau des barbares et des assassins d’enfants responsables des souffrances infligées à notre peuple. Nous avons proposé la paix et, depuis un peu plus d’un an, nous vivons en paix. Cette paix demeure fragile et doit être préservée et consolidée.
Mesdames et Messieurs,
Au cours de ses deux années de présidence de la CICA, l’Azerbaïdjan a accordé une attention prioritaire au renforcement de l’organisation et a activement encouragé la coopération dans les domaines des transports, de la connectivité, de la numérisation, de la protection de l’environnement, du tourisme, de l’éducation, de la science et d’autres secteurs.
Grâce aux diverses initiatives mises en œuvre avec le soutien unanime de tous les États membres, la CICA est aujourd’hui plus solide sur les plans institutionnel et juridique. Elle compte davantage de membres et dispose de capacités considérablement renforcées pour développer le dialogue et la coopération en vue de promouvoir la sécurité, la prospérité économique et l’interaction dans son espace géographique.
Je saisis cette occasion pour remercier tous les États membres d’avoir soutenu la proposition de prolonger de deux années supplémentaires la présidence azerbaïdjanaise de la CICA.
Merci de votre attention.
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Ensuite, les représentants des autres États membres ont pris la parole.