Déclaration de l'Agence de presse nationale d'Azerbaïdjan -AZERTAC
Bakou, 1er août, AZERTAC
Le 31 juillet, l’agence de presse russe TASS a diffusé un article intitulé « Le monument d'Aïvazovski démoli à Stepanakert » (https://tass.ru/obschestvo/24675415).
Comme le titre lui-même l'indique, la direction de l'agence, avec laquelle l’AZERTAC a constamment entretenu et valorisé de bonnes relations de partenariat et même d'amitié pendant de nombreuses décennies, a changé de manière inattendue son cap précédent et a sorti le toponyme « Stepanakert » de la poubelle de l'histoire.
Mais tout récemment, l'agence a utilisé le nom officiel et historique de la ville dans ses articles – Khankendi (par exemple, 19 juillet https://tass.ru/mezhdunarodnaya-panorama/24558165 , 24 juillet https://tass.ru/politika/24602463 , etc.).
La tentative de TASS de faire revivre un vieux nom, étranger au peuple azerbaïdjanais a provoqué la perplexité et a donné lieu à une question légitime : qu'est-ce qui a soudainement changé la semaine dernière pour que l'agence de presse d'État russe décide de « ressusciter » un toponyme de la période soviétique révolue depuis longtemps ?
Khankendi est le nom historique d'une localité apparue à la fin du XVIIIe siècle. Traduit en azerbaïdjanais, il signifie « village du Khan ». À Khankendi se trouvait le manoir du Khan Ibrahim Khalil, où était gardé le troupeau des chevaux Karabagh du souverain.
Après la création de la Province autonome du Haut-Karabagh par les dirigeants bolcheviques du pays le 7 juillet 1923 (cette étape elle-même devint une mine qui allait exploser au fil du temps et poser les bases de l'injustice et du déséquilibre dans la division administrative et territoriale de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan), la ville de Khankendi, le centre administratif de la région, fut rebaptisée « Stepanakert » le 10 août de la même année en l'honneur de Stepan Shaumian, le « chef de la commune de Bakou », qui était, comme l'écrit l'historiographie soviétique, en réalité le bourreau du peuple azerbaïdjanais.
Le 26 novembre 1991, par décision du Soviet suprême de la République d'Azerbaïdjan, la ville a retrouvé son nom historique. Le 15 octobre 2023, le président de la République d'Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, a hissé le drapeau national de la République d'Azerbaïdjan sur la place centrale de la ville et, le jour des dernières élections présidentielles, le 7 février 2024, il a voté dans cette ville, qualifiant le bulletin qu'il avait déposé dans l'urne de « dernier clou dans le cercueil des séparatistes arméniens ».
Le titre et le texte de l’article d'aujourd'hui de TASS ont suscité la perplexité, voire l'indignation, au sein de la société azerbaïdjanaise. Le changement de cap de la direction des médias d'État russes porte atteinte aux relations d’amitié entre les deux agences et équipes et envoie un signal dangereux à l'ensemble de l'espace médiatique russe. Guidé uniquement par la bonne volonté et le désir de maintenir des liens de longue date entre les deux agences, l'AZERTAC appelle ses confrères de TASS à s'abstenir de répéter de telles actions à l'avenir et à orienter tous les efforts vers l'amélioration des relations au lieu d'approfondir d'éventuels désaccords.
De son côté, l'AZERTAC est autorisée à déclarer que l'agence s'engage à maintenir de bonnes relations avec l’agence de presse TASS, tout en attendant que ses confrères russes corrigent l'erreur commise. Si la partie azerbaïdjanaise ne fait pas preuve de respect et de compréhension mutuels, il sera alors, avec grand regret, obligé de rappeler et d’utiliser les noms historiques de Kaliningrad (Königsberg), Orenbourg (Orynbor), Volgograd (Sarysu), Grozny (Solzha-Gala), Novorossiysk (Sudjuk-Kale), Ioujno-Sakhalinsk (Toyohara), Ioujno-Kourilsk (Furukamappu), Petrozavodsk (Petroskoi), Ijevsk (Izhkar), la Volga (Itil) et un certain nombre d’autres endroits en réponse.