Des représentants de la Kanaky se réunissent à Paris pour réclamer leur indépendance VIDEO
Paris, 27 février, AZERTAC
Dans le bâtiment du centre syndical La Bourse du travail à Paris, capitale française, s'est tenu un événement intitulé « Réunion publique de solidarité avec la Kanaky », en présence du sénateur Robert Xowie, représentant du peuple kanak, indépendantiste de la Nouvelle-Calédonie, ainsi que d’une délégation du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS).
La première demande des participants à la réunion était la libération des cinq activistes arrêtés à la suite des heurts entre la police et les manifestants en Nouvelle-Calédonie le 21 février.
Les partisans de l’indépendance kanak qui ont pris la parole lors de la réunion ont souligné qu’ils voulaient que le gouvernement français entende leur voix. Ils expriment également leur protestation contre le fait qu'après 170 ans de colonisation des terres appartenant au peuple kanak et 40 ans depuis la création du FLNKS, le gouvernement français a unilatéralement proposé deux projets de loi sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, mettant ainsi en question l'avenir de ce peuple.
Les résultats du troisième référendum sur l'autonomie qui a eu lieu en 2021 ont été unanimement mis en question. Bien que les indépendantistes de la Nouvelle-Calédonie aient demandé le report de ce référendum en raison du confinement pendant la pandémie de COVID-19, l'État français a imposé ce processus, privant ainsi le peuple kanak de la possibilité de participer au référendum. Les indépendantistes ne reconnaissent pas les résultats du référendum, le FLNKS a déposé une plainte auprès de la Cour internationale de justice contestant l'inadmissibilité des conditions de sa tenue. Les Kanaks déclarent qu'actuellement, le gouvernement français souhaite reporter les élections provinciales sous prétexte de « démocratie » et apporter des modifications à l’organe électoral. L’objectif est de mettre fin au processus de décolonisation entamé il y a plus d’une trentaine d’années et de rétablir la pratique éprouvée de transformer le peuple kanak en une minorité. C’est une sorte de moyen de favoriser la recolonisation du territoire et de transformer les Kanaks en une minorité nationale. Avec ces deux projets de loi, l’État a l’intention d’annuler rapidement l’Accord de Nouméa. Le projet de loi sur les modifications relatives au report des élections provinciales du 27 février sera soumis au Sénat, puis à l’Assemblée nationale. Le deuxième projet de loi sur la modification de la composition des électeurs sera débattu au Sénat à partir de mars. Si aucun accord n’est conclu avec les indépendantistes d’ici le 1er juillet, le gouvernement a l’intention d’utiliser la force en convoquant un Congrès à Versailles.
Exprimant leur solidarité avec le peuple kanak, les participants à la réunion ont souligné qu’il était temps de se mobiliser pour faire respecter ses droits, y compris le désir d’obtenir une pleine souveraineté. Il a été souligné qu’après les affrontements des années 1984-1988, le compromis entre l’État français et le peuple kanak, dont certaines conditions étaient inscrites dans la Constitution, avait permis de commencer le processus de décolonisation et d’autodétermination, qui a perduré pendant plus de 30 ans.
Il est indiqué que les autorités actuelles entreprenaient des manœuvres en vue de mettre fin à l’Accord de Nouméa. Elles cherchent à persuader la population que le troisième référendum tenu en 2022 permet à la Nouvelle-Calédonie de prendre une décision démocratique tout en restant au sein de la France. Cela constitue une violation du droit fondamental du peuple colonisé de prendre des décisions au nom de l’avenir de son pays, ainsi que des résolutions adoptées à cet égard par l’ONU. Dans le même temps, cela ignore la demande des Kanaks de reporter le référendum en raison de la situation défavorable après la pandémie de COVID-19.
Il a également été souligné que l’« intérêt national » de Macron et de son gouvernement est que la Nouvelle-Calédonie devienne définitivement française. Selon leur point de vue, cela garantit une activité économique et stratégique dans une zone de plus en plus cruciale connue sous le nom d’Indo-Pacifique. Ainsi, le gouvernement justifie sa persistance dans une attitude néocoloniale arrogante et son manque de respect envers le peuple kanak.
Les participants à la réunion ont souligné que la poursuite et l’approfondissement du processus de décolonisation dans la région de l’Indo-Pacifique et au-delà doivent faire de la lutte contre les inégalités sociales une priorité au profit du développement du pays et du progrès socio-démocratique. Dans le même temps, au lieu des propositions de recolonisation de la Nouvelle-Calédonie, il convient de prendre au sérieux les propositions de partenariat et d’indépendance.
L’accent a été mis sur la nécessité de se rassembler autour des Kanaks et de manifester une solidarité envers eux dans leur lutte difficile contre les forces en France qui défendent le colonialisme et s’opposent au droit des peuples à l’autodétermination.