Des personnes blessées, victimes des mines, prises en otage à la suite des provocations de l’armée arménienne témoignent devant le tribunal VIDEO
Bakou, 8 août, AZERTAC
Le procès des citoyens de la République d'Arménie, à savoir Araïk Haroutiounian, Arkadi Ghoukassian, Bako Sahakian, Davit Ichkhanian, David Babayan, Levon Mnatsakanian et d'autres, accusés de crimes contre la paix et l'humanité, de crimes de guerre, y compris la préparation et la réalisation d'une guerre d'agression, de génocide, de violations des lois et coutumes de la guerre, ainsi que d'actes de terrorisme, de financement du terrorisme, de prise et de maintien du pouvoir par la force, et de nombreux autres crimes, s’est poursuivi vendredi 8 août.
Lors de l’audience tenue au Tribunal militaire de Bakou dans le Complexe judiciaire de Bakou, présidée par le juge Zeynal Aghaïev et composée de Djamal Ramazanov et Anar Rzaïev (juge suppléante Gunel Samadova), des interprètes et des avocats de la défense ont été mis à la disposition des accusés.
Les personnes accusées et leurs avocats, une partie des victimes, leurs héritiers et représentants légaux, ainsi que des procureurs ont pris part à l’audience.
Le juge Zeynal Aghaïev a présenté les juges, les procureurs, les traducteurs ainsi que les autres participants aux victimes présentes pour la première au procès, en leur expliquant leurs droits et obligations légaux.
Des victimes ont témoigné devant le tribunal.
La victime Lenkeran Djafarli a témoigné qu’il avait été blessé à la suite d'une explosion d'obus tirée par les forces armées arméniennes lors de l'évacuation de civils dans le village de Tchemenli, dans la région d'Aghdam, pendant la guerre de 44 jours en 2020.
Chemsi Kazymly a déclaré dans son témoignage avoir reçu deux blessures par balle à Hadrout le 19 octobre, pendant la guerre patriotique. La victime a déclaré avoir été blessée par un objet contondant le 12 mai 2021 à la frontière conditionnelle entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, dans la région de Latchine, en direction de Gorous-Sisyan. Il a précisé que les forces armées arméniennes et les civils armés présents dans la zone au moment des faits comptaient environ 400 à 500 personnes. « Ils nous ont encerclés. Aucun coup de feu n'a été tiré, nous étions en train de discuter. Soudain, ils nous ont tiré dessus par derrière avec un objet contondant. Six personnes ont été blessées, dont moi », a-t-il déclaré.
Azad Akhoundov a fait une déclaration similaire à celle de Chemsi Kazymly, qui a témoigné devant lui. Il a déclaré avoir été blessé à la suite d'un coup de crosse de fusil à la frontière conditionnelle entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, le 12 mai 2021.
Ranil Abdoullaïev a déclaré dans son témoignage avoir été blessé par l'explosion d'un obus de mortier à Sougovouchan le 21 octobre, pendant la guerre de 44 jours.
Niyaz Karimov, héritier légal d'Elvin Karimov, a déclaré dans son témoignage que son frère était tombé en martyr suite aux tirs des forces armées arméniennes pendant la guerre de 44 jours.
Idris Mirzeïev, a déclaré avoir été capturé par les forces armées arméniennes dans la région de Terter en avril 1994. Il a déclaré avoir été détenu pendant sa captivité à la prison de Choucha, à Aghdéré et à Khankendi. Il a été recruté de force pour divers travaux de construction dans le village d'Aghboulag (région de Khodjavand, ndlr), alors sous occupation des forces armées arméniennes. Durant sa captivité, il a été battu et torturé, notamment avec une bouteille cassée sur la tête. Suite à ses blessures, sa colonne vertébrale a été endommagée, ce qui explique sa boiterie.
Habib Aliyev a déclaré avoir été fait prisonnier en 1992 alors qu'il effectuait son service militaire actif à Latchine, après avoir été blessé au combat. Il a déclaré avoir été battu et torturé pendant sa blessure. Le soldat capturé a été brûlé sous ses yeux. Habib Aliyev a été détenu dans un sous-sol pendant un an et huit mois de captivité. Il a été libéré le 8 mai 1995.
Mahir Abilov a déclaré avoir été blessé par l'explosion d'une mine en novembre 2021 alors qu'il travaillait pour la société « Azerisiq » dans le village de Gulebird de la région de Latchine.
Dilafrouz Elekberova a déclaré dans son témoignage qu'elle et les membres de sa famille avaient été déplacés à l'intérieur du pays suite à l'occupation du village d'Ismayilbeyli, région d'Aghdam, par les forces armées arméniennes en 1993. Tous leurs biens sont restés dans les territoires occupés à cette époque.
Tovouz Djalilova a déclaré que son mari, Bedirkhan Djalilov, avait disparu le 17 avril 1994 lors des combats dans le village de Gulludja, dans la région d'Aghdam.
Gulizar Salahova a déclaré que son fils, Salahov Valeh, avait disparu le 10 janvier 1994 lors des combats dans le village d'Abdurrahmanli, dans la région de Fuzouli.
Ofelia Almouradova a déclaré avoir été déplacée à l'intérieur du pays avec les membres de sa famille, composée de six personnes, suite à l'occupation de la région de Zenguilan par les forces armées arméniennes. Son frère a été blessé et son cousin a disparu.
Zumrud Abdoulrahimova, héritière légale de la victime Djafarov Emin Kheyroulla oghlou, a déclaré dans son témoignage que son frère était tombé en martyr lors des combats dans la région de Fuzouli le 26 décembre 1993.
Mahir Aghayev a déclaré dans son témoignage que la maison à deux étages où il vivait dans la région de Fuzouli avait été détruite par des tirs d'artillerie des forces armées arméniennes en 1993 et qu'il était devenu un déplacé interne après un certain temps en raison de l'occupation.
Gandjali Karimov a déclaré être devenu un déplacé interne du village de Khanalylar, dans la région de Latchine, en mai 1992. Il a déclaré que les soldats des forces armées arméniennes avaient pillé et incendié les maisons du village.
Sevindj Esguérova a déclaré qu'ils étaient devenus des déplacés internes du village de Mindjivan de la région de Zenguilan en 1993. Elle a précisé qu'à cette époque, ils avaient traversé le fleuve Araz pour se rendre en Iran.
Tahir Nedjmeddinov a déclaré avoir été blessé lors des combats d'avril 2016, le 3 avril, par l'explosion d'un obus de mortier tiré par les forces armées arméniennes.
Habib Imanly a déclaré que son père et son grand-père avaient été tués lors du génocide de Khodjaly, dans la nuit du 25 au 26 février 1992.
Sevindik Aliyev a déclaré dans son témoignage que sa mère, Sitaré Aliyeva, avait été tuée lors du bombardement du village d'Aïbassanly, dans la région de Fuzouli, où il résidait, par les forces armées arméniennes, le 29 mai 1993. Après un certain temps, il est devenu un déplacé interne.
Les victimes ont également répondu aux questions des accusés, de leurs avocats et de leurs propres représentants.
Le procès se poursuivra le 11 août.
Il convient de noter que 15 personnes d'origine arménienne sont accusées dans le cadre d'une affaire pénale portant sur de nombreux crimes commis au cours de la guerre d'agression menée par l'État arménien et de l’organisation criminelle susmentionnée. Cette guerre a été menée sous la direction et avec la participation directe des organismes étatiques arméniens, de leurs responsables, de leurs forces militaires et d’unités armées illégales. Elle s'est déroulée sous la gestion centralisée et le contrôle strict de l'Arménie, avec des ordres, directives et instructions donnés à la fois verbalement et par écrit, ainsi qu'un soutien matériel, technique et en personnel fourni par l'État arménien. L'affaire concerne également la création d’entités illégales sur le territoire de l'Azerbaïdjan dans le but d'agresser militairement le pays, en violation des normes du droit interne et international. Parmi les figures impliquées directement ou indirectement dans ces actes figurent Robert Kotcharian, Serge Sarkissian, Vazgen Manoukian, Vazgen Sarkissian, Samvel Babayan, Vitali Balassanian, Zori Balayan, Seyran Ohanyan, Archavir Karamian, Monte Melkonian et d'autres encore.
Il est à noter que 15 personnes, dont Araïk Haroutiounian, Arkadi Ghoukassian, Bako Sahakian, Davit Ichkhanian, David Manoukian, David Babayan, Levon Mnatsakanian, Vassili Beglaryan, Erik Ghazaryan, Davit Allahverdian, Gourgen Stepanian, Levon Balayan, Madat Babayan, Garik Martirossian et Melikset Pachayan, sont inculpées en vertu des articles 100 (planification, préparation, déclenchement et conduite d'une guerre d'agression), 102 (attaque contre des personnes ou des organisations bénéficiant d'une protection internationale), 103 (génocide), 105 (extermination de la population), 106 (réduction en esclavage), 107 (déportation ou déplacement forcé de la population), 109 (persécution), 110 (disparition forcée de personnes), 112 (privation de liberté contraire au droit international), 113 (torture), 114 (mercenariat), 115 (violation des lois et coutumes de la guerre), 116 (violation du droit international humanitaire en temps de conflit armé), 118 (pillage militaire), 120 (meurtre intentionnel), 192 (entrepreneuriat illégal), 214 (terrorisme), 214-1 (financement du terrorisme), 218 (création d'une association (organisation) criminelle), 228 (acquisition, transfert, vente, stockage, transport et possession illégaux d'armes, de leurs composants, de munitions, d'explosifs et de dispositifs), 270-1 (actes menaçant la sécurité de l'aviation), 277 (assassinat d'un fonctionnaire d'État ou d'une personnalité publique), 278 (prise et maintien du pouvoir par la force, changement forcé de la structure constitutionnelle de l'État), 279 (création d’unités et groupes armés non prévus par la loi) ainsi que d'autres articles du Code pénal de la République d'Azerbaïdjan.