Les déclarations relatives aux meurtres et aux prises d’otages commises par les forces armées arméniennes contre des civils azerbaïdjanais présentées au tribunal - PROCÈS VIDEO
Bakou, 20 octobre, AZERTAC
Le procès des citoyens de la République d’Arménie, à savoir Araïk Haroutiounian, Arkadi Ghoukassian, Bako Sahakian, Davit Ichkhanian, David Babayan, Levon Mnatsakanian et d'autres, accusés de crimes contre la paix et l'humanité, de crimes de guerre, y compris la préparation et la réalisation d'une guerre d'agression, de génocide, de violations des lois et coutumes de la guerre, ainsi que d'actes de terrorisme, de financement du terrorisme, de prise et de maintien du pouvoir par la force, et de nombreux autres crimes, s’est poursuivi lundi 20 octobre.
Lors de l’audience tenue au Tribunal militaire de Bakou dans le Complexe judiciaire de Bakou, présidée par le juge Zeynal Aghaïev et composée de Djamal Ramazanov et Anar Rzaïev (juge suppléante Gunel Samadova), des interprètes et des avocats de la défense ont été mis à la disposition des accusés.
Les personnes accusées et leurs avocats, une partie des victimes, leurs héritiers et représentants légaux, ainsi que des procureurs ont pris part à l’audience.
Avant tout, l’accusé Davit Ichkhanian a demandé que deux documents supplémentaires soient examinés comme preuves par le tribunal.
Le président de l’audience, Zeynal Aghaïev, a précisé que ces documents pourraient être examinés en tant que preuves à condition qu’ils soient présentés au tribunal par l’accusé lui-même ou par son avocat.
Davit Ichkhanian a indiqué souhaiter s’entretenir en toute confidentialité avec son avocat pendant la pause de l’audience. Le président de l’audience a donné son accord à cette demande.
L’accusé David Babayan a également demandé au tribunal que plusieurs documents relatifs à certains incidents soient ajoutés au dossier pénal et examinés comme preuves.
Le président a fait savoir à l’accusé que la question de l’examen des documents relatifs aux incidents mentionnés serait examinée une fois que ces documents seraient présentés au tribunal.
L’accusé Arkadi Ghoukassian a pris la parole pour exprimer ses observations générales sur les documents examinés et a également déclaré qu’il n’était pas d’accord avec certains documents et les informations qui y étaient présentées.
Ensuite, lors de l’audience, les déclarations des victimes qui n’avaient pas pu assister au procès pour des raisons valables et qui avaient saisi le tribunal à ce sujet ont été lues.
Selon la déclaration lue, la victime Chakir Albalyev a indiqué qu’il avait été appelé au service militaire en juin 1992. Sa maison et ses biens se situaient dans le village de Dagh Toumas de la région de Djabraïl. Le 25 août 1993, les forces armées arméniennes ont assiégé son bataillon et l’ont soumis à des tirs intenses. À cette période, les forces armées arméniennes ont occupé et incendié plusieurs villages de la région de Djabraïl, notamment son village natal Dagh Toumas et le village de Pirassad où résidaient ses parents.
Avec lui se trouvaient Muchvig, Almammad, Mezahir Mammadov, Mezahir Djabraïlov et plusieurs autres personnes dont il ne se souvenait plus les noms. Alors qu’ils étaient dans le village de Dagh Toumas, ils ont aperçu les corps de Mahammad Aliyev et d’une femme âgée nommée Bénövché, qui avaient été tués par les forces armées arméniennes devant leurs maisons.
Chakir Albalyev a été capturé le 26 août par les forces armées arméniennes près du village de Sofoulou de la région de Djabraïl. Pendant sa captivité, il a été battu et soumis à de graves tortures. Le 28 août 1993, il a réussi à s’évader de la captivité.
Selon la déclaration lue de la victime Elchen Nouhiyev, le 2 juillet 1993, alors qu’il se trouvait chez son grand-père dans le village de Gorazylly de la région de Fuzouli, il a été pris en otage par les forces armées arméniennes avec son père Arif, sa mère Mekhmer, son frère Rövchen, son oncle Vaguif, la femme de son oncle Raïssé et ses filles Sevil et Sevda, son oncle Balaï, la femme de son oncle Raïssé, son oncle Marks, ainsi que ses grands-mères Tamacha et Maïa. Ils ont été emmenés dans la région de Khodjavend, puis à l’hôpital pour enfants de la ville de Khankendi. Le même jour, son père Arif, ses oncles Vaguif, Balay et son oncle Marks (frère de sa mère) ont été séparés du groupe et conduits à la prison de Choucha. D’autres personnes originaires des régions de Latchine, Abchéron et Kelbedjer ont également été détenues à Khankendi.
De plus, à l’hôpital pour enfants de la ville de Khankendi, Kamo et d’autres surveillants arméniens les ont soumis à divers types de tortures. Après y avoir été détenus pendant 4 mois et 5 jours, ils ont été libérés de la captivité au début du mois de novembre 1993 dans le territoire du village de Guervend de la région d’Aghdam.
Environ un mois plus tard, sa mère Mekhmer a été libérée. Son père Arif avait été libéré avant elle. Il a appris de son père que son oncle Vaguif avait été régulièrement battu en captivité et était décédé des suites des sévices infligés.
Selon une autre déclaration lue, Mehriban Karimova, entendue en tant qu’héritière légale de la victime décédée, a indiqué que le 8 avril 1992, les forces armées arméniennes ont lancé une attaque armée contre le village d’Aghdaban de la région de Kelbejder, tuant intentionnellement plusieurs personnes et infligeant de graves blessures à d’autres. Elle a précisé qu’elle-même, son père Sovet Karimov, l’enseignante d’azerbaïdjanais et de littérature azerbaïdjanaise, Sevindj Gouliyeva ainsi que les enfants de cette dernière, Zufliyyé Gouliyeva et Samir Gouliyev, ont été pris en otage. Sa mère Qemer a été tuée le même jour par des tirs d’arme automatique.
Les soldats des forces armées arméniennes brûlaient les maisons du village sans tenir compte de leur occupation et tuaient les habitants qu’ils rencontraient sur la route à l’aide d’armes à feu.
Avec son père, elle a été témoin oculaire de cette barbarie, voyant devant ses yeux ses compatriotes être massacrés de manière brutale.
Mehriban Karimova a indiqué qu’elle avait également observé au fil du passage des soldats arméniens le pillage des maisons, le vol des objets de valeur et du bétail.
Dans sa déclaration, elle a également indiqué qu’après avoir été pris en otage, ils ont été emmenés au centre du village, dans la maison d’une femme âgée. En entrant, elle a vu une enfant d’environ six ans, nommée Ulviyyé, allongée sur le sol. Il s’est avéré que les Arméniens avaient tiré sur Ulviyyé et son père Djamal, qui le portait sur son dos, les tuant tous les deux. De plus, un habitant du village nommé Toural, présent à ce moment-là, a été conduit les mains liées vers un tas de foin. Une fois arrivé, il a été touché par des tirs d’arme automatique par derrière, puis le tas de foin a été incendié avec Toural à l’intérieur et il est mort brulé vif.
Par la suite, elle a appris que la mère de Toural avait également été tuée par des tirs d’arme automatique à la tête.
Dans sa déclaration, elle a également indiqué que lors de l’attaque, les Arméniens avaient brûlé vif son oncle, Goulou Gourbanov, petit-fils d’Achoug Chemchir. De plus, les proches d’Achoug Chemchir — Bekir, Zeyneb, Goulou, Gara et d’autres membres de la famille — ont également été tués par les Arméniens. Certains d’entre eux ont été brûlés dans leurs maisons avec les membres de leur famille.
Mehriban Karimova a été libérée de la captivité un mois plus tard.
Selon une autre déclaration, Sakit Feyzoullaïev, représentant légal de la victime décédé Behram Ibrahimov, a indiqué qu’il avait appris le 7 octobre 2020 que son fils était tombé en martyr lors des combats près du village de Sougovouchan de la région d’Aghdéré.
Selon la déclaration de Mahir Mahmoudov, représentant légal de la victime décédée Mourad Mahmoudov, son enfant est tombé en martyr le 10 octobre 2020 lors des combats près du village de Sougovouchan de la région d’Aghdéré, suite à des tirs de sniper des forces armées arméniennes.
D’après les témoignages des personnes reconnues comme victimes et entendues, à savoir Vugar Suleymanov, Taleh Nebiyev, Tadjeddin Karimov, Aïkhan Djamalzadé, Vourghoun Ebilov, Faïg Safarov et d’autres, elles ont subi des blessures à différents moments à la suite de l’explosion de mines et d’autres munitions.
Les déclarations d’un certain nombre d’autres victimes ont également été lues lors de l’audience.
Le procès se poursuivra le 23 octobre.
Il convient de noter que 15 personnes d'origine arménienne sont accusées dans le cadre d'une affaire pénale portant sur de nombreux crimes commis au cours de la guerre d'agression menée par l'État arménien et de l’organisation criminelle susmentionnée. Cette guerre a été menée sous la direction et avec la participation directe des organismes étatiques arméniens, de leurs responsables, de leurs forces militaires et d’unités armées illégales. Elle s'est déroulée sous la gestion centralisée et le contrôle strict de l'Arménie, avec des ordres, directives et instructions donnés à la fois verbalement et par écrit, ainsi qu'un soutien matériel, technique et en personnel fourni par l'État arménien. L'affaire concerne également la création d’entités illégales sur le territoire de l'Azerbaïdjan dans le but d'agresser militairement le pays, en violation des normes du droit interne et international. Parmi les figures impliquées directement ou indirectement dans ces actes figurent Robert Kotcharian, Serge Sarkissian, Vazgen Manoukian, Vazgen Sarkissian, Samvel Babayan, Vitali Balassanian, Zori Balayan, Seyran Ohanyan, Archavir Karamian, Monte Melkonian et d'autres encore.
Il est à noter que 15 personnes, dont Araïk Haroutiounian, Arkadi Ghoukassian, Bako Sahakian, Davit Ichkhanian, David Manoukian, David Babayan, Levon Mnatsakanian, Vassili Beglaryan, Erik Ghazaryan, Davit Allahverdian, Gourgen Stepanian, Levon Balayan, Madat Babayan, Garik Martirossian et Melikset Pachayan, sont inculpées en vertu des articles 100 (planification, préparation, déclenchement et conduite d'une guerre d'agression), 102 (attaque contre des personnes ou des organisations bénéficiant d'une protection internationale), 103 (génocide), 105 (extermination de la population), 106 (réduction en esclavage), 107 (déportation ou déplacement forcé de la population), 109 (persécution), 110 (disparition forcée de personnes), 112 (privation de liberté contraire au droit international), 113 (torture), 114 (mercenariat), 115 (violation des lois et coutumes de la guerre), 116 (violation du droit international humanitaire en temps de conflit armé), 118 (pillage militaire), 120 (meurtre intentionnel), 192 (entrepreneuriat illégal), 214 (terrorisme), 214-1 (financement du terrorisme), 218 (création d'une association (organisation) criminelle), 228 (acquisition, transfert, vente, stockage, transport et possession illégaux d'armes, de leurs composants, de munitions, d'explosifs et de dispositifs), 270-1 (actes menaçant la sécurité de l'aviation), 277 (assassinat d'un fonctionnaire d'État ou d'une personnalité publique), 278 (prise et maintien du pouvoir par la force, changement forcé de la structure constitutionnelle de l'État), 279 (création d’unités et groupes armés non prévus par la loi) ainsi que d'autres articles du Code pénal de la République d'Azerbaïdjan.