Les témoignages concernant les tortures subies par les Azerbaïdjanais détenus en captivité et pris en otage par l’Arménie sont rendus publics – PROCÈS VIDEO
Bakou, 23 octobre, AZERTAC
Le procès des citoyens de la République d’Arménie, à savoir Araïk Haroutiounian, Arkadi Ghoukassian, Bako Sahakian, Davit Ichkhanian, David Babayan, Levon Mnatsakanian et d'autres, accusés de crimes contre la paix et l'humanité, de crimes de guerre, y compris la préparation et la réalisation d'une guerre d'agression, de génocide, de violations des lois et coutumes de la guerre, ainsi que d'actes de terrorisme, de financement du terrorisme, de prise et de maintien du pouvoir par la force, et de nombreux autres crimes, s’est poursuivi jeudi 23 octobre.
Lors de l’audience tenue au Tribunal militaire de Bakou dans le Complexe judiciaire de Bakou, présidée par le juge Zeynal Aghaïev et composée de Djamal Ramazanov et Anar Rzaïev (juge suppléante Gunel Samadova), des interprètes et des avocats de la défense ont été mis à la disposition des accusés.
Les personnes accusées et leurs avocats, une partie des victimes, leurs héritiers et représentants légaux, ainsi que des procureurs ont pris part à l’audience.
Au cours du procès présidé par Zeynal Aghaïev, 82 victimes ont indiqué qu’elles ne pouvaient pas comparaître devant le tribunal et ont demandé que les dépositions qu’elles avaient fournies durant l’enquête préliminaire soient examinées. Aucune objection n’ayant été soulevée quant à la lecture de ces témoignages, leurs dépositions ont été présentées lors de l’audience.
Les déclarations des victimes ont révélé en détail les actes de brutalité et les sévices graves infligés par les militaires arméniens aux prisonniers et aux otages azerbaïdjanais.
Dans sa déposition, Azad Tahirov a indiqué qu’un policier arménien nommé Maksime lui avait porté un coup, lui brisant une dent. L’incident le plus grave, toutefois, a été lorsque Maksime a joué à la « roulette russe » avec une arme à feu : Taghy Baïramov a été tué sur-le-champ et son corps enterré sur la berge d’une rivière.
Talyb Taghyev a déclaré qu’en 1991, son véhicule avait été intercepté près du village de Havysly, dans la région de Djabraïl, et qu’il avait été conduit au poste de police de Hadrout, où il avait été soumis à des tortures. Au cours de l’enquête, il a identifié V. E. Martirossian, M. G. Konstandov et P. M. Aïrian comme étant les personnes l’ayant torturé.
Ilham Aghaïev a déclaré avoir été blessé et capturé dans la région de Terter en 1994. Il a affirmé avoir été détenu au préalable dans le village de Garadaghly et à l'hôpital pédiatrique de la ville de Khankendi, avant d'être incarcéré à la prison de Choucha. Il a également indiqué que ses blessures n'avaient pas été soignées et qu'il avait été battu par un surveillant nommé Kamo.
Vahid Rahimov a indiqué qu'il avait été pris en otage avec son épouse, Galina Fadina, lors de l'occupation du village de Khanlyg de la région de Goubadly, en 1993. Il a précisé avoir été soumis à de graves tortures, notamment des coups portés avec la crosse d'un fusil automatique et coups de pied.
Rassim Mammadov a affirmé avoir été capturé inconscient en 1993 après avoir été blessé dans l'explosion d'un obus. Il a déclaré avoir été soumis à de mauvais traitements et à des passages à tabac dans un lieu inconnu, puis dans une ferme située dans le district de Gorous, en Arménie.
Nazim Abdoullaïev a déclaré avoir été capturé en 1991 entre Khankendi et Choucha. Il a affirmé avoir été détenu sans nourriture ni eau et avoir été sauvagement battu pendant trois jours.
Ilham Rahimov a déclaré que lors de l'occupation du village de Garadaghly, lui-même et quatre de ses camarades avaient été blessés, tandis que six autres personnes avaient été tuées.
Niyyet Ahmadov a indiqué qu'en 1993, alors qu'il se cachait dans une grotte avec des membres de sa famille dans le village de Bachlybel, à Kelbedjer, ils avaient été pris sous les tirs. Il a précisé que Boussat, Zövqiyyé et dix autres personnes étaient décédées des suites de blessures par balle, et que lui-même ainsi que ses proches blessés avaient été pris en otages. Il a également affirmé avoir été torturé à l'Hôpital pédiatrique de Khankendi par des médecins arméniens sans administration d'antalgiques, et avoir été témoin des sévices infligés à d'autres prisonniers azerbaïdjanais blessés.
Solmaz Aliyeva a déclaré qu'en 1992, lors de l'attaque contre Choucha, elle s'était cachée avec sa famille dans un sous-sol, avant d'être prise en otage et emmenée au centre de détention de Khankendi. Elle a affirmé y avoir été menacée de mort étant détenue sans nourriture pendant quatre jours.
Gadir Mammadov a indiqué avoir été capturé dans la région de Fuzouli en 1993, détenu pendant un an et demi à la prison de Choucha, et s'être enfui de captivité après avoir été soumis à de graves tortures.
Etrabé Aliyeva a dit que durant la tragédie de Khodjaly en 1992, le mari de sa sœur, Tapdyg, et sa fille de 8 ans avaient été tués par les tirs des soldats arméniens. Elle-même blessée, elle a réussi à arriver à Agdam avec de grandes difficultés.
Arif Azizov a déclaré qu'après s'être cachés dans un sous-sol, des résidents de Khodjaly s'étaient dirigés vers la forêt en direction du village de Nakhtchivanli. Il a ajouté qu'ils avaient été assiégés par des soldats arméniens et pris en otage sur place le 27 février 1992.
Fikret Valiyev a rapporté que lors du génocide de Khodjaly, la ville avait été la cible de tirs de chars et de véhicules blindés, que des maisons avaient été incendiées, que son frère avait disparu, et qu'il avait été resté sans nouvelles de sa sœur et de plusieurs autres proches.
Les dépositions d'autres victimes ont également été lues au cours de l'audience. Ces déclarations confirment les faits de tortures massives, de meurtres, de prises d'otages et de mauvais traitements perpétrés par la partie arménienne à l'encontre des militaires et civils azerbaïdjanais.
Le procès se poursuivra le 24 octobre.
Il convient de noter que 15 personnes d'origine arménienne sont accusées dans le cadre d'une affaire pénale portant sur de nombreux crimes commis au cours de la guerre d'agression menée par l'État arménien et de l’organisation criminelle susmentionnée. Cette guerre a été menée sous la direction et avec la participation directe des organismes étatiques arméniens, de leurs responsables, de leurs forces militaires et d’unités armées illégales. Elle s'est déroulée sous la gestion centralisée et le contrôle strict de l'Arménie, avec des ordres, directives et instructions donnés à la fois verbalement et par écrit, ainsi qu'un soutien matériel, technique et en personnel fourni par l'État arménien. L'affaire concerne également la création d’entités illégales sur le territoire de l'Azerbaïdjan dans le but d'agresser militairement le pays, en violation des normes du droit interne et international. Parmi les figures impliquées directement ou indirectement dans ces actes figurent Robert Kotcharian, Serge Sarkissian, Vazgen Manoukian, Vazgen Sarkissian, Samvel Babayan, Vitali Balassanian, Zori Balayan, Seyran Ohanyan, Archavir Karamian, Monte Melkonian et d'autres encore.
Il est à noter que 15 personnes, dont Araïk Haroutiounian, Arkadi Ghoukassian, Bako Sahakian, Davit Ichkhanian, David Manoukian, David Babayan, Levon Mnatsakanian, Vassili Beglaryan, Erik Ghazaryan, Davit Allahverdian, Gourgen Stepanian, Levon Balayan, Madat Babayan, Garik Martirossian et Melikset Pachayan, sont inculpées en vertu des articles 100 (planification, préparation, déclenchement et conduite d'une guerre d'agression), 102 (attaque contre des personnes ou des organisations bénéficiant d'une protection internationale), 103 (génocide), 105 (extermination de la population), 106 (réduction en esclavage), 107 (déportation ou déplacement forcé de la population), 109 (persécution), 110 (disparition forcée de personnes), 112 (privation de liberté contraire au droit international), 113 (torture), 114 (mercenariat), 115 (violation des lois et coutumes de la guerre), 116 (violation du droit international humanitaire en temps de conflit armé), 118 (pillage militaire), 120 (meurtre intentionnel), 192 (entrepreneuriat illégal), 214 (terrorisme), 214-1 (financement du terrorisme), 218 (création d'une association (organisation) criminelle), 228 (acquisition, transfert, vente, stockage, transport et possession illégaux d'armes, de leurs composants, de munitions, d'explosifs et de dispositifs), 270-1 (actes menaçant la sécurité de l'aviation), 277 (assassinat d'un fonctionnaire d'État ou d'une personnalité publique), 278 (prise et maintien du pouvoir par la force, changement forcé de la structure constitutionnelle de l'État), 279 (création d’unités et groupes armés non prévus par la loi) ainsi que d'autres articles du Code pénal de la République d'Azerbaïdjan.