Cérémonie d’ouverture de la 13ᵉ session du Forum urbain mondial à Bakou
Le président Ilham Aliyev prononce un discours à la cérémonie MIS A JOUR-2 VIDEO
Bakou, 18 mai, AZERTAC
La cérémonie d’ouverture de la 13ᵉ session du Forum urbain mondial (WUF13) s’est tenue à Bakou.
La cérémonie a été marquée par la présence du président de la République d’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, et de la première dame Mehriban Aliyeva.
Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev et la directrice exécutive du Programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), Anacláudia Rossbach, ont accueilli les chefs d’État et de gouvernement ainsi que les chefs de délégation participant à la session.
La cérémonie d’accueil a été suivie par la prise d’une photo de groupe.
Une vidéo consacrée à la cérémonie d’ouverture du WUF13, produite par ONU-Habitat, a ensuite été présentée, suivie d’un programme culturel.
Le président de la République a prononcé un discours lors de l’événement.
Discours du président Ilham Aliyev
- Excellences, Mesdames et Messieurs, chers invités,
Tout d’abord, je tiens à souhaiter la bienvenue à tous les participants au Forum urbain mondial à Bakou et à leur souhaiter plein succès pour ce Forum. Nous avons probablement atteint un nombre record de participants enregistrés. Selon les informations qui m’ont été communiquées ce matin, nous comptons plus de 45 000 participants enregistrés issus de 182 pays. Il s’agit, après la COP29 organisée en Azerbaïdjan il y a un an et demi, du deuxième plus grand événement international, et j’espère que les résultats de la 13ᵉ session du Forum urbain mondial seront aussi fructueux que ceux de la COP29. Je pense que, durant ces journées à Bakou, la majorité des invités qui visitent notre pays pour la première fois auront l’occasion de mieux connaître notre pays et notre ville, et de voir de leurs propres yeux les travaux réalisés en Azerbaïdjan dans le domaine du développement urbain.
L’Azerbaïdjan est situé entre l’Europe et l’Asie et a toujours été un lieu de rencontre entre l’Orient et l’Occident. Cela se reflète également dans l’architecture du pays. Ainsi, si vous vous promenez dans les anciens murs d’Itchericheher, à Bakou, puis traversez seulement une rue, vous vous retrouverez dans un environnement totalement moderne. Le parc en bord de mer de Bakou, qui ne mesurait autrefois que trois kilomètres, est aujourd’hui un espace riverain célèbre de plus de 15 kilomètres.
Ensuite, il existe également des bâtiments du XIXᵉ siècle conçus et construits par des architectes européens. En un mot, à Bakou, il existe une harmonie naturelle entre l’ancien et le nouveau, entre la préservation de notre patrimoine historique et la nécessité de la planification urbaine et de la modernisation. Cela constitue véritablement une démonstration éclatante du talent de nos ancêtres et une expression de la manière dont nous préservons notre héritage historique et architectural. L’urbanisme n’est pas seulement une question concernant Bakou, mais un domaine sur lequel nous travaillons quotidiennement dans de nombreuses villes azerbaïdjanaises.
Cette année a été proclamée « Année de l’urbanisme et de l’architecture » par mon ordonnance. Je tiens à exprimer ma reconnaissance pour le soutien apporté à l’organisation de cet événement, pour la coopération, ainsi que pour la confiance qui nous a été accordée en nous confiant la responsabilité d’accueillir la 13ᵉ session du Forum. Depuis 2022, nous avons organisé, en coopération avec le Programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), trois forums urbains nationaux en Azerbaïdjan, dans des villes restées longtemps sous occupation — à Aghdam, Zenguilan et Khankendi.
En organisant aujourd’hui cette réunion mondiale, nous démontrons une nouvelle fois notre engagement fort en faveur de l’urbanisme, de son développement, de l’amélioration de la vie des populations et de la création de toutes les conditions nécessaires pour que les citoyens se sentent à l’aise. Non seulement Bakou, mais aussi de nombreuses villes anciennes de l’Azerbaïdjan peuvent être fières de leur architecture. Je citerai quelques exemples. À Chamakhy, où se trouvait autrefois la capitale de l’État des Chirvanchahs et le lieu de naissance du grand poète azerbaïdjanais du XIVᵉ siècle Nessimi, se trouve l’une des plus anciennes mosquées du monde, construite en 743. À Nakhitchevan, ancienne capitale de l’État des Atabeys et terre natale du grand architecte Adjami Nakhtchivani, se trouve le mausolée de Momine Khatoun datant du XIIᵉ siècle, construit par ce dernier. Gandja, l’une des plus anciennes villes du monde et ville natale de Nizami Gandjavi, un autre grand poète azerbaïdjanais du XIIᵉ siècle, se développe aujourd’hui tout en préservant son caractère historique, comme Bakou. À Guébélé, ancienne capitale du Caucase albanien, ainsi qu’à Chéki, l’une de ses principales villes, il existe de nombreux monuments historiques. L’église du village de Kich, près de Chéki, est probablement l’une des plus anciennes églises du monde. Un autre exemple du talent de nos ancêtres est le village de Lahydj : il y a 15 siècles, lors de sa création, ses habitants ont construit un système d’égouts et une conduite d’eau encore fonctionnels aujourd’hui. Choucha, la perle du Garabagh, restée sous occupation pendant près de 30 ans, est aujourd’hui reconstruite à partir de zéro, et sa forteresse endommagée a été restaurée.
Les réalisations de nos ancêtres ne se limitent pas uniquement aux monuments que j’ai mentionnés. Bien entendu, Bakou, avec sa Tour de la Vierge datant du VIᵉ siècle, ainsi que divers monuments ayant été exposés à des occupations, des destructions et des pillages, ont été reconstruits, restaurés et, en même temps, préservés et conservés jusqu’à aujourd’hui par différentes générations d’Azerbaïdjanais. Tous ces monuments que j’ai cités peuvent être visités par chacun, on peut y entrer et les toucher. Je considère que cela constitue le meilleur témoignage de notre attitude envers notre héritage historique. Nous en sommes fiers. Nous sommes fiers de notre histoire ancienne, qui se reflète non seulement dans notre musique et nos poèmes, mais aussi dans notre architecture. Notre devoir est de les préserver pour les générations futures, et je suis convaincu que les générations futures feront de même.
Aujourd’hui, en acceptant pleinement la nécessité du développement urbain, en particulier dans les capitales, nous devons être à la fois courageux et prudents. J’aime parfois comparer cela à la course de Formule 1 à Bakou. D’ailleurs, le Grand Prix organisé à Bakou est l’une des très rares courses organisées sur un circuit urbain. Sur la ligne droite la plus rapide, les voitures atteignent plus de 300 kilomètres à l’heure, puis les pilotes doivent freiner et maîtriser leurs monoplaces dans des rues étroites de sept mètres de large, et ce, à seulement un mètre des murs de la vieille ville. Ainsi, les pilotes doivent être à la fois des leaders, des décideurs et des acteurs du développement, en faisant preuve de courage et de prudence. Nous devons être courageux dans le développement, dans l’amélioration des conditions de vie de nos citoyens et dans la modernisation. Mais, en même temps, lorsqu’il s’agit de la préservation de notre patrimoine historique, nous devons être extrêmement prudents.
L’une des principales tâches auxquelles notre gouvernement est actuellement confronté est la reconstruction du Garabagh et du Zenguezour oriental. Ce territoire a été sous occupation arménienne pendant 30 ans et a été entièrement détruit et anéanti. Des observateurs et visiteurs internationaux ont comparé Aghdam à Hiroshima, l’appelant même « Hiroshima du Caucase ». En effet, la ville n’existait tout simplement plus. Elle avait été totalement rasée. Et contrairement à Hiroshima, elle n’a pas été détruite en une seule journée à la suite d’une bombe atomique. Cette situation est le résultat de 30 années d’occupation, au cours desquelles les bâtiments, y compris les édifices historiques et publics ainsi que les habitations, ont été démantelés et entièrement détruits.
Ainsi, le Programme du Grand retour est actuellement mis en œuvre, et les plans directeurs des villes et des villages sont en cours d’élaboration. Bien sûr, je pourrais citer de nombreux chiffres, mais je n’en mentionnerai que deux. En cinq ans, la longueur des tunnels construits atteint déjà 70 kilomètres. Cinq autres sont encore en cours de construction. Sur 500 ponts, 435 ont déjà été construits. Par ailleurs, des centrales électriques, des conduites d’approvisionnement en eau, des barrages d’eau, des maisons, des écoles, des hôpitaux, trois aéroports internationaux ont été construits, et des voies ferrées ont été posées. Tout cela n’a été réalisé qu’en cinq ans.
Contrairement à ceux qui sont venus uniquement pour détruire, anéantir et causer des souffrances, ce sont précisément les véritables propriétaires de la terre qui agissent ainsi. Aujourd’hui, plus de 85 000 Azerbaïdjanais vivent dans les territoires autrefois occupés. Ils y travaillent, y résident et y font leurs études, et leur emploi constitue l’un des objectifs les plus importants de notre gouvernement.
Cependant, afin de construire des logements et des maisons individuelles, des écoles et des hôpitaux pour eux, nous avons bien sûr dû procéder au déminage, mais en même temps nous devons penser à l’emploi. Les nombreuses zones industrielles déjà créées et celles qui le seront encore dans ces régions apporteront un soutien sans équivoque au retour rapide de centaines de milliers de personnes privées de leur droit fondamental de vivre sur leur propre terre.
En parlant de Bakou, je voudrais également mentionner plusieurs autres aspects. Nous avons dû réaliser de nombreux travaux dans le domaine de l’environnement. Bakou a été la première ville au monde à produire du pétrole, en 1846, et pendant près de 180 ans, la protection de l’environnement a été presque totalement négligée. En conséquence, Bakou a été fortement polluée. Si je mentionne certaines zones de Bakou comme la Ville noire, Bibiheybet et Böyukchor, cela peut ne pas avoir de signification particulière pour les visiteurs étrangers. Cependant, si vous trouvez le temps de visiter ces lieux ou de regarder des vidéos et des images, vous comprendrez à quoi ils ressemblaient il y a 20 ans et à quoi ils ressemblent aujourd’hui, et vous pourrez mesurer les efforts réalisés pour créer des espaces urbains respectueux de l’environnement à Bakou. À la place de la Ville noire très polluée, on peut aujourd’hui voir la Ville blanche, un exemple d’urbanisme moderne. D’ailleurs, elle s’appelait Ville noire en raison de la pollution — c’était une ville au sein d’une ville. Un autre exemple du développement urbain est le complexe « Sea Breeze ». Je recommande vivement à nos invités de le visiter, en particulier ceux qui aiment la baignade en eau froide.
Je vois que certains d’entre eux sont assis ici dans la salle, et ils peuvent aller voir d’autres exemples de cet urbanisme moderne. Au cours des 20 dernières années, nous avons créé à Bakou 100 parcs et espaces publics, jardins, dont 19 ont été entièrement rénovés. Des villes respectueuses de l’environnement, offrant un accès rapide aux transports publics, à la micro-mobilité, au métro ainsi qu’aux bus modernes fonctionnant à l’électricité, sont mises en œuvre dans le cadre d’un concept global, non seulement pour la capitale, mais aussi pour l’ensemble du pays.
Comme je l’ai déjà indiqué, le développement de l’urbanisme progresse très rapidement dans de nombreuses régions azerbaïdjanaises. Sans aucun doute, cette importante réunion, ainsi que l’expertise de nos amis des Nations unies et des nombreux invités venus en visite, nous aideront à mieux apprendre, à tirer des enseignements les uns des autres, à découvrir les expériences positives et également à discuter de nos erreurs. De nombreuses erreurs ont été commises dans les processus d’urbanisme, et je pense que cette période appartient désormais au passé. Je ne voudrais pas prendre davantage de votre temps.
Je pourrais également parler de Bakou en tant que guide, mais je pense qu’il est préférable pour vous de le voir de vos propres yeux. Je souhaite un agréable séjour à tous les invités à Bakou et je souhaite plein succès au Forum urbain mondial. Merci.
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Par la suite, des messages vidéo adressés aux participants par le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et la présidente de l’Assemblée générale des Nations unies, Annalena Baerbock, ont été projetés.
Dans son message, le secrétaire général de l’ONU a souligné que le Forum urbain mondial constituerait une impulsion importante pour transformer les objectifs du Forum en réalité.
La présidente de l’Assemblée générale des Nations unies, Annalena Baerbock, a déclaré : « Cet événement crée également une opportunité de renforcer les actions liées à la crise du logement. »
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S’exprimant lors de l’événement, Nga Kor Ming, président de l'Assemblée d'ONU-Habitat, a déclaré :
- Votre Excellence, M. Ilham Aliyev, Président de la République d’Azerbaïdjan,
Excellences, chefs d’État et de gouvernement, Madame la Directrice exécutive d’ONU-Habitat, honorables ministres, maires, distingués délégués, Mesdames et Messieurs,
C’est un grand honneur de me tenir devant vous dans la ville historique de Bakou, au carrefour de l’ancienne Route de la Soie, et une ville tournée vers l’avenir, avec sa ligne d’horizon moderne sur la mer Caspienne. Je tiens à exprimer ma sincère gratitude au Gouvernement et au peuple de l’Azerbaïdjan pour leur hospitalité et leur vision extraordinaires.
Je prends également note des messages qui nous ont été adressés par le secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, et par la présidente de l’Assemblée générale, Mme Annalena Baerbock. Nous constatons que l’agenda urbain mondial n’a jamais été aussi urgent en tant que base de la coopération multilatérale.
Excellences, alors que Bakou devient la capitale du monde à l’occasion de cette 13ᵉ session du Forum urbain mondial, rappelons une promesse fondamentale. Lorsque nous ne parvenons pas à fournir un logement, nous trahissons une promesse envers nos enfants. C’est pourquoi le thème de ce Forum mondial — « Loger le monde, des villes et communautés sûres et résilientes » — n’est pas seulement un slogan, mais un appel à l’action immédiate. Cependant, il faut aussi rappeler que cet appel à l’action doit être ancré dans la réalité et dans l’économie réelle. Il peut être ambitieux de vouloir loger le monde, mais nous ne ferons que « faire bouillir l’océan » si nous ne disposons pas de la volonté politique, des bonnes politiques publiques et de la résilience économique nécessaires pour construire et loger tous nos citoyens.
Selon ONU-Habitat, le monde est confronté à une crise mondiale du logement touchant près de 2,9 milliards de personnes, une personne sur quatre vivant dans des établissements informels. En outre, plus de 2 milliards d’habitants des zones urbaines seront affectés par une augmentation d’au moins 0,5 °C d’ici 2040. Pour ceux qui sont pris au piège de logements inadéquats, il ne s’agit pas seulement de chiffres : cela représente une menace critique pour la survie. En tant que président de l’Assemblée d’ONU-Habitat, je constate que ces pressions convergent. Hier, plus de 80 ministres se sont réunis ici lors d’une réunion ministérielle informelle afin de préparer l’examen à mi-parcours de haut niveau du Nouvel Agenda urbain à New York. Nous faisons tous, à notre manière, face à des défis urbains similaires. Cependant, si nous unissons nos efforts autour d’un objectif commun, nous les surmonterons ensemble.
Je suis ici pour vous dire que nous ne faisons pas face à cela seuls. Au contraire, renforçons nos efforts pour localiser la mise en œuvre du Nouvel Agenda urbain afin d’atteindre les Objectifs de développement durable. Comme vous le savez, l’Assemblée d’ONU-Habitat a créé le Groupe de travail intergouvernemental sur le logement adéquat pour tous. Il s’agit de notre plateforme historique de coopération multilatérale, un pont qui relie les politiques mondiales à leur mise en œuvre locale.
Excellences, alors que je me tiens ici en tant que président de l’Assemblée, je suis également guidé par l’expérience de mon pays, la Malaisie. Ce parcours de mise en œuvre du Nouvel Agenda urbain est porté par notre vision Malaysia Madani. Nous avons livré plus de 1,1 million de logements abordables, atteignant un taux de propriété de 77 %. Nous avons également dépassé nos objectifs environnementaux avec la plantation de plus de 150 millions d’arbres. Par ailleurs, 60 % des autorités locales ont réalisé des examens locaux volontaires, démontrant que lorsque le gouvernement est solide et que les communautés sont autonomes, les Objectifs de développement durable passent de la politique à un impact concret sur le terrain.
Excellences, je vous demande aujourd’hui, lorsque vous regardez les cartes de vos villes, de ne pas voir uniquement des routes et des zones. Voyez les visages. Voyez les jeunes entrepreneurs vivant dans des quartiers informels qui ont besoin d’une adresse légale pour lancer une entreprise. Voyez les familles dans les villes côtières menacées par la montée du niveau de la mer. Engageons-nous en faveur d’un urbanisme centré sur l’humain. Comblons l’écart de financement annuel de 5 400 milliards de dollars pour des infrastructures résilientes face au climat. Alors que je m’apprête à transmettre le mandat de président aux Émirats arabes unis l’année prochaine, je vous invite tous à contribuer à l’appel à l’action du WUF13. Faisons-en un document d’héritage à la fois ambitieux et inspirant.
Excellences, chefs de gouvernement, nos hôtes en Azerbaïdjan comprennent la véritable valeur et l’importance d’avoir un foyer. Il existe ici un beau proverbe : « Hər kəsin öz evi öz dünyasının mərkəzidir », ce qui signifie « Chaque maison est le centre du monde de chacun, son sanctuaire ». Le sentiment d’être chez soi est particulièrement crucial lorsque le monde semble instable, lorsque les institutions vacillent et que la technologie transforme nos sociétés. Dans ces moments-là, souvenons-nous de ceci : l’avenir n’appartient pas à ceux qui le prédisent, mais à ceux qui le construisent. Et notre mission cette semaine est d’être les bâtisseurs d’un avenir urbain pour tous.
Une fois encore, je suis inspiré par un proverbe azerbaïdjanais qui résonne profondément avec notre travail : « Dama-dama göl olar, axa-axa sel olar » — « C’est goutte à goutte que se forment les lacs ». Tirons la sagesse de l’Azerbaïdjan pour construire un monde meilleur. Ainsi, chaque politique que vous débattez, chaque partenariat que vous nouez et chaque engagement que vous prenez dans l’appel à l’action de Bakou est une goutte d’espoir. Ensemble, créons un fleuve d’action qui nous mène vers un avenir où personne et aucun lieu n’est laissé pour compte.
Je vous souhaite à tous une session du WUF13 productive et transformatrice. Merci.
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S’exprimant lors de l’événement, Anacláudia Rossbach, directrice exécutive du Programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), a déclaré :
- Son Excellence, M. Ilham Aliyev, Président de la République d’Azerbaïdjan,
Son Excellence M. Nga Kor Ming, Président de l’Assemblée d’ONU-Habitat.
Excellences, chefs d’État et de gouvernement présents, ministres, honorables représentants des États membres et des autorités locales,
Chers confrères et distingués invités,
Tous les protocoles ont été respectés. Permettez-moi de corriger mes salutations initiales : je voulais dire bienvenue à une journée ensoleillée à Bakou. Nous sommes lundi. Nous savons tous que nous devons travailler cette semaine, et travailler dur. Excellences, nous ne savons peut-être pas ce que l’avenir nous réserve, mais nous connaissons les réalités auxquelles les populations sont confrontées aujourd’hui : la crise climatique, les déplacements forcés, les conflits et les destructions. Au milieu de ces défis, plus d’un milliard de personnes vivent encore dans des conditions précaires, sans accès fiable à l’eau, à l’assainissement, à l’électricité, à un travail décent ou à l’éducation, piégées dans de mauvaises conditions sanitaires où les maladies se propagent et où les enfants sont les plus touchés. C’est dans ce monde que la majorité de la population vivra bientôt dans des villes : des villes où de nombreux jeunes, personnes âgées, migrants et nouveaux arrivants ne peuvent pas se permettre de vivre, des villes où davantage de personnes sont poussées à la rue ou dans des établissements informels, des villes de plus en plus divisées entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas.
Excellences, chers confrères, il n’est pas surprenant que des dizaines de milliers d’entre nous, issus de communautés du monde entier jusqu’aux plus hauts responsables, soient réunis ici à Bakou pour répondre à une question essentielle : comment, en cette ère d’incertitude, d’instabilité et de destruction, garantir un logement adéquat pour tous ?
Malgré les fortes pluies et les orages qui ont touché certaines régions de l’Azerbaïdjan ces derniers jours, nous avons pu constater qu’hier, Votre Excellence, nous nous sommes rassemblés ici à Bakou avec résilience.
C’est ce que nous attendons des villes : de la détermination et un sens partagé de l’objectif. C’est la réalité de nombreuses villes aujourd’hui, et nous apprécions profondément l’esprit d’équipe, la réactivité et la flexibilité qui nous ont permis d’être aujourd’hui dans ce magnifique lieu — merci beaucoup. Le niveau d’intérêt et de participation au WUF13 a été véritablement exceptionnel. Jamais auparavant un forum de cette nature n’avait réuni une audience mondiale aussi vaste et diversifiée, reflétant la reconnaissance croissante du fait que le logement et le développement urbain durable sont au cœur de notre avenir collectif. Rappelons-nous donc que, collectivement, nous ne partons pas de zéro.
Dans toutes les régions du monde, le logement devient une priorité politique centrale liée à la croissance économique, à l’inclusion sociale et à la résilience climatique. À travers l’Afrique, les gouvernements font progresser les programmes de logements abordables, la réhabilitation des quartiers informels et les investissements dans les infrastructures. En Asie et dans le Pacifique, plusieurs pays poursuivent des politiques de rénovation urbaine, d’accessibilité au logement et d’expansion à grande échelle de l’habitat. En Amérique latine et dans les Caraïbes, le logement social et le développement orienté vers les transports gagnent en importance. Au Moyen-Orient, le logement est de plus en plus lié à la diversification économique et aux évolutions démographiques. Tandis qu’en Europe et en Amérique du Nord, les gouvernements renforcent les politiques de logement abordable, la régulation des loyers et les réformes axées sur l’augmentation de l’offre afin de répondre aux pressions urbaines croissantes.
Mes amis, alors que le monde tourne son attention vers le logement, rappelons-nous également les principes et les perspectives communes que nous partageons déjà. Nous reconnaissons que la crise du logement est une crise d’équité, de résilience et de droits humains, et que l’avenir de nos villes sera façonné non par l’exclusion, mais par l’inclusion. Les villes ne peuvent prospérer lorsque les systèmes de logement s’effondrent. Nous savons que lorsque les gens perdent leur foyer, ils perdent bien plus que des murs et des toits. Ils perdent leur sécurité, leurs moyens de subsistance et leur sentiment d’appartenance. Reconnaissant que le droit au logement est de plus en plus menacé par le changement climatique, nous partageons également un consensus croissant selon lequel l’action climatique et les politiques du logement ne peuvent plus être traitées séparément. La reconstruction commence par le logement, et la résilience commence à la maison. Les habitations que nous construisons aujourd’hui doivent résister aux réalités climatiques de demain. Nous partageons donc la conviction que le logement doit passer de la périphérie des politiques publiques au centre de l’action mondiale.
Alors que nous explorons les dimensions économiques et financières du logement, nous reconnaissons collectivement que le logement est à la fois une nécessité sociale et un puissant moteur économique. Réaliser le potentiel social et économique du logement exige des systèmes financiers qui financent les logements, et non la spéculation.
L’examen à mi-parcours du Nouvel Agenda urbain a confirmé à la fois l’urgence des défis urbains actuels et la valeur durable des engagements pris à Quito. Le WUF13 représente une opportunité d’accélérer la mise en œuvre grâce à des actions concrètes, des partenariats et des investissements. Il est temps de se concentrer sur les solutions. Quelles sont les voies permettant de garantir un logement adéquat pour tous ? Où avons-nous échoué et que devons-nous faire différemment pour aller de l’avant ? ONU-Habitat détient-il la solution à la crise mondiale du logement ? Avons-nous toutes les réponses pour les près de 3 milliards de personnes vivant dans des logements inadéquats, pour plus d’un milliard de personnes vivant dans des bidonvilles, ou encore pour les 300 millions de personnes sans abri ? Je ne prétendrai pas que nous les avons toutes. Mais permettez-moi d’ajouter ceci : chacun d’entre vous, sans exception, détient une partie de la réponse, et c’est précisément ce que cette démarche collective cherche à réunir. Nous ne prenons pas à la légère le temps, le coût et, j’ose le dire, l’impact climatique liés à notre rassemblement ici. C’est à la fois notre responsabilité et notre privilège d’écouter, d’apprendre des expériences des autres et de mettre en commun nos connaissances. Bakou doit adresser un message clair à la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale qui se tiendra en juillet. Nous devons passer de la reconnaissance de la crise du logement à l’avancement des Objectifs de développement durable grâce à des politiques concrètes, des investissements et des actions. J’espère que nous quitterons Bakou avec une confiance renouvelée dans le fait que, malgré les défis mondiaux actuels, un logement adéquat peut devenir accessible à tous, sans exception.
Pour conclure, je voudrais remercier le gouvernement azerbaïdjanais pour l’organisation de la 13ᵉ session du Forum urbain mondial.
J’ai maintenant le plaisir de déclarer officiellement la session ouverte. Merci.
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Ensuite, une vidéo consacrée à l’Azerbaïdjan a été projetée.
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Après les discours, la cérémonie officielle d’ouverture a pris fin.