Le président azerbaïdjanais et la présidente de la Commission européenne font des déclarations à la presse MIS A JOUR VIDEO
Bakou, 1er juillet, AZERTAC
Mercredi 1er juillet, le président de la République d’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont fait des déclarations à la presse.
D’abord, le président de la République Ilham Aliyev a pris la parole.
Déclaration du président Ilham Aliyev
- Honorable Madame la Présidente, distingués invités, Mesdames et Messieurs,
Madame la Présidente, bienvenue en Azerbaïdjan. Je suis très heureux de vous revoir. Nous nous sommes rencontrés à deux reprises, en mai et en octobre de l’année dernière, dans le cadre des sommets de la Communauté politique européenne, où nous avons eu de larges échanges sur notre agenda bilatéral ainsi que sur de nombreuses autres questions.
Par ailleurs, les relations entre l’Azerbaïdjan et la Commission européenne traversent une étape particulièrement importante. En mars de cette année, nous avons accueilli le président du Conseil européen, M. Costa, puis, en mai, la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Mme Kallas. Aujourd’hui, c’est la présidente de la Commission européenne qui est parmi nous.
Ainsi, je dirais qu’une dynamique sans précédent est observée dans nos relations, reflétant la volonté réciproque des deux parties d’élargir notre coopération et de renforcer notre partenariat. Nous attachons une grande importance à nos relations avec la Commission européenne. Aujourd’hui, avec Madame la Présidente et les membres des délégations, nous avons examiné de manière approfondie un agenda particulièrement riche et substantiel, qui a été très impressionnant.
L’Union européenne est le principal partenaire commercial de l’Azerbaïdjan. Plus de 40 % de nos échanges commerciaux sont réalisés avec les États membres, et l’Azerbaïdjan est le principal partenaire commercial de l’Union européenne dans le Caucase du Sud. Environ 70 % des échanges commerciaux de l’Union européenne dans le Caucase du Sud sont effectués avec l’Azerbaïdjan. Bien entendu, nous avons longuement évoqué l’élargissement de notre coopération dans le domaine de l’énergie. La visite effectuée par Madame la Présidente en Azerbaïdjan il y a quatre ans revêtait également une importance particulière.
C’est dans ce contexte que nous avons signé le Mémorandum d’entente sur le partenariat stratégique dans le domaine de l’énergie. Depuis lors, les exportations de gaz naturel de l’Azerbaïdjan vers les États membres de l’Union européenne ont augmenté d’environ 65 %. Aujourd’hui, la moitié de nos exportations de gaz est destinée aux États membres de l’Union européenne et, au total, dix États membres s’approvisionnent en gaz azerbaïdjanais. Il existe également un potentiel d’élargissement de cette couverture géographique.
Aujourd’hui, pour chaque pays, la sécurité énergétique constitue l’un des principaux piliers de la sécurité nationale. L’Azerbaïdjan a déployé d’importants efforts politiques et diplomatiques, tout en investissant des ressources financières dans la mise en place des infrastructures destinées au transport de son pétrole et de son gaz. Le Corridor gazier méridional constitue un excellent exemple de notre coopération. Aujourd’hui, ce réseau intégré de gazoducs, d’une longueur de 3 500 kilomètres, est considéré comme la principale artère assurant l’acheminement du gaz naturel de l’Azerbaïdjan vers l’Europe.
La connectivité constitue incontestablement l’un des principaux volets de nos discussions. L’Azerbaïdjan est un participant actif et, dans de nombreux cas, un initiateur des projets régionaux de transport. Les corridors de transport Est-Ouest et Nord-Sud traversent le territoire azerbaïdjanais. Les bonnes relations que nous entretenons avec nos voisins, ainsi qu’avec les voisins de ceux-ci, nous ont permis de mettre en place un vaste cadre de coopération bénéfique à l’ensemble des parties prenantes.
Aujourd’hui, le volume des marchandises transitant par l’Azerbaïdjan est en hausse dans toutes les directions. Nous avons investi énormément dans les infrastructures de transport en Azerbaïdjan ainsi que dans les pays voisins, et nous poursuivons ces investissements. Dans le nouveau contexte géopolitique, nous constatons la nécessité d’accroître les capacités de nos ports maritimes et de nos infrastructures ferroviaires afin de répondre aux besoins du commerce. Nous mettons en œuvre ces projets conformément au calendrier établi et en fonction de nos capacités financières.
Les énergies renouvelables constituent un volet relativement nouveau de nos relations avec la Commission européenne. Avec Madame la Présidente, nous avons eu de larges échanges sur le potentiel de l’Azerbaïdjan en matière d’énergie solaire, éolienne et hydroélectrique, ainsi que sur les lignes de transport d’électricité déjà existantes et celles qui seront construites. Dans ce domaine également, nous pouvons être des partenaires stratégiques.
J’ai informé Madame la Présidente que les contrats déjà signés avec des entreprises étrangères et nationales nous permettront de disposer, au cours des cinq ou six prochaines années, d’une capacité de huit gigawatts d’énergie solaire et éolienne. Il s’agit uniquement des contrats déjà conclus, qui impliquent naturellement des engagements contractuels. Il est toutefois évident que cette capacité continuera de croître.
Bien entendu, nous avons également examiné de manière détaillée les questions de sécurité régionale, en particulier le processus de normalisation des relations entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, qui progresse avec succès. En août de l’année dernière, à Washington, à la Maison-Blanche, l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont signé une Déclaration conjointe en présence du président Trump. Le président Trump l’a également signée en qualité de témoin et, de plus, le texte de l’accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan a été paraphé. Ainsi, de facto, la paix est établie et nous en constatons les bénéfices.
Afin de démontrer que la paix se traduit non seulement sur le papier, mais aussi dans la vie quotidienne, nous avons pris un certain nombre de mesures unilatérales. L’Azerbaïdjan a levé toutes les restrictions au transit, par son territoire, des marchandises à destination de l’Arménie. Ces restrictions avaient été instaurées en raison de l’occupation par l’Arménie de nos territoires internationalement reconnus. Nous avons également commencé à approvisionner l’Arménie en carburants essentiels, notamment en essence et en diesel. Compte tenu du contexte géopolitique actuel, l’importance de ces mesures est aujourd’hui plus grande que jamais.
Ainsi, nous démontrons que, pour nous, la paix est une réalité tangible que nous pouvons ressentir et nous apprenons à vivre en paix. Nos terres sont restées sous occupation pendant trente ans. Nous avons rétabli notre souveraineté et notre intégrité territoriale par des moyens à la fois militaires et politiques. Nous avons proposé la paix à l’Arménie.
En bref, la paix est désormais une réalité. Toutefois, nous devons œuvrer sincèrement à la consolider afin qu’elle soit durable et permanente. Bien entendu, nous apprécions hautement le soutien de la Commission européenne.
Madame la Présidente m’a également indiqué que la Commission européenne pouvait apporter une contribution importante et qu’elle souhaitait le faire. À cet égard, nous apprécierions vivement tout soutien et toute assistance qui pourraient nous être apportés. Je suis convaincu que tout cela contribuera à renforcer la dynamique dans la région et à faire du Caucase du Sud une région libérée de toute revendication territoriale et de tout conflit, fondée sur le partenariat, la coopération et la paix.
Madame la Présidente, encore une fois bienvenue en Azerbaïdjan. Je vous souhaite un excellent séjour.
XXX
Ensuite, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a pris la parole.
Déclaration de la présidente Ursula von der Leyen
- Je vous remercie infiniment, Monsieur le Président Aliyev. Merci pour votre accueil chaleureux. C’est un grand plaisir d’être de retour à Bakou. Cette ville remarquable, où un patrimoine riche et ancien côtoie une architecture moderne saisissante, reflète les ambitions tournées vers l’avenir de l’Azerbaïdjan d’aujourd’hui.
Je suis ici aujourd’hui pour approfondir notre partenariat, un partenariat qui revêt une grande importance pour l’Union européenne et qui connaît un véritable élan, comme vient de le souligner le Président. Mais avant toute chose, permettez-moi d’évoquer ce qui constitue l’évolution la plus importante qu’ait connue cette région depuis plusieurs décennies : la paix.
Je tiens à vous féliciter d’avoir pris l’initiative d’un accord de paix historique avec l’Arménie. Vous avez fait preuve d’un leadership personnel dans la promotion de la paix et de la coopération à travers toute la région, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives en faveur de la stabilité, de la confiance et d’une prospérité partagée.
L’Union européenne soutient fermement ce processus et continuera à le faire. Ensemble, nous pouvons véritablement transformer la paix sur le papier en une paix concrète dans la pratique, et c’est précisément l’objectif de notre rencontre aujourd’hui. Cela m’amène à mon premier point. Nous voulons promouvoir la paix par le renforcement de la connectivité.
Dans le cadre du programme d’investissement Global Gateway, nous prévoyons d’allouer jusqu’à 200 millions d’euros sous forme de subventions en faveur des infrastructures de transport, des réseaux énergétiques et des connexions numériques à travers le Caucase du Sud. Ce programme a le potentiel de mobiliser jusqu’à 2 milliards d’euros d’investissements publics et privés.
Parmi les projets envisagés figurent notamment la liaison ferroviaire passant par le Nakhtchivan, ainsi que le développement du port de Bakou. Le Caucase du Sud constitue l’un des grands carrefours du monde, reliant l’Europe, la mer Caspienne et l’Asie centrale. Son importance stratégique ne cesse de croître, et l’Azerbaïdjan a un rôle central à y jouer.
Peu de pays sont aussi bien placés que le vôtre pour favoriser la coopération régionale et la stabilité. L’Azerbaïdjan conjugue avec habileté sa position géographique stratégique avec une influence économique, politique et régionale en constante progression. C’est pourquoi nous proposons de lancer un Partenariat UE-Azerbaïdjan pour la connectivité.
Cette initiative s’accompagnera de la mise en place d’un dialogue de haut niveau sur la connectivité, qui portera sur les transports, l’énergie et la connectivité numérique. Nous œuvrerons également à l’organisation d’une Conférence régionale sur les investissements dans la connectivité, de préférence ici même, à Bakou, afin de réunir l’Europe, le Caucase du Sud et l’Asie centrale.
Mon deuxième point concerne l’annonce d’un nouveau programme de 20 millions d’euros en faveur de la consolidation de la paix. Ensemble, nous voulons contribuer à enraciner la paix dans la région et faire en sorte que ses bénéfices soient visibles et concrets dans la vie quotidienne des populations, en particulier de celles qui vivent dans les zones frontalières.
Nous investirons, par exemple, dans l’amélioration des services de santé, notamment par l’acquisition d’ambulances. Nous accorderons une attention particulière à la sécurité à travers les opérations de déminage. Nous investirons également dans le renforcement des communautés locales grâce au développement rural, à la gestion des ressources en eau, à l’agriculture de précision, ainsi qu’au soutien aux petites et moyennes entreprises.
Permettez-moi également d’aborder la question de l’énergie. Elle demeure l’un des piliers les plus solides de notre partenariat. Ces dernières années, l’Azerbaïdjan s’est affirmé comme un partenaire énergétique fiable et digne de confiance pour l’Union européenne. Nous n’avons pas oublié qu’à une époque où la Russie utilisait l’énergie comme un instrument de pression et interrompait ses livraisons de gaz à l’Europe, l’Azerbaïdjan a répondu présent.
Le Corridor gazier méridional a effectivement renforcé la sécurité énergétique de l’Europe et constitue une réussite remarquable. Je tiens à vous en remercier.
Nous préparons désormais le prochain chapitre de notre coopération. L’Azerbaïdjan investit dans les énergies de demain, notamment à travers ses projets de développement de l’énergie éolienne offshore en mer Caspienne. Vous disposez à la fois de l’ambition et du potentiel nécessaires pour devenir un hub de production et d’exportation d’électricité propre, ce qui s’inscrit pleinement dans la transition énergétique de l’Europe.
Nous voyons donc un immense potentiel pour approfondir notre coopération dans les domaines des énergies renouvelables, des interconnexions électriques et des réseaux énergétiques régionaux. Nous saluons vos projets visant à mettre en place un corridor d’énergie verte reliant l’Azerbaïdjan à l’Union européenne. Une production accrue d’énergies renouvelables permettra également de libérer davantage de gaz pour l’exportation et contribuera ainsi à renforcer la sécurité énergétique régionale grâce à son approvisionnement aux pays voisins.
Nous saluons également avec beaucoup d’intérêt votre proposition visant à établir une ligne électrique avec l’Arménie. Il s’agit d’une initiative particulièrement intéressante. En somme, ce que je veux souligner, c’est que les énergies renouvelables alimentent l’avenir de nos économies et que, ici, dans le Caucase du Sud, elles peuvent aussi contribuer à renforcer la paix.
Enfin, nous avons examiné les moyens d’approfondir notre partenariat économique. L’Union européenne est déjà le premier partenaire commercial et le principal investisseur en Azerbaïdjan. Nous souhaitons désormais aller plus loin dans cette coopération.
La reprise des discussions en vue d’un nouvel accord global constitue une étape importante. Elle peut ouvrir la voie à un développement encore plus important des échanges commerciaux entre l’Azerbaïdjan et l’Union européenne, et nous travaillerons ensemble pour faire progresser ce processus.
Monsieur le Président Aliyev, l’Union européenne croit en un avenir prometteur pour cette région. Œuvrons ensemble en faveur d’un Caucase du Sud en paix, d’un Caucase du Sud connecté à l’Europe, à la mer Caspienne et à l’Asie centrale, ainsi que d’un partenariat toujours plus solide entre nous.
Merci beaucoup.