Agir pour prévenir et gérer l’obésité
Bakou, 4 mars, AZERTAC
L’obésité est reconnue comme une maladie chronique par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Elle résulte d’interactions complexes entre des facteurs génétiques, biologiques, comportementaux, environnementaux et socioéconomiques. Au cours des dernières décennies, la mondialisation, l’urbanisation et l’industrialisation des systèmes alimentaires ont profondément modifié les habitudes de vie. L’accès facilité à des aliments riches en sucres, en graisses et en sel, combiné à une baisse de l’activité physique et à des modes de vie plus sédentaires, a favorisé l’émergence d’environnements dits « obésogènes ». L’obésité constitue aujourd’hui une véritable crise mondiale de santé publique.
Le surpoids et l’obésité sont généralement évalués à l’aide de l’indice de masse corporelle (IMC), calculé en divisant le poids (kg) par la taille au carré (m²). Chez l’adulte, un IMC égal ou supérieur à 25 indique un surpoids, et un IMC égal ou supérieur à 30 indique une obésité. Chez l’enfant et l’adolescent, l’interprétation varie selon l’âge et le sexe, en se référant aux courbes de croissance établies par l’OMS.
Les chiffres sont alarmants. En 2022, 2,5 milliards d’adultes étaient en surpoids dans le monde, dont 890 millions obèses. La prévalence de l’obésité a plus que doublé depuis 1990. Le phénomène touche également les plus jeunes : plus de 390 millions d’enfants et d’adolescents de 5 à 19 ans étaient en surpoids en 2022, dont 160 millions obèses. Même les enfants de moins de cinq ans sont concernés, avec des dizaines de millions de cas recensés. Autrefois principalement observée dans les pays à revenu élevé, l’obésité progresse désormais rapidement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où elle coexiste souvent avec la dénutrition : on parle alors de « double fardeau » de la malnutrition.
Les causes du surpoids et de l’obésité reposent principalement sur un déséquilibre entre l’apport énergétique (alimentation) et la dépense énergétique (activité physique). Toutefois, il s’agit d’une maladie multifactorielle : facteurs psychosociaux, environnement alimentaire, marketing des produits transformés, manque d’espaces favorables à l’activité physique, inégalités sociales et parfois prédispositions génétiques jouent également un rôle. Dans certains cas, des maladies, des traitements médicamenteux ou des facteurs génétiques spécifiques peuvent être impliqués.
Les conséquences sur la santé sont nombreuses. L’obésité augmente le risque de maladies non transmissibles telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, certains cancers, les troubles respiratoires et articulaires. Chez l’enfant et l’adolescent, elle peut entraîner des complications précoces, mais aussi des répercussions psychologiques importantes, comme la stigmatisation, la discrimination ou une baisse de l’estime de soi. De plus, les enfants obèses ont un risque élevé de le rester à l’âge adulte. Sur le plan économique, les coûts liés au surpoids et à l’obésité sont considérables et devraient encore augmenter dans les prochaines décennies si aucune action efficace n’est mise en place.
La prévention et la prise en charge nécessitent une approche globale. Au niveau individuel, elles reposent sur une alimentation équilibrée, la limitation des produits riches en sucres et en graisses, la consommation accrue de fruits, légumes et céréales complètes, ainsi que sur une activité physique régulière et un sommeil de qualité. La prévention commence dès la grossesse et la petite enfance, notamment par la promotion de l’allaitement maternel et l’adoption précoce de bonnes habitudes de vie.
Cependant, la responsabilité ne peut pas reposer uniquement sur l’individu. Des actions multisectorielles sont indispensables : politiques favorisant des environnements alimentaires sains, régulation du marketing destiné aux enfants, amélioration de l’aménagement urbain pour encourager l’activité physique et renforcement des systèmes de santé pour le dépistage et la prise en charge précoce. L’OMS encourage les États à mettre en œuvre des stratégies coordonnées afin de freiner durablement la progression de l’obésité et de réduire son impact sanitaire, social et économique à l’échelle mondiale.