Décollage de la fusée Soyouz porteuse de satellites Galileo
Bakou, 21 octobre (AZERTAC). La fusée russe Soyouz qui doit mettre en orbite deux satellites de Galileo, le programme de "GPS" européen, a décollé vendredi du centre spatial de Sinnamary, en Guyane française. Soyouz a décollé à 07H30 locales de son pas de tir près de Kourou. Sa mission doit s'achever trois heures, 49 minutes et 27 secondes plus tard avec la séparation du lanceur des satellites PFM ET FM2. Une première tentative de lancement avait avorté jeudi après la découverte d'une anomalie pendant le chargement en carburant du troisième étage de la fusée.
Pour la première fois, une fusée russe a été lancée ailleurs que des bases spatiales de Plessetsk (Russie) ou Baïkonour (Kazakhstan) afin de placer sur orbite circulaire intermédiaire les deux premiers satellites de la constellation Galiléo pour le compte de l'Agence spatiale européenne (Esa). "L'Europe est en train de démontrer qu'elle est capable de gérer des grands programmes économiques", a déclaré à la presse Antonio Tajani, vice-président de la Commission européenne chargé de l'Industrie et de l'Espace.
"Nous sommes capables de respecter le timing et de réduire les coûts de ce grand projet européen", a-t-il ajouté en annonçant le lancement dès ce vendredi d'un appel d'offres pour l'achat de six ou huit satellites supplémentaires. Galileo permettra à l'Europe de disposer de son propre système mondial de positionnement par satellite, sous contrôle civil, alors que l'Europe dépend actuellement des systèmes américain et russe, d'origine militaire.
"Le pilotage des avions se fera par Galileo, nous avons besoin d'un accès autonome. On ne peut pas dépendre des Etats-Unis", a déclaré à la presse le ministre français de la Recherche Laurent Wauquiez. "Pour des raisons techniques et politiques, le système GPS dont dépend encore l'Europe impose des restrictions notamment sur la précision du positionnement." Interopérable avec GPS (Etats-Unis) et Glonass (Russie), le système Galileo devrait permettre de réaliser de meilleures performances que ses concurrents.
Les secteurs d'application touchent aussi bien les secteurs civils que militaire pour proposer divers types de services. Il s'agit du service ouvert qui correspond à l'utilisation civile du GPS actuel, du service commercial qui proposera les services à valeur ajoutée en échange d'une redevance, du service de sûreté de la vie (transports aérien, maritime et terrestre) et du service public réglementé pour les services d'urgence ou le transport de matières dangereuses.
"Chaque année, la mise en place d'un système de surveillance tel que Galileo peut nous permettre de sauver entre 30 à 40.000 vies", a affirmé Laurent Wauquiez.
Construit par un consortium dirigé par Astrium et le constructeur Thales Alenia Space Italie, les deux satellites pèsent chacun 700 kilos.
"Une charge utile très sophistiquée", a déclaré à Reuters Didier Faivre, le directeur des Programmes Navigation à l'Esa.
En plus du positionnement, Galileo servira de base temporelle d'une grande précision, les satellites disposant chacun d'une horloge atomique ultra-précise,
La constellation atteindra à terme un déploiement de 30 satellites à raison de six à huit lancés par an.
Le service complet sera possible dès que 18 satellites seront en service, c'est-à-dire à l'horizon 2014-2015.