France : mobilisation des surveillants pénitentiaires, blocages attendus dans de nombreuses prisons
Bakou, 27 avril, AZERTAC
Un mouvement de contestation des surveillants pénitentiaires doit entraîner ce lundi des blocages dans une grande partie des établissements pénitentiaires en France, à l’appel notamment du syndicat Ufap-Unsa Justice.
Selon les estimations du syndicat, relayées par le média français franceinfo, près d’un établissement sur deux, soit environ 80 prisons sur un total d’un peu moins de 190, pourraient être concernés par des blocages, avec pour mot d’ordre : « Personne ne rentre, personne ne sort ».
Le mouvement, rejoint par la CGT-Pénitentiaire et la SPS-CEA, vise à « imposer un rapport de force » face à une situation jugée critique dans les prisons françaises, marquée notamment par une surpopulation carcérale et un manque d’effectifs.
Les organisations syndicales dénoncent une surpopulation « incontrôlable », avec environ 88 000 détenus pour un peu plus de 63 000 places, soit un taux d’occupation moyen de 137 %, selon les données du ministère de la Justice. Plusieurs milliers de détenus seraient contraints de dormir sur des matelas au sol.
Les syndicats alertent également sur un déficit de personnel, évoquant jusqu’à 5 000 postes vacants tous corps confondus, ainsi qu’une dégradation des conditions de travail et de sécurité. Ils font état de milliers d’agressions visant les personnels chaque année.
« Les prisons sont devenues de véritables poudrières », a déclaré Alexandre Caby, responsable syndical, toujours cité par franceinfo, dénonçant une situation où les agents « maintiennent les établissements à bout de bras ».
Intervenant sur la radio française RTL, Stéphane Lecerf, surveillant pénitentiaire à Valenciennes et délégué syndical, a également déploré ce lundi matin, un manque de réponses concrètes des autorités. « On a toujours eu des promesses mais on ne voit jamais rien venir », a-t-il affirmé.
Certains syndicats, comme FO Justice, bien qu’ils partagent le constat, ont choisi de ne pas rejoindre le mouvement, critiquant une méthode jugée « démagogique ».
Les autorités n’ont pas encore communiqué sur d’éventuelles mesures immédiates, tandis que la mobilisation pourrait perturber fortement le fonctionnement des établissements pénitentiaires. (Agence Anadolu)