G20, côté coulisses à Cannes
L'organisation d'un sommet s'accompagne de mesures de sécurité très contraignantes. Certaines provoquent des situations cocasses.
Plus grand sommet organisé entre les grands de ce monde, il y a normalement, comme son nom l'indique, vingt chefs d'État ou de gouvernement au G20. Pourtant, paroxysme de la tragi-comédie grecque oblige, Cannes aura dû accueillir à l'improviste 34 délégations étrangères et organiser deux sommets en 48 heures. Le G20, bien sûr, mais aussi un sommet européen impromptu du groupe dit de Francfort (autrement dit de Christine Lagarde, directrice du FMI, en passant par le Luxembourgeois Juncker, le Portugais Barroso, président de la Commission européenne, le Belge Van Rompuy, président du Conseil européen, sans oublier Sarkozy et Merkel) chargé d'entendre et, on l'a vu, de sermonner, en le mettant en demeure, le Premier ministre grec, Papandréou.
De quoi donner des sueurs froides à David Lisnard, président du Palais des festivals et des congrès et maire adjoint de Cannes, grand ordonnateur de la logistique de ce sommet, avec un sous-préfet un peu particulier, délégué par l'Élysée depuis un an, puisque Jehan-Éric Winkler est un ancien officier supérieur de la Légion étrangère avec des états de service sur tous les champs de bataille sur lesquels ce prestigieux corps s'est illustré depuis vingt ans.
Ce duo s'est employé tout au long de l'année, non seulement à mettre sur pied une organisation très lourde, mais aussi à tenter de faire passer auprès des Cannois les mesures forcément contraignantes que la sécurité d'un si grand nombre de chefs d'État impose. Certains avaient conseillé à Lisnard d'appliquer les décisions sans expliquer les interdictions de circuler. Il n'en a rien fait et a tenu au contraire dix-sept réunions d'information générales et dix réunions de quartier, sans compter sept réunions thématiques, avec l'idée de ne pas mettre les Cannois