Le changement climatique frappe durement l’Europe, indique l’OMM
Bakou, 20 juin, AZERTAC
L’Europe a connu l’été le plus chaud jamais constaté. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la France, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, le Portugal, le Royaume-Uni et la Suisse, ont connu l’année la plus chaude jamais observée, selon le site officiel de l’Organisation météorologique mondiale (OMM).
Le changement climatique a de lourdes incidences sur les plans humain, économique et environnemental en Europe, le continent de la planète qui se réchauffe le plus vite. L’année 2022 a été marquée par des chaleurs extrêmes, des sécheresses et des feux de forêt. On a observé des températures de surface de la mer record en Europe, ainsi que des vagues de chaleur marine. La fonte des glaciers a été sans précédent.
Le Rapport 2022 sur l’état du climat en Europe est la deuxième édition d’une série publiée chaque année. Il a été élaboré par l’OMM et le service Copernicus concernant le changement climatique (C3S) de l’Union européenne (UE).
Il révèle que l’Europe se réchauffe deux fois plus que la moyenne mondiale depuis les années 1980, ce qui a des répercussions considérables sur le tissu socio-économique et les écosystèmes de la région. En 2022, la température européenne moyenne a été supérieure d’environ 2,3 °C à la moyenne préindustrielle (1850-1900), laquelle est utilisée comme référence dans le contexte de l’Accord de Paris sur les changements climatiques.
Toutefois, l’année dernière, signe d’espoir pour l’avenir, les énergies renouvelables ont, pour la première fois, produit davantage d’électricité que le gaz naturel, source d’énergie polluante. L’énergie éolienne et solaire a généré 22,3 % de l’électricité de l’UE en 2022, dépassant le gaz naturel (20 %).
«Pour la première fois, l’énergie éolienne et solaire a produit plus d’électricité que le gaz naturel. Il est essentiel d’accroître l’utilisation des énergies renouvelables et des sources d’énergie à faible émission de carbone pour réduire la dépendance à l’égard des combustibles fossiles», a déclaré le Secrétaire général de l’OMM, M. Petteri Taalas. «Les services climatologiques sont indispensables pour assurer la résilience des systèmes énergétiques face aux bouleversements climatiques, pour planifier les activités et pour étayer les mesures visant à améliorer l’efficacité énergétique», a-t-il poursuivi.
Ce rapport met l’accent sur le domaine de l’énergie et souligne les répercussions croissantes des conditions météorologiques plus extrêmes, notamment la chaleur intense, les fortes précipitations et les sécheresses, sur l’offre, la demande et les infrastructures du système énergétique européen.
Le rapport a été publié à l’occasion de la 6e Conférence européenne sur l’adaptation au changement climatique (ECCA), qui se tient à Dublin (Irlande). Il s’accompagne d’une carte interactive.
«Le stress thermique record que les Européens ont connu en 2022 a été l’un des principaux facteurs de la surmortalité liée aux conditions météorologiques en Europe. Malheureusement, il ne s’agit pas d’un cas unique ou d’une bizarrerie du climat. Nos connaissances actuelles du système climatique et de son évolution nous indiquent que ce type d’événements s’inscrit dans une tendance selon laquelle les épisodes extrêmes de stress thermique seront plus fréquents et plus intenses dans toute la région», a fait observer M. Carlo Buontempo, Directeur du C3S.
D’après les informations provenant de la base de données sur les situations d’urgence (EM-DAT), les aléas météorologiques, hydrologiques et climatiques survenus en Europe en 2022 ont causé 16 365 décès et touché directement 156 000 personnes.
Environ 67 % des épisodes étaient liés à des inondations et des tempêtes et ont représenté la majeure partie des dommages économiques s’élevant au total à environ 2 milliards de dollars É.-U. Les vagues de chaleur ont été beaucoup plus mortelles et auraient fait plus de 16 000 victimes.
«Pour de nombreux pays d’Europe de l’Ouest et du Sud-Ouest, 2022 a été l’année la plus chaude jamais observée, avec l’été le plus chaud jamais enregistré: les températures élevées ont exacerbé les sécheresses intenses et généralisées, alimenté de violents incendies de forêt responsables de la deuxième plus grande surface brûlée jamais enregistrée, et fait des milliers de victimes», a souligné M. Taalas.