UNICEF: Dans les pays les plus riches du monde, les inégalités économiques nuisent au bien-être des enfants
Bakou, 14 mai, AZERTAC
Dans les pays où les inégalités sont les plus fortes, les enfants ont un risque 1,7 fois plus élevé d’être en surpoids que ceux vivant dans les pays les plus égalitaires, indique le site officiel de l’UNICEF.
Selon une analyse publiée par le Bureau de l’UNICEF pour la stratégie et les données – Innocenti, les inégalités économiques dans les pays riches sont liées à une santé plus fragile et à de moins bons résultats scolaires chez les enfants.
Le Rapport n20: Inégalités de chances – Les enfants et les inégalités économiques examine le lien entre les inégalités économiques et le bien-être des enfants dans 44 pays de l’OCDE et à revenu élevé, et constate que, dans la plupart de ces pays, les taux d’inégalité de revenus et de pauvreté infantile restent particulièrement élevés. En moyenne, dans l’ensemble des pays, les ménages appartenant aux 20 % les plus riches gagnent plus de cinq fois plus que les 20 % les plus pauvres, tandis que, en moyenne, près d’un enfant sur cinq vit dans la pauvreté économique, ce qui signifie que ses besoins fondamentaux risquent de ne pas être satisfaits.
« Les inégalités ont un impact profond sur la manière dont les enfants apprennent, sur ce qu’ils mangent et sur leur perception de la vie », a déclaré Bo Viktor Nylund, directeur de l’UNICEF Innocenti. « Pour limiter les effets les plus néfastes des inégalités, nous devons de toute urgence investir davantage dans la santé, la nutrition et l’éducation des enfants des communautés les plus défavorisées. »
Selon le rapport, il existe un lien évident entre des niveaux élevés d’inégalités économiques et la santé des enfants. Les enfants qui grandissent dans les pays les plus inégalitaires ont 1,7 fois plus de risques d’être en surpoids que ceux des pays les plus égalitaires, ce qui peut s’expliquer par une alimentation de moins bonne qualité et des repas manqués.
S’appuyant sur des données des pays de l’Union européenne, le rapport souligne également que seuls 58 % des enfants issus de familles appartenant au quintile le plus pauvre de l’échelle des revenus sont en très bonne santé, comparé à 73 % parmi le quintile le plus riche.
Le rapport établit un lien entre les inégalités économiques et les résultats scolaires. Il souligne que dans les pays où les écarts de richesse sont plus importants, les résultats aux examens scolaires ont tendance à être globalement plus faibles. Dans les pays les plus inégalitaires, 65 % des enfants risquent de quitter l’école sans avoir acquis les compétences de base en lecture et en mathématiques, contre 40 % dans les pays les plus égalitaires.
Ces inégalités entre les pays se reproduisent à l’intérieur même des pays, avec des écarts importants dans les résultats scolaires des enfants issus des familles les plus riches et les plus pauvres au sein de chaque pays. En moyenne, 83 % des jeunes de 15 ans issus des familles appartenant au quintile supérieur de revenus possèdent des compétences de base en mathématiques et en lecture, contre 42 % dans le quintile inférieur.
Le rapport invite les gouvernements et les parties prenantes à prendre des mesures concrètes dans plusieurs domaines politiques afin de réduire au minimum l’impact des inégalités sur le bien-être des enfants, notamment en luttant contre la pauvreté infantile. Ces mesures pourraient consister à : Renforcer les systèmes de protection sociale, notamment les prestations familiales et les allocations pour enfants ainsi que le salaire minimum, afin de garantir qu’aucun enfant ne grandisse dans la pauvreté; Soutenir les communautés défavorisées par le biais de logements sociaux, d’améliorations des infrastructures dans les quartiers défavorisés et d’investissements dans des équipements publics tels que les espaces verts et les installations de loisirs; Lutter contre les inégalités scolaires en réduisant au minimum la ségrégation socio-économique dans les écoles ; en veillant à ce que les écoles disposent d’un personnel et d’équipements adéquats, quelle que soit la situation économique des élèves ; et en proposant aux enfants des repas scolaires sains et nutritifs; Dialoguer avec les enfants pour mieux comprendre leur point de vue sur la manière dont les inégalités les affectent, eux et leurs familles, afin de trouver des solutions qui favorisent leur bien-être.