Des victimes ayant été capturées ou prises en otage par les forces armées arméniennes et blessées témoignent devant le tribunal VIDEO
Bakou, 18 juillet, AZERTAC
Le procès des citoyens de la République d'Arménie, à savoir Araïk Haroutiounian, Arkadi Ghoukassian, Bako Sahakian, Davit Ichkhanian, David Babayan, Levon Mnatsakanian et d'autres, accusés de crimes contre la paix et l'humanité, de crimes de guerre, y compris la préparation et la réalisation d'une guerre d'agression, de génocide, de violations des lois et coutumes de la guerre, ainsi que d'actes de terrorisme, de financement du terrorisme, de prise et de maintien du pouvoir par la force, et de nombreux autres crimes, s’est poursuivi jeudi 17 juillet.
Lors de l’audience tenue au Tribunal militaire de Bakou dans le Complexe judiciaire de Bakou, présidée par le juge Zeynal Aghaïev et composée de Djamal Ramazanov et Anar Rzaïev (juge suppléante Gunel Samadova), des interprètes et des avocats de la défense ont été mis à la disposition des accusés.
Les personnes accusées et leurs avocats, une partie des victimes, leurs héritiers et représentants légaux, ainsi que des procureurs ont pris part à l’audience.
Le juge Zeynal Aghaïev a présenté les juges, les procureurs, les traducteurs ainsi que les autres participants aux victimes présentes pour la première au procès, en leur expliquant leurs droits et obligations légaux.
L’audience s’est poursuivie par l’examen des déclarations de personnes qui ont été faites prisonnières et prises en otage sur les territoires azerbaïdjanais auparavant occupés par les forces armées arméniennes, ainsi que celles de victimes de tirs de soldats arméniens ou ayant subi d'autres préjudices.
La victime Aladdin Akbarov a déclaré avoir été prise en otage par l’ennemi en 1990. Il a dit avoir dormi sur du béton pendant deux mois de sa captivité. En réponse aux questions du procureur, il a affirmé que ses dents avaient été brisées, sa tête blessée, et qu’il avait subi d’autres traumatismes au cours de sa détention. Son poids, qui constituait 87 kilogrammes, s’est réduit jusqu’à 45 kilogrammes durant sa captivité.
Idris Mammadov a déclaré avoir été capturé en février 1993 lors des combats. Il a été détenu sur les territoires souverains de l’Azerbaïdjan, alors occupés par les forces armées arméniennes, notamment dans une cave, à Khankendi et dans la prison de Choucha. En réponse aux questions de la procureure Terané Mammadova, il a affirmé avoir été soumis à la torture, battu à coups de matraques, de poings et de pieds, et n’avoir reçu que du pain et de l’eau en quantités minimales durant ses trois mois de captivité.
Maarif Rustemov a indiqué avoir été grièvement blessé pendant la guerre de 44 jours en 2020, dans la région de Mourovdagh, dans la direction de la région de Keldejder, le 27 septembre. En réponse au procureur Nessir Baïramov, il a précisé que deux autres personnes avaient été blessées et que quatre avaient perdu la vie lors de cet incident.
Ilham Asguérov a dit avoir été capturé avec huit autres soldats azerbaïdjanais en juillet 1993 dans la direction d’Aghdéré. Il a déclaré qu’un captif nommé Azer était mort à la suite de tortures et de passages à tabac. Asguérov a réussi à s’évader après cinq mois de captivité. En réponse à la question de l’assistant principal du Procureur général, Vussal Aliyev, il a affirmé avoir subi des coups et des tortures, entraînant des séquelles, notamment une fracture de la main et des cicatrices à la tête.
Bakhtiyar Djalilov a témoigné avoir été blessé par un tir de sniper des forces armées arméniennes le 2 octobre 2020 alors qu’il servait à Kelbedjer durant la Guerre patriotique de 44 jours.
Suleyman Sofouyev a déclaré avoir été blessé lors des hostilités d’avril 2016 alors qu’il servait comme soldat. En réponse au procureur Fouad Moussaïev, il a précisé que l’incident s’était produit alors qu’il faisait face à une attaque arménienne.
Söhrab Asguérov a dit avoir été blessé le 12 mai 2023 à Kelbedjer à la suite d’une provocation des forces armées arméniennes. En réponse à l’assistant du Procureur général pour les missions spéciales, Tougaï Rahimli, il a indiqué que le soldat Mahammad Garaïev était tombé en martyr et que plusieurs autres personnes avaient été blessées.
Teymour Khydyrov a été blessé le 3 novembre 2020, pendant la guerre de 44 jours, lorsqu’un obus tiré par les forces armées arméniennes a explosé alors qu’il se trouvait dans un véhicule. Les blessures ont entraîné de graves problèmes de santé, rendant son témoignage difficile.
Imran Imranli a déclaré avoir été blessé par balle lors d’une provocation menée dans la nuit du 27 au 28 juillet 2021 à Keldedjer par les éléments des forces armées arméniennes présents alors sur les territoires azerbaïdjanais et les groupes armés arméniens illégaux.
Renat Aliyev a indiqué qu’il avait été blessé par balle à Tovouz le 14 septembre 2020 à la suite d’une provocation arménienne, ce qui lui a causé de graves dommages à la santé et nécessité une hospitalisation de 35 jours.
Chakir Ismaïlzadé a été blessé le 3 novembre 2020 à Terter, pendant la guerre de 44 jours, en raison de l’explosion d’un obus de mortier tiré par les forces armées arméniennes.
Malid Guenberov a témoigné avoir été blessé le 8 novembre 2020 à Dachalty à la suite de l’explosion d’un obus de mortier durant la guerre de 44 jours.
Vussal Mahmoudov a déclaré avoir subi de multiples blessures et des brûlures par éclats d’obus le 27 septembre 2020, premier jour de la Guerre patriotique de 44 jours.
Etibar Mammadov a été capturé en 1993 dans la direction d’Aghdéré et détenu pendant sept mois dans la prison de Choucha. Il a témoigné que lui-même ainsi que d’autres captifs et otages azerbaïdjanais ont subi des actes de torture ayant entraîné des décès.
Chirin Baïramov a été capturé par les forces arméniennes le 12 janvier 1994 et détenu à Khankendi, notamment dans l’emplacement de l’ancen 366e régiment, pendant huit mois. Il a dit avoir enduré des passages à tabac réguliers et un traitement humiliant, déclarant : « Mon nez a été cassé à trois reprises et j’ai subi d’autres blessures. » Il s’est évadé avec d’autres captifs et otages azerbaïdjanais.
Aghagul Baïramov, frère de Chirin, a été capturé en même temps que lui, le 12 janvier 1994, et détenu pendant deux ans et cinq mois.
Firengul Karimova, déplacée de Khodjaly et témoin du génocide, a déclaré que quatre membres de sa famille avaient été tués lors du massacre : son père Firouz Karimov, son grand-père Samran Karimov, sa grand-mère Firengul Karimova et son oncle Soltan Karimov. Elle a dit avoir retrouvé leurs corps le 20 mars, précisant que son père avait été torturé, la peau de son front arrachée, et que la jambe de sa grand-mère était manquante à partir de la cuisse.
Sadig Khoudaïarov a relaté le génocide de Khodjaly dans la nuit du 25 au 26 février 1992, alors qu’il se trouvait chez son grand-père. Contraints de fuir, ils ont croisé les forces ennemies le 27 février. Un homme nommé Mehdi a été tué et son oncle blessé. Sa mère est devenue invalide de deuxième catégorie à la suite de blessures causées par des coups de crosse, tandis que son père a eu les côtes cassées sous la torture.
Ferzani Nedjefzadé a été blessé en août 2022 à Hadrout à la suite de l’explosion d’une mine posée par l’ennemi.
Zamin Hetemli a été blessé le 7 décembre 2023 dans le village de Kurdler de la région de Fuzouli, libéré de l’occupation, à la suite de l’explosion d’une mine posée par les forces armées arméniennes alors qu’il labourait la terre avec un tracteur. L’explosion a également détruit le véhicule.
Rassoul Djafarov a été capturé par les forces arméniennes le 4 janvier 1993 en compagnie du soldat Afig Gassimov. Détenu à Aghdéra, à Qirmizi Bazar et à Choucha, il a subi des actes de torture, notamment de l’eau bouillante versée sur lui et des coupures de couteau. Il a déclaré : « Il ne reste aucune partie saine sur mon corps. » Alors qu’il était détenu dans une ferme à Qirmizi Bazar, un Arménien nommé Artour a brisé la mâchoire du prisonnier azerbaïdjanais Habil Baïramov, qui est décédé une semaine plus tard des suites de ses blessures et de l’impossibilité de s’alimenter. Les captifs et otages azerbaïdjanais ont été contraints d’enterrer le corps de Baïramov près de la ferme sur ordre des Arméniens. Djafarov a été libéré le 24 août.
Naïl Naghizadé a été blessé le 2 avril 2016 à Terter par un tir de sniper des forces armées arméniennes. En répondant à l’accusé Levon Mnatsakanyan, il a confirmé que l’incident s’était produit alors qu’il faisait face à une attaque arménienne.
Djahid Ismaïlov a été blessé le 2 octobre 2020 à Göygöl, à un poste de combat, à la suite de l’explosion d’un obus de mortier tiré par l’ennemi pendant la guerre de 44 jours.
Sabouhi Ibrahimov et Sekhavet Rachidov ont témoigné avoir été blessés à la suite de provocations menées par les forces armées arméniennes.
Tarzan Musayev a rapporté avoir subi un traumatisme crânien fermé à la suite de l’explosion d’un obus de mortier le 10 octobre 2020, pendant la guerre de 44 jours.
Babek Mammadli a été blessé lors des hostilités d’avril 2016 dans le poste de Chichtépé en direction de village de Talych. Il a indiqué que son frère jumeau, Djavidan Mammadli, avait été tué pendant la guerre de 44 jours et que son corps avait été restitué 127 jours plus tard.
Yasin Mehraliyev a été blessé par l’explosion d’une mine posée par l’ennemi alors qu’il travaillait pour une entreprise dans le village libéré de Sığnaq, dans le district de Khodjaly.
Chamil Mammadov a été blessé le 14 juillet 2022 dans le village de Dagh Toumas de la région de Djabraïl, alors qu’il transportait du blé pour la société « Azersun », à la suite de l’explosion de deux mines antichars posées par l’ennemi, ce qui a entraîné l’amputation de sa jambe gauche.
Vaguif Hassanov a vécu dans le village de Khanabad de la région de Khodjaly, jusqu’en 1988, date à laquelle lui et ses quatre jeunes enfants ont été menacés par des Arméniens et contraints de fuir. Il a dit s’être installé à Aghdam, déclarant que ses deux maisons avaient été pillées.
Les victimes ont également répondu aux questions des accusés, de leurs avocats et de leurs propres représentants.
Le procès se poursuivra le 18 juillet.
Il convient de noter que 15 personnes d'origine arménienne sont accusées dans le cadre d'une affaire pénale portant sur de nombreux crimes commis au cours de la guerre d'agression menée par l'État arménien et de l’organisation criminelle susmentionnée. Cette guerre a été menée sous la direction et avec la participation directe des organismes étatiques arméniens, de leurs responsables, de leurs forces militaires et d’unités armées illégales. Elle s'est déroulée sous la gestion centralisée et le contrôle strict de l'Arménie, avec des ordres, directives et instructions donnés à la fois verbalement et par écrit, ainsi qu'un soutien matériel, technique et en personnel fourni par l'État arménien. L'affaire concerne également la création d’entités illégales sur le territoire de l'Azerbaïdjan dans le but d'agresser militairement le pays, en violation des normes du droit interne et international. Parmi les figures impliquées directement ou indirectement dans ces actes figurent Robert Kotcharian, Serge Sarkissian, Vazgen Manoukian, Vazgen Sarkissian, Samvel Babayan, Vitali Balassanian, Zori Balayan, Seyran Ohanyan, Archavir Karamian, Monte Melkonian et d'autres encore.
Il est à noter que 15 personnes, dont Araïk Haroutiounian, Arkadi Ghoukassian, Bako Sahakian, Davit Ichkhanian, David Manoukian, David Babayan, Levon Mnatsakanian, Vassili Beglaryan, Erik Ghazaryan, Davit Allahverdian, Gourgen Stepanian, Levon Balayan, Madat Babayan, Garik Martirossian et Melikset Pachayan, sont inculpées en vertu des articles 100 (planification, préparation, déclenchement et conduite d'une guerre d'agression), 102 (attaque contre des personnes ou des organisations bénéficiant d'une protection internationale), 103 (génocide), 105 (extermination de la population), 106 (réduction en esclavage), 107 (déportation ou déplacement forcé de la population), 109 (persécution), 110 (disparition forcée de personnes), 112 (privation de liberté contraire au droit international), 113 (torture), 114 (mercenariat), 115 (violation des lois et coutumes de la guerre), 116 (violation du droit international humanitaire en temps de conflit armé), 118 (pillage militaire), 120 (meurtre intentionnel), 192 (entrepreneuriat illégal), 214 (terrorisme), 214-1 (financement du terrorisme), 218 (création d'une association (organisation) criminelle), 228 (acquisition, transfert, vente, stockage, transport et possession illégaux d'armes, de leurs composants, de munitions, d'explosifs et de dispositifs), 270-1 (actes menaçant la sécurité de l'aviation), 277 (assassinat d'un fonctionnaire d'État ou d'une personnalité publique), 278 (prise et maintien du pouvoir par la force, changement forcé de la structure constitutionnelle de l'État), 279 (création d’unités et groupes armés non prévus par la loi) ainsi que d'autres articles du Code pénal de la République d'Azerbaïdjan.