Des documents relatifs au recours par l’Arménie à des mercenaires dans les opérations militaires contre l’Azerbaïdjan ont été présentés au tribunal VIDEO
Bakou, 10 octobre, AZERTAC
Le procès des citoyens de la République d’Arménie, à savoir Araïk Haroutiounian, Arkadi Ghoukassian, Bako Sahakian, Davit Ichkhanian, David Babayan, Levon Mnatsakanian et d'autres, accusés de crimes contre la paix et l'humanité, de crimes de guerre, y compris la préparation et la réalisation d'une guerre d'agression, de génocide, de violations des lois et coutumes de la guerre, ainsi que d'actes de terrorisme, de financement du terrorisme, de prise et de maintien du pouvoir par la force, et de nombreux autres crimes, s’est poursuivi jeudi 9 octobre.
Lors de l’audience tenue au Tribunal militaire de Bakou dans le Complexe judiciaire de Bakou, présidée par le juge Zeynal Aghaïev et composée de Djamal Ramazanov et Anar Rzaïev (juge suppléante Gunel Samadova), des interprètes et des avocats de la défense ont été mis à la disposition des accusés.
Les personnes accusées et leurs avocats, une partie des victimes, leurs héritiers et représentants légaux, ainsi que des procureurs ont pris part à l’audience.
Le tribunal a rendu publics les documents relatifs aux mercenaires impliqués dans les opérations militaires.
En particulier, des documents reçus de divers organismes publics d’Azerbaïdjan ont été présentés, et des photographies pertinentes ont été exposées.
Selon un document daté du 24 octobre 2020, pendant la guerre patriotique de 44 jours, l’Arménie a déployé d’importants efforts pour recruter des ressortissants étrangers au sein de ses forces armées opérant dans les territoires souverains de l’Azerbaïdjan alors occupés, afin de compenser les pertes subies au cours des combats.
Plus précisément, le gouvernement arménien et les organisations de la diaspora arménienne dans des pays tiers ont lancé des appels urgents aux membres de la communauté arménienne afin de les inciter à rejoindre les combats dans les territoires azerbaïdjanais alors occupés.
De plus, des campagnes spéciales de vente de billets ont été organisées dans des pays étrangers, et des points de rassemblement ont été désignés. En conséquence, des combattants étrangers venus de France, des États-Unis, de Syrie, de Russie et d’autres pays ont pris part aux opérations militaires menées sur les territoires souverains de l’Azerbaïdjan alors occupés par l’Arménie. Les opérations militaires ont également impliqué le centre d’entraînement militaire VoMA (situé à Erevan), l’organisation terroriste ASALA ainsi que d’autres groupes terroristes.
Selon un autre document, l’organisation VoMA a été fondée par Vladimir Vartanov, un proche ami de l’ancien président arménien Serge Sarkissian et de ses associés, ainsi que d’Alek Yenikomchian, l’un des membres actifs de l’organisation terroriste ASALA.
Les entraînements militaires de cette organisation se sont tenus, durant la période hivernale, dans les régions arméniennes de Djermouk et de Dilidjan, et pendant la période estivale, dans les zones montagneuses du village de Kechdek, situé dans la région de Kelbedjer (alors occupé par l’Arménie), ainsi que dans le village arménien de Bjni.
Les entraînements militaires ont été dirigés par les citoyens arméniens Vardan Enoghian, Samvel Galstyan, Bagrat Beglarian, Artak Bagratian, Levon Gevorghian, Badal Safarian, Gor Melkonian, Garegin Baghdian et Spartak Hovannessian. Le chef du groupe était Gevorg Grigorian, Edgar Archakian était responsable du logement des membres de l’organisation, Goch Galstyan était chargé des questions d’alimentation, et l’instructeur principal était Vaginak Vartanov, fils de Vladimir Vartanov.
La coordination de VoMA avec les Arméniens résidant en Fédération de Russie a été assurée par Gayane Artourovna Tananyan, citoyenne russe et membre d’honneur de la représentation en Russie de l’organisation Yerkrapah. Les ressources financières nécessaires au fonctionnement de VoMA provenaient principalement de dons envoyés depuis la Fédération de Russie, mais aussi des États-Unis, de la France, de l’Autriche et du Liban, ainsi que des contributions d’hommes d’affaires en Arménie et des cotisations des participants.
Un autre document précise que le dirigeant de l’organisation VoMA, Vladimir Vartanov, est né en 1965 dans la ville d’Erevan. En 1992, il a été conseiller de l’ancien ministre arménien de la Défense Vazgen Sarkissian et il soutient l’idéologie du nazi Garegin Nzhdeh sur « la nécessité de l’autodéfense ».
Il est indiqué que, depuis le 27 septembre 2020, lors des combats dans la direction de Sougovouchan, des citoyens du Liban, de la France et des États-Unis ont activement pris part aux opérations du côté des forces armées arméniennes.
Les groupes de « volontaires » venus de l’étranger étaient dirigés par un citoyen libanais connu sous le pseudonyme de Baron Norik. Parmi eux figuraient également un citoyen libanais nommé Hakob et un citoyen américain portant le même prénom.
Selon le document présenté, le citoyen français Gilbert Minassian, lié à l’organisation terroriste ASALA, a déclaré avoir envoyé quinze citoyens français d’origine arménienne combattre dans les territoires souverains de l’Azerbaïdjan alors occupés. Des ressortissants étrangers tels qu’Artur Hovanissian (France), Stefan Kechichian (Syrie), Gevorg Khatchian (Liban), Armen Kniazian (Espagne), Arouchan Badassian (États-Unis) et d’autres ont participé, en tant que volontaires, aux combats contre l’Azerbaïdjan.
Selon le même document, Armen Kniazian entretenait des relations amicales avec Araïk Haroutiounian et avait déjà pris part aux hostilités d’avril 2016.
Il est précisé également qu’Armen Artavadzi Kniazian est né en 1974. Il s’est rendu en République fédérale d’Allemagne pour y travailler, puis, avec sa famille, en Espagne, dont il a obtenu la nationalité. Il était propriétaire de trois restaurants nommés « El Italiano Giorgio » à Lloret de Mar (Gérone). En 2020, au début de la Guerre patriotique, il est venu, avec ses cousins Sarkis et Norik, dans les territoires azerbaïdjanais alors occupés, et a participé aux opérations militaires au sein des forces armées arméniennes. Après sa mort, il a été déclaré « héros » par le soi-disant régime.
Il est précisé qu’Artur Hovanissian, venu de Marseille (France), a participé en 2020, dans la Guerre patriotique, aux opérations militaires menées par les forces armées arméniennes dans les régions de Hadrout et de Djabraïl en Azerbaïdjan.
Selon un autre document, outre les forces armées arméniennes, des mercenaires venus de divers États (Syrie, Fédération de Russie, Espagne, Canada, France, Grèce, Liban, pays du Moyen Orient et d’Amérique latine) ainsi que des combattants appartenant à différentes organisations terroristes ont également pris part aux opérations sur les territoires azerbaïdjanais alors occupés.
Auparavant, ces mercenaires étaient, pour l’essentiel, invités par des militaires arméniens à suivre des formations portant sur le renseignement, le sabotage, les actions terroristes et le dynamitage d’installations, par la suite, ils ont été engagés directement dans les combats.
Ensuite, le tribunal a présenté des documents relatifs aux faits suivants : le bombardement, en juillet 2020, des localités situées dans les régions de Tovouz et de Gazakh ; le meurtre de cinq personnes le 27 août 1992 dans le village de Gulustan de la région de Goranboy, à bord d’un véhicule de marque GAZ-53; la fusillade du 19 septembre de la même année visant des habitants azerbaïdjanais du même village, ainsi que l’assassinat d’Aïnour Yagoubova, celui de Firdovsi Aslanov et de Kamran Aslanov le 26 juin 1993, et d’autres personnes.
Le procès se poursuivra le 10 octobre.
Il convient de noter que 15 personnes d'origine arménienne sont accusées dans le cadre d'une affaire pénale portant sur de nombreux crimes commis au cours de la guerre d'agression menée par l'État arménien et de l’organisation criminelle susmentionnée. Cette guerre a été menée sous la direction et avec la participation directe des organismes étatiques arméniens, de leurs responsables, de leurs forces militaires et d’unités armées illégales. Elle s'est déroulée sous la gestion centralisée et le contrôle strict de l'Arménie, avec des ordres, directives et instructions donnés à la fois verbalement et par écrit, ainsi qu'un soutien matériel, technique et en personnel fourni par l'État arménien. L'affaire concerne également la création d’entités illégales sur le territoire de l'Azerbaïdjan dans le but d'agresser militairement le pays, en violation des normes du droit interne et international. Parmi les figures impliquées directement ou indirectement dans ces actes figurent Robert Kotcharian, Serge Sarkissian, Vazgen Manoukian, Vazgen Sarkissian, Samvel Babayan, Vitali Balassanian, Zori Balayan, Seyran Ohanyan, Archavir Karamian, Monte Melkonian et d'autres encore.
Il est à noter que 15 personnes, dont Araïk Haroutiounian, Arkadi Ghoukassian, Bako Sahakian, Davit Ichkhanian, David Manoukian, David Babayan, Levon Mnatsakanian, Vassili Beglaryan, Erik Ghazaryan, Davit Allahverdian, Gourgen Stepanian, Levon Balayan, Madat Babayan, Garik Martirossian et Melikset Pachayan, sont inculpées en vertu des articles 100 (planification, préparation, déclenchement et conduite d'une guerre d'agression), 102 (attaque contre des personnes ou des organisations bénéficiant d'une protection internationale), 103 (génocide), 105 (extermination de la population), 106 (réduction en esclavage), 107 (déportation ou déplacement forcé de la population), 109 (persécution), 110 (disparition forcée de personnes), 112 (privation de liberté contraire au droit international), 113 (torture), 114 (mercenariat), 115 (violation des lois et coutumes de la guerre), 116 (violation du droit international humanitaire en temps de conflit armé), 118 (pillage militaire), 120 (meurtre intentionnel), 192 (entrepreneuriat illégal), 214 (terrorisme), 214-1 (financement du terrorisme), 218 (création d'une association (organisation) criminelle), 228 (acquisition, transfert, vente, stockage, transport et possession illégaux d'armes, de leurs composants, de munitions, d'explosifs et de dispositifs), 270-1 (actes menaçant la sécurité de l'aviation), 277 (assassinat d'un fonctionnaire d'État ou d'une personnalité publique), 278 (prise et maintien du pouvoir par la force, changement forcé de la structure constitutionnelle de l'État), 279 (création d’unités et groupes armés non prévus par la loi) ainsi que d'autres articles du Code pénal de la République d'Azerbaïdjan.