Le président Ilham Aliyev accorde une interview à la chaîne de télévision Euronews VIDEO
Davos, 20 janvier, AZERTAC
Le président de la République d’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, a accordé, le 20 janvier à Davos, une interview à la chaîne de télévision Euronews.
L’AZERTAC présente l’interview.
La journaliste : Bonjour et bienvenue à Eurasia Talks depuis Davos. J’ai le plaisir d’être aujourd’hui en compagnie du président azerbaïdjanais, M. Ilham Aliyev. Merci beaucoup d’avoir accepté notre invitation. C’est un plaisir de vous voir. Alors que vous rejoignez ici à Davos les dirigeants mondiaux, nous assistons à ce moment à une réévaluation fondamentale du système international existant. Vous avez déjà alerté sur ce changement. Comment votre pays s’engage-t-il dans ce nouvel ordre mondial, et quel message adressez-vous aux dirigeants du monde ?
Le président Ilham Aliyev : Eh bien, comme vous l’avez mentionné, nous avons été confrontés à une situation où les normes du droit international n’étaient pas obligatoires pour tous les acteurs de la communauté internationale. Par conséquent, notre objectif stratégique a été d’obtenir des résultats fondés sur notre intérêt national et, tout en respectant le droit international, de faire ce que nous jugions juste. Tout ce que nous avons entrepris, que ce soit en matière de développement politique ou de restauration de notre souveraineté et de notre intégrité territoriale, s’est fait dans le respect du droit international et des valeurs communes. Aujourd’hui, comme vous l’avez souligné, les relations internationales entrent dans une nouvelle ère, où ce n’est pas l’État de droit, mais la loi de la force qui prévaut. Nous pouvons observer cela dans les différentes régions du monde. Cela montre donc une fois de plus que chaque pays doit fonder sa stratégie et sa politique sur son propre potentiel, établir de bonnes relations avec le plus grand nombre possible de pays, d’abord dans sa région, puis à l’échelle mondiale. C’est ce qu’a réussi à accomplir l’Azerbaïdjan.
- Je tiens à vous féliciter. J’ai appris hier que vous allez recevoir le Prix Zayed pour la Fraternité humaine en reconnaissance de tous vos efforts. Cela m’amène naturellement à ma prochaine question. Dans le contexte de l’accord historique de paix avec l’Arménie, le Caucase du Sud évolue rapidement sur la scène mondiale, après des décennies d’intérêts concurrents, d’influences et d’alliances mouvantes. Comment évaluez-vous l’équilibre actuel entre risques et opportunités dans la région ?
- Tout d’abord, merci pour vos félicitations. C’est un grand honneur pour moi de recevoir ce prix prestigieux, d’autant plus qu’il porte le nom du défunt cheikh Zayed, fondateur des Émirats arabes unis. Je considère que cela constitue une reconnaissance de nos efforts pour établir la paix dans le Caucase après plus de trente ans d’effusion de sang, de conflits et de guerres. Aujourd’hui, le Caucase du Sud entre également dans une nouvelle phase de développement. Nous vivons en paix depuis seulement cinq ou six mois, nous apprenons à le faire. Nous n’avons jamais vécu en paix tout au long de notre histoire indépendante. C’est un sentiment particulier. Et, bien sûr, c’est une grande opportunité. Aujourd’hui, la relation entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan évolue déjà vers la coopération. Nous avons levé toutes les restrictions sur le transport de marchandises vers l’Arménie. De plus, nous avons commencé à fournir à l’Arménie des produits essentiels, principalement des produits pétroliers dont le pays dépend largement. C’est une situation gagnant-gagnant. Ainsi, je pense qu’à travers les efforts conjoints de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, y compris de la société civile, nous parviendrons non seulement à une paix durable, mais à une paix éternelle dans le Caucase. Tel est notre objectif.
- Nous l’espérons, oui. Avec l’Iran comme voisin, je souhaite également évoquer la manière dont l’Azerbaïdjan s’engage face à la crise en cours dans ce pays. Quelle est votre évaluation de son impact sur la stabilité à travers l’Eurasie, y compris sur les marchés de l’énergie ?
- Chaque pays, l’Azerbaïdjan y compris, doit réfléchir à la stabilité autour et au delà de ses frontières. En ce qui concerne l’Azerbaïdjan, nous n’avons aucun risque potentiel à l’intérieur du pays, tous les risques peuvent provenir de l’extérieur. Pour nous, la stabilité dans notre voisinage est donc une préoccupation constante. Nous suivons avec inquiétude certaine instabilité en Iran. Pour nous, la stabilité, la prévisibilité et la paix dans la région sont des atouts majeurs. Nous avons souffert de l’occupation, de la guerre et de la perte de milliers de vies. Aujourd’hui, la stabilité et la sécurité pour chaque pays sont les seules voies vers la réussite.
Concernant le marché de l’énergie, comme vous le constatez, le prix du pétrole est stable et se situe à un niveau approprié, du moins pour l’Azerbaïdjan. Cela montre que la situation en Iran, au Venezuela et dans d’autres régions du monde n’influence pas de manière significative le prix du pétrole. C’est un signe positif, car producteurs et consommateurs ont besoin de prévisibilité pour planifier leur avenir. J’espère donc que la situation dans le Caucase du Sud et ses environs ne se détériorera pas. C’est ce que nous souhaitons véritablement voir. J’espère que chaque pays contribuera à la stabilité et à la sécurité régionales.
- Selon vous, quelle position occupe le Caucase du Sud en tant que force émergente dans le secteur de l’énergie et dans sa progression vers l’Union européenne ?
- En ce qui concerne le secteur de l’énergie, l’Azerbaïdjan est le seul pays du Caucase du Sud à disposer de ressources énergétiques et à les exporter vers les autres pays de la région. Les autres pays du Caucase du Sud importent leurs ressources énergétiques d’Azerbaïdjan – la Géorgie depuis de nombreuses années, et désormais l’Arménie. En ce qui concerne l’Europe et l’Union européenne, notre coopération énergétique se renforce. Nous fournissons déjà du gaz naturel à seize pays, dont dix sont membres de l’Union européenne. En termes de couverture géographique par des gazoducs, l’Azerbaïdjan occupe la première place mondiale.
Nous disposons de ressources, d’un système de transport développé et d’infrastructures modernes de pipelines. Nous entretenons de bonnes relations avec de nombreux pays européens, ce qui leur permet de renforcer leur sécurité énergétique. Pour nous, il s’agit d’une opportunité de commercialiser nos ressources sur un marché premium. Bien que nous ne vendions pas notre gaz uniquement à l’Europe — nous avons récemment commencé à en exporter également vers la Syrie —, le marché européen demeure le meilleur en termes de prix.
- Comment ressentez vous et comment réagissez vous à ces critiques constantes à l’encontre de l’Azerbaïdjan émanant du Parlement européen ?
- Eh bien, nous n’y réagissons plus.
- Une réponse très diplomatique.
- Oui. Nous avons cessé de réagir. Nous réagissions par le passé, mais il est bien sûr évident que cette situation partiale à l’égard de l’Azerbaïdjan est orchestrée par des groupes de lobbying particuliers, par des forces spécifiques qui ne peuvent accepter la politique indépendante de l’Azerbaïdjan.
Ainsi, depuis de nombreuses années, nous avons en fait cessé toute coopération avec le Parlement européen et également avec l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Nous coopérons avec la Commission européenne, ce qui nous suffit amplement.
Cependant, je pense que le Parlement européen se place dans une situation très délicate en nous accusant de faits que nous n’avons jamais commis, y compris de prétendues positions agressives à l’égard de l’Arménie, alors même que l’Arménie apprécie elle-même ses relations avec l’Azerbaïdjan.
En août dernier, l’accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan a été paraphé à la Maison Blanche. J’espère donc que les membres du Parlement européen trouveront le courage de réexaminer leur politique injuste à l’égard de l’Azerbaïdjan.
- Monsieur le Président, c’est toujours un plaisir de vous parler. Merci d’avoir accepté de nous rejoindre ce matin sur Euronews.
- Merci pour votre invitation.
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Ensuite, le président de la République a participé à un événement intitulé « Petit-déjeuner avec la direction de l’Azerbaïdjan », au cours duquel il a répondu aux questions des hommes d’affaires représentant différents pays.